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 Become the beast, we don't have to hide « Angie

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MessageSujet: Become the beast, we don't have to hide « Angie   Sam 27 Aoû - 0:13



Angela « Selyf » Affelan
ft. et ta soeur ? #j'aioublié,pardon

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AGE — Entre vingt et trente. Ça vous aide ? Moi aussi. Plus sérieusement, je ne suis pas sûre. Certains me donnent vingt-sept, d'autres tout juste trente. Au fond qui s'en soucie encore ? L'important est vivre chaque seconde comme si c'était la dernière. Mais si vous souhaitez réellement la réponse, je dirais, comme ça, à vu de nez, vingt-six.
SEXEFeminin, aux dernières nouvelles. Pas sûr que cela change, mais qui sait. Un jour peut-être.
ORIENTATION — Je ne me suis jamais posée la question. Dans le doute, pansexuelle, mais entre nous, j'ai surtout une forte attirance envers les pommes. Et l'arsenic. Et les cons, mais c’est là une relation unilatérale – je les fuis comme la peste et ils aiment me poursuivre.
CLASSE — Si dans mon enfance je me pensais simple Invocatrice – don empoisonné qui m’a valut bien des déboires – j’ai part la suite découvert que j’étais bien plus que cela. Ayant la capacité étrange de comprendre et utiliser le potentiel magique dans son ensemble, Mage est aujourd’hui le nom que l’on donne aux êtres de mon acabit. Si cela devait impliquer le fait d’être une touche à tout, c’est encore de nos jours loin d’être le cas dans la réalité des faits. Je n’étudie, en effet, que quatre domaines (liés à mes métiers) que je m’efforce encore de maîtriser au mieux grâce à une pratique constante et un entrainement acharné journalier. Bien qu’ayant découvert les invocations en premier malgré moi – pouvoir que j’évite d’utiliser un maximum par ailleurs –, j’ai préféré devenir une guérisseuse ainsi qu’une biologiste (liée à l’élément terre) … triplé (pour finir de contrebalancer le terrible don qu’est de profaner l’esprit des morts), enfin, par l’art des Négociateurs.
METIER — Mes métiers sont liés à mes dons et inversement. Etant attachée à la nature bien plus que la majorité de mes semblables, je suis devenue par la force des choses une herboriste itinérante. Voyageant au gré de mes envies, du temps et des saisons tout en vendant mes préparations et quelques grigris colorés, je préfère une vie de solitude bien remplie lorsque je ne rejoins pas quelques convois caravaniers. Cependant, si je n’étais pas polyvalente ce ne serait pas drôle. De ce fait, je me trouve également être médecin à mes heures, lorsqu’il le faut. Je ne suis pas comme ces riches praticiens cependant – je reste avant tout une femme du peuple, de la terre et du vent : si je sais recoudre, mettre au monde des enfants et faire baisser une forte fièvre, cela peut devenir plus compliqué lorsqu’il s’agit de faire une opération et tripatouiller des tripes.
CAMPNomade. Et fière de l'être. Vous comprendrez aisément pourquoi par la suite.
GRADE — Qu’est-ce que c’est, ça se mange ?
ARME — Tout ce qui peut se lancer est, par définition, une arme entre mes mains, surtout lorsque l’on me fiche en rogne. Cuiller, rouleau à pâtisserie, poêle en fonte, chaise … Poignards. Car oui, je sais me défendre convenablement. J’en possède actuellement quatre, de tailles différentes. L’un est un héritage de ma famille biologique (malgré eux, et qui me sert par ailleurs de catalyseur), deux m’ont été offert par des itinérants et le dernier a été acheté le mois dernier. Ils font entre quinze et trente cinq centimètres, sont tous les quatre stylisés différemment et les lames, dont je prends le plus grand soin, coupent la chair comme si ils se plantaient dans du beurre mou. Ah. Si. Je sais également tirer à l’arc, mais je suis loin d’être une professionnelle. Enfin, dernière chose ... Etant herboriste, les poisons n'ont aucun secret pour moi. Tenez-le vous pour dit.



physique
Ne jamais juger un être selon son apparence. Vous pourrez vous retrouver surpris.

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Taille : 1m52. Je crois. Oui, il me faut monter sur un tabouret pour vous tirer les oreilles. Mais c'est pile la bonne taille pour vous épiler le bas ventre à froid avec de la cire d'abeille.
Poids : C'est une question que l'on ne devrait pas poser à une dame, sous peine de subir son courroux féroce. Honnêtement ? Je n'en sais rien et je m'en fiche. J'ai des formes là où il faut, c'est tout ce que vous avez besoin de savoir.
Yeux : On n'a jamais pu clairement me préciser la couleur. Noisette, ambrés, verts ... Il parait cependant qu'ils changent de teinte selon mon humeur et selon le temps. Mais qu'est-ce que ça peut bien vous faire, de savoir leur couleur ? Ils sont majoritairement planqués derrière mes lunettes de vue lorsque je travaille. Dans tous les cas ils ne sont ni bleus, ni gris et c'est toujours ça d'acquis.
Cheveux : Longs, roux, bouclés, parsemés de perles, plumes et rubans selon l'humeur du jour. En règle général, je me les attache pour ne pas qu'ils s'emmêlent, une une ou plusieurs tresses, dans un foulard large, simple chignon comme coiffure élégante et travaillée.
Signes distinctifs : Il en existe plusieurs, outre ma chevelure de feu torsadée. Je possède, en outre, plusieurs marques : trois tatouages et quelques cicatrices que je ne désire point effacer. Mon premier tatouage fut fait à l'âge de 8 ans. Marque d'infamie au sein de ma tribu, il me condamne aux yeux des autres à la pire des sentences : la mort par immolation - du moins pour ceux qui connaissent nos légendes. Car sorcière je suis à leurs yeux, brûlée vive je dois terminer, et c'est ainsi qu'à mon anniversaire le shaman me drogua pour m'imprimer le symbole dans la peau. Haut du dos marqué à l'indélébile par ces corbeaux annonciateurs de mort, aujourd'hui caché par ma longue chevelure, il ne représente plus tant la honte et la ruine, s'étant transformé en quelque chose de bien plus beau et plus fort : la source de tout pouvoir magique, vivre, rien que ça. Le second symbole se trouve être un cadeau de ma mère. Présent à l'intérieur de mes poignets, il symbolise une vie nouvelle, le recommencement. Enfin, le troisième et dernier tatouage est un puisant symbole de protection, offert en échange d'une vie il y a de cela trois ans. Il se trouve au dessus de mon sein droit, proche de mon coeur.

Concernant les marques en tant que telles, je possède une cicatrice au dessus de la hanche gauche, reste d'une lame de coutelas qui manqua de peu de m'emporter. Ma ligne de vie à mon poignet droit est aussi rallongée de cing centimètres, depuis que je me suis enfoncée un couteau dans la paume. Je possède encore quelques petits cicatrices au niveaux de mes jambes. L'on peut pour finir voir des marques de brûlures sur mes bras, dont une particulièrement affreuse que je cache. Située sur l'épaule, il s'agit d'un marquage au fer.

Je possède également des bijoux de tout temps - qui me servent de catalyseurs. La bague en onyx à mon majeur droit ne me quitte jamais, par exemple, tout comme mon pendentif en argent qui va de pair avec la chaîne pendue ma gorge (mes deux catalyseurs principaux). Il m'arrive de même de porter divers bracelets, colorés ou non, aux poignets et aux chevilles, voir d'autres bagues, ce qui a tendance à me faire passer pour une diseuse de bonne aventure - et cela sans compter sans mes boucles d'oreilles farfelues, créoles géantes comme autres plus variées. Je ne peux néanmoins point vous ne vouloir, vu mon accoutrement étrange : enchevêtrements de jupons colorés et de tissus plus ou moins fins qui va de pair avec le reste. Le reste de mes catalyseurs sont généralement des objets de petites tailles que je confectionne moi-même, lorsqu'il ne s'agit pas de pierres.



caractère
Are you kidding me ?

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Décrire mon caractère … Je vais vous en ficher moi, du « décrivez votre caractère » ! Et puis quoi encore ? Etes-vous bien sérieux ?! … Oui ? Mazeltov. J’aurais donc tout entendu. Et bien puisqu’il le faut … Dieux que j’exècre cela. Bien. Bon. Au boulot.

Vous conviendrez que la demoiselle que je suis là, est, bien que charmante d’entrée de jeu, un brin … Échaudée (et blasée. Bon. D’accord. Ajoutez cynique si vous le voulez). Je possède en effet une forte personnalité – pour ne pas dire qu’il n’est pas rare de m’entendre pester, râler, maudire contre vents et marées. Ce n’est pas forcément contre vous, sachez le, c’est juste que c’est ainsi que j’extériorise mon quotidien. Il faut bien avouer que j’ai l’art et la manière de tomber sur toute sorte d’abrutis notoires, lorsque le karma ne me lance pas les estropiés au visage – et ce, naturellement, avec la délicatesse d’un ours enragé. Cela en devient une habitude, et lorsque l’on mesure un petit mètre cinquante deux et que l’on vit seule, il faut bien savoir se faire respecter des types de deux mètres aussi larges et lourds (dans les deux sens du terme) qu’une armoire à double portes grinçantes. Du répondant, il m’en faut donc, surtout lorsque ces messieurs se permettent de geindre à tord et à travers parce qu’ils se sont cognés le petit orteil contre mon pied de table – alors que je les avais prévenus, mon mobilier est à mon image, c'est-à-dire qu’il est aussi désagréable voir acariâtre (pour ne pas dire sadique) que je peux l’être si l’on me tape un brin trop sur le système.
Du charisme, j’en ai donc à revendre – ou appelez ça comme vous voulez. Parait-il que j’en impose même – je me contente de hausser un sourcil lorsque l’on me dit ça, ou de rire quelque peu, éventuellement. Mais si je tiens le monde qui m’entoure en respect, ce n’est pas parce que je suis capable de lui rabattre le caquet en deux trois phrases bien senties. Ce n’est pas non plus parce que lorsque je suis agacée, je raille et vous envoie bouler de façon cynique. Non. Lorsque j’en impose véritablement, c’est lorsque je reste calme devant les effusions de globules rouges et blancs – par exemple. J’ai effectivement un sang froid à toute épreuve (admirez le jeu de mots), pour ne pas dire que je sais parfaitement gérer mes émotions lorsque je travaille, au point, pour tout dire, de faire peur. Ma rigueur est aussi grande que le contrôle que j’exerce sur moi-même alors, et dans ce cas là laissez faire la professionnelle. Lorsque je travaille, je suis aussi efficace qu’organisée et minutieuse (en gros, aussi casse bonbon que pointilleuse), et malheur à quiconque se mettra en travers de mon chemin / touchera à mes affaires / m’indiquera comment faire mon boulot. J’ai les pieds sur terre, sachez le ; je connais chaque risque que je prends, et si je vais jusqu’au bout, ma foi, c’est qu’il y a quelque chose à tenter. Rassurez-vous, je ne suis pas aventureuse pour autant, au contraire, je suis le genre à jouer la carte de la sécurité en toutes circonstances : responsable et sérieuse, j’ai simplement ma propre méthode et elle a jusqu’à présent toujours fort bien fonctionné. Est-ce là ma fierté et mon orgueil qui parlent ? Peut-être. Je suis, après tout, une personne solitaire qui s’assume pleinement pour tout et en toute chose, je ne suis ainsi ni influençable ni malléable. Cependant ce n’est pas pour autant que je ne suis pas ouverte d’esprit. Lorsque l’on a mon vécut et que l’on fait mon métier, il faut mieux l’être, croyez-moi sur parole – cela en prime d’être patiente, de les dieux savent à quelle point cette qualité est légendaire à mon propos.

Pour autant, chose étonnante, lorsqu’il ne s’agit pas de mon travail je me trouve aussi désorganisée que rêveuse. Car je suis le genre passionnée et tête en l’air habituellement – le genre à confondre sucre et arsenic par ailleurs. Lorsque je ne joue pas aux médecins et aux herboristes de passage, lorsque je ne porte pas ce masque de dureté, d’insensibilité et de détermination à toute épreuve, je révèle un caractère bien plus doux et introverti, bien que je préfère le cacher. Car l’on ne dirait pas mais sous ses couches de jupons aussi colorés que fantasques (à ma mesure en somme), se cache une femme aussi sensible que romantique – aussi hypersensible qu’anxieuse – et c’est là un réel handicap que j’ai bien du mal à gérer. Par exemple, je ne supporte pas les compliments, car ceux qui sont sincères me font toujours virer pivoine et bafouiller – de quoi me faire râler à votre propos pour au moins six heures. J’aime de plus faire plaisir aux gens que j’aime – et ils sont peu, ceux à qui j’accorde ma confiance et mon cœur. Vous me trouverez peut-être sélective et méfiante – en plus d’être rancunière – mais, comme le commun des mortels, j’ai moi-même eu mon lot de souffrances qu’il m’a fallut endurer avec peine et force. Si je déteste les gens superficiels et les menteurs, si j’exècre la curiosité mal placée que je renvoie avec bonheur, je reste une personne dévouée, protectrice et adorable lorsqu’il s’agit de mes amis. Généreuse et tendre, femme de grande moralité, je ne redeviens enfant sauvage inatteignable que lorsque je me sens menacée, montrant les crocs s’il le faut, il cela doit me sauver ou sauver mes proches – et dans ce cas je deviens plus redoutable encore que lorsque je suis armée de mes herbes médicinales. Le reste du temps, ma foi, je reste la personne calme et réfléchit que je suis en générale – je n’irais jamais jusqu’à dire que je suis sage, étant plutôt modeste à ce sujet – bien que réservée. Car si j’apaise naturellement les âmes tourmentée et si je suis aussi bonne conseillère que douée pour écouter autrui, c’est une autre paire de manches que de me faire parler. Ce ne sera pas contre vous, jamais, plutôt une habitude que je n’ai jamais ni eu, ni prise.
Pour terminer … Je dirais que je suis personne avec beaucoup d’humour – noir, cynique, porté sur l’autodérision comme plus naturel. Fantasque et étrange aux yeux de beaucoup, pour ne pas dire complètement cinglée, c’est surtout ma meilleure parade de défense comme d’attaque. Mais rire est vivre, après tout, alors rions donc, mes très chers, pour éloigner la mort encore quelques secondes. Car lorsqu’elle frappe, faites-moi confiance à ce sujet –, elle est à mon image : elle n’est pas du genre à louper son coup.




histoire
Celle là, je ne l'avais pas vu venir.

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Il est des histoires, contes et légendes oubliés d'un autre temps, qui parfois reviennent à la surface. Apportées par le chuchotis du vent du nord, balayées par l'eau de pluie, ces épopées s'ancrent dans la terre telles des graines, dans l'attente d'un rayon de soleil salvateur qui les ferait germer. Mon histoire, ma vie, fait partie de celles, nombreuses, qui ne laisseront pas éclore leurs fleurs ... Simplement car pour vivre libre, mieux vaut-il rester cacher.

Qui suis-je ? Vaste question. Simple réponse. Est-ce que cela vous importe réellement, au fond ? Je ne pense pas. Vous êtes simplement curieux, comme tous les autres. Mes cheveux roux aux mille et unes couleurs ont accroché votre regard, mes jupons colorés vous ont fait sourire. Vous vous êtes fais attraper par mon regard sauvage, par mon port étrange. Vous avez entendu les grelots de ma carriole tintinnabuler, vous vous êtes approchés pour voir ce que la diseuse de bonne aventure avait à vous offrir, outre ses pommades suspectes et ses grigris mystérieux. Au fond de vous, vous vous méfiez, bien que vous tentiez encore de percer le mystère de cette senteur de pomme cuite, de miel et de cèdre qui émane de mon logis. Si vous levez les yeux, vous verrez un corbeau noble et fier qui vous fixe, perché sur une poutrelle. Si vous les baissez, peut-être prendrez-vous conscience qu'un chat noir ronronne à vos pieds, avant de planter ses griffes dans vos mollets et partir en grande hâte. Mais c'est déjà trop tard. La roulotte s'en va, le charme n'opère plus. Et dans votre esprit troublé, un seul mot émane, avant de disparaître dans la nuit et la brume, emporté par le vent. Ouvrant ses bras à l'oubli.

Sorcière. Plus qu'un mot, une promesse. C'est ainsi qu'ils me nomment souvent. C'est ainsi que je suis traitée, depuis mon enfance. On parle de pilori et de bûcher, comme c'est étrange ! La magie court dans chaque brin d'herbe, mais l'homme ignorant continue de l'éviter.
Mage. C'est ce que je suis, dans la réalité des faits. Un mot simple, qui pourtant est difficile à expliquer. Ils sont rares, les illuminés dans mon genre. Ils sont rares. Adulés. Crains. Ils se cachent, se terrent, lorsqu'ils ne se montrent pas au grand jour, fiers de leurs capacités. Mais je ne suis pas prétentieuse. Je ne l'ai jamais été. Je préfère continuer de vagabonder, goûter l'eau précieuse des rivières, marcher pieds nus dans la vase, me perdre dans les forêts. Les racines sont dures à trouver. Les vers se tortillent, l'on se met de la boue partout, et il n'y a personne pour nettoyer les jupons crottés.
Libre. C'est ce que j'espère rester. Car telle est ma véritable nature, après tout. C'est là d'où je viens. Fille du vent et de la terre ... Fille d'une peuplade nomade dont les richesses ont été pillées, volées, dispersées.

Qui suis-je ? Qui suis-je ? Qui suis-je ? La lune m'a offert mon premier nom, avant que les hommes ne me le prennent, ne l'arrachent à ma vie. Qui suis-je ? Qui suis-je, chante la chouette effraie dans la nuit, reprenant en refrain ma chanson. Qui es-tu, enfant de la terre loin des tiens, esseulée, perdue ? Thiziri, belle dame. Thiziri, ai-je pour la première fois répondu.
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Du peu que je me souvienne, j’ai toujours aimé les histoires. Est-ce parce qu’elles font partie de ma culture, et ce depuis ma plus tendre enfance ? Est-ce parce, jadis, elles guidaient mon peuple dans l’obscurité du monde ? Elles nous permettaient de rêver. De nous évader. De nous révéler. De nous offrir. Je priais alors pour une vie meilleure, je priais pour vivre un peu plus longtemps. Je priais pour pouvoir raconter la mienne, un beau jour, aux étoiles qui luisaient, confiantes et souriantes. Comme mes tatouages encrés dans ma chair, leurs mots naviguent encore dans mon sang aujourd’hui, continuant de chuchoter, sans cesse, dans ma tête. Lorsque je ferme les yeux, parfois je les revois m’entourer, me happer comme le font ces images déformées par le temps. Je me rappelle le craquement du feu. Je me remémore les peaux, douces, qui couvraient nos épaules menues. L’odeur du gibier que nous chassions avec hardiesse, les chants qui accompagnaient les festins. Nous ne connaissions pas la guerre, outre les querelles qui animaient les clans ennemis. Nomades. C’est ce que nous étions. Il existe tant et tant de tribus, certaines méprisées, certaines damnées. Certaines oubliées et d’autres encore qui ne sont plus depuis longtemps. Les femmes les plus anciennes étaient les sages de mon clan et si mon père dirigeait notre troupe, c’était elles qui rendaient le verdict final. Je les admirais. Aujourd’hui, tout ce que je m’autoriserais à ressentir envers elles c’est cette peine, immense et douloureuse, qui m’a un jour écorché la peau pour me défigurer sur leur ordre.
Les histoires. Ma mère m’en racontait, autrefois, lorsque j’étais enfant. Elle parlait d’un homme loup qui était tombé amoureux de la Lune, et celle-ci, touchée par l’ode qu’il lui dédiait chaque nuit, avait quitté la Nuit pour prendre forme humaine, dans l’espoir d’écouter de plus près ses chants d’amour. Le regard bleu, la peau claire, elle était la plus séduisante des créatures, la plus mystérieuse et aussi la plus tendre. Se trouvant, ils s’étaient unis passionnément une nuit, au cœur de la forêt dense, cachés par les étoiles complices et des feuilles de chênes, juste avant que l’astre du jour ne vienne réchauffer leurs deux corps enlacés. Ainsi étaient nés les miens. Mais la lune n’avait jamais promis d’être fidèle, et son incarnation physique était à son image. Plus sauvage encore que son compagnon, lasse de la routine imposée par l’homme qu’elle avait pris pour époux et désireuse de retrouver un tant soit peu de liberté, elle avait fini par s’enfuir loin de la tanière, ne résistant plus à l’appel sournois du vent du nord. Elle ignorait alors que la Nuit avait elle-même pris forme humaine dans l’espoir de la retrouver et la ramener à la maison. Nuit avait pris pour figure le corps d’un homme d’une beauté ensorcelante et doué d’une magie plus sombre encore que l’on pouvait imaginer. C’est au cœur des montagnes enneigées qu’elle fit sa connaissance, alors que, perdue, elle tentait de retrouver son chemin. L’être charmeur l’intimidait autant qu’il lui paraissait familier, car il avait ce sourire torve et ce regard plein de promesses dont elle ne pouvait se défaire, doublé d’un parfum capiteux qui la rendait aussi molle que du coton. Et pendant que père loup pleurait sa femme disparue, la déesse enfantait de nouveau, dans la douleur et la solitude d’une grotte froide, prisonnière malgré elle, son corps mortel rendant l’âme au bout de quelques jours alors que son âme repartait vers le ciel. Ainsi naquit le peuple des corbeaux, doués dans la nécromancie, ennemis des miens et considérés comme la pire engeance que le monde ait eu à offrir.
Les histoires. Elles jalonnent la vie des hommes, les font grandir. Les légendes, parfois inventées, sont également parfois véridiques. Dans tous les cas et quelques soient leur fondements, elles restent des leçons qui guident les êtres vers leur destin. Le mien s’est présenté à moi lorsque j’avais sept années pleines, me frappant au visage avec force et brutalité.

Mon père était le chef de la tribu et était capable de se changer en loup. Ma mère, quant à elle, était une shaman et guérisseuse, héritière des traditions ancestrales. La magie coulait donc dans mes veines et j’étais supposée un jour venir à seconder ma mère. Je devais montrer l’exemple, guider mon peuple vers la lumière, chasser avec lui la noirceur de la nuit, offrir mon amour à la Lune, notre déesse. J’avais déjà quelques aptitudes. Mon apprentissage commençait juste et j’avais réussis avec brio la première épreuve des sept qui devaient jalonner mon existence - la huitième et dernière m’aurait déclarée femme aux yeux des miens. Cette année là, l’hiver avait été plus rude que les précédents et nous avions perdu l’un des nôtres lors d’une chasse particulièrement ardue. C’était un jeune homme de treize ans, qui participait pour la première fois à la traque avec les adultes. Alwin était son prénom. Nous avions enterré son corps selon nos usages. Nous avions prié, gémit, chanté. Nous avions déploré sa perte, le corps couvert de peinture, tandis que ma mère brûlait de l’encens en psalmodiant un poème d’amour pour que son essence puisse rejoindre notre Déesse. Cependant, si son corps n’était plus au lever du jour, j’avais remarqué qu’au dessus de son tertre, une lueur s’élevait. Un chuchotis m’appelait la nuit, une présence entourait mon corps frêle, jusqu’à ce que son visage m’apparaisse. J’entendais sa voix, je voyais sa forme, je lui parlais. Aurais-je su, l’aurais-je fais ? Je ne comprenais pas et m’ouvrant à ma mère de cette singularité avec la naïveté de mon âge, je ne m’attendais pas à ce que le silence vienne accueillir ma révélation. Elle me fit promettre dans le sang de ne jamais rien révéler et je fus condamnée à taire cette information, priée d’ignorer l’âme en peine. Elle me fit ingurgiter un breuvage odieux, dans l’espoir que cela cesse. Elle me fit jeuner, enveloppa mon corps d’onguents qui me firent avoir de la fièvre et délirer trois jours durant. Elle implora la Déesse, apeurée, larmoyante ... Mais rien n’y fit. Je le voyais toujours, lorsqu’il désirait se montrer. Je finis toutefois par dire à ma mère qu’il était parti et que j’étais guérie, pour qu’elle me relâche et me fiche la paix. Mais elle fut bien plus protectrice et méfiante à mon encontre par la suite. Une autre année passa, dans l’inconfort. La peur d’être découverte avait gagné mon cœur, le fait d’être différente, monstrueuse à l’égard des miens m’était insupportable. Je me mis de moi-même à l’écart, mais au lieu de me réconforter, cette situation étrange encouragea les autres à me traiter comme une étrangère. Je n’étais plus réellement un être comme eux. Je devenais sauvage, solitaire, tandis que mon pouvoir se renforçait. Bien entendu, l’accident fini par se produire. Lorsque je savais être seule, j’appelais Alwin, avec lequel j’avais appris à aimer discuter. Cependant, cette fois là, un autre enfant, plus âgé, m’épiait. Il m’avait suivit, pour je ne sais quelle raison, et avait assisté à mon échange. Apeuré, il était reparti en courant pour avertir la tribu à grands cris. Ce qui s’en suivit … Ce qui s’en suivit, j’ai préféré le sceller au fond de moi-même. Je fus, à partir de ce jour, considéré comme une traitresse, une abomination, et je reçus, malgré mon âge, la punition que devait mériter les êtres de mon espèce aux yeux des anciens. Ma mère fut accusée d’adultère et fut bannie de la tribu, tandis qu’un autre shaman prenait sa place et me tatouait de la marque de l’infamie … alors même que l’on me condamnait à mort pour la première fois de mon existence.

Comment ai-je pu m’en sortir ? Mon père était dévoué à son clan, mais plus encore à sa famille et, s’il ne me considérait plus comme sa fille, il eut pitié de l’âme d’un enfant. Alors que je devais, le lendemain, être tuée par un quelconque moyen, il s’infiltra dans la tente où j’étais gardée après avoir drogué ceux qui avaient pour charge de me surveiller. Etant moi-même dans un état semi-comateux pour ne pas que mes pouvoirs ne s’éveillent, je ne me souviens pas vraiment de la suite. Je me remémore son parfum boisé et le bruit de ses pieds sur le sol caillouteux. Je me souviens de son étreinte ferme et rassurante alors, tandis que je me laissais bercer. Au petit matin, nous étions loin des nôtres. Il me laissa à la lisière de la forêt, proche d’une caravane, avant de se changer en loup. Il poussa un hurlement pour attirer l’attention et, sans plus un regard pour moi, il fit demi-tour, m’abandonnant à ce nouveau monde totalement étranger, avec pour seule arme pour me défendre et comme dernier souvenir son poignard gravé, sculpté et ma peur mêlée de curiosité.
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J’étais si jeune. Je ne connaissais rien du monde. Lorsque je revins à moi totalement, mon environnement avait changé. Je me trouvais dans une sorte de prison de bois, pièce meublée d’outils aussi divers qu’étrangers. La lumière du jour filtrait par des interstices de forme rectangulaire – ce que vous nommez fenêtres, ce que je désignais par un mot plus grossier. Une dizaine d’odeurs différentes et étrangères m’attaquèrent subitement les narines alors que je tentais de me redresser, l’adrénaline se chargeant de me réveiller un peu plus – et je manquais de tomber de mon perchoir, sorte de hamac fait de bouts de tissus rapiécés en patchwork. Peur panique. Où étais-je ? Je n’étais plus attachée à mon poteau, je n’étais plus parmi ceux qui étaient les miens. Non. A quelques mètres en face de moi, un sourcil levé, se tenait une femme énorme – aussi large qu’une petite commode – qui semblait aussi furieuse et impatiente que maladroite ainsi calée dans le minuscule logis. Je pense que si elle avait pu manier la magie, de la fumée serait très certainement sortie de ses oreilles sur le moment. Les poings sur les hanches, la lèvre retroussée en une moue agacée, elle me dardait de son regard noir, fixant ma réaction. Je me remémore ses cheveux tirés en un chignon serré, les traits sévères, aquilins, son tablier maculé de traces sombres. Sa peau luisait de sueur, malgré l’air frais du petit matin. Trishia était celle qui s’occupait de gérer les tâches et les gens dans le convoi. Enkil, son frère, était le chef caravanier. Tous les ans, ils partaient pour quatre mois à travers les routes, faisant commerce avec une petite troupe de divers marchands et soldats qui venaient les rejoindre, formant ainsi une caravane d’une trentaine de personnes. Cette fois-ci, pourtant, le nombre fut impair – elle venait d’avoir la mauvaise surprise de devoir recueillir une enfant chétive qu’elle aurait volontiers laissé sur le bord de la route si ça n’avait tenu qu’à elle.
Trishia était sévère mais, à sa décharge, elle avait raison de l’être. Pour autant, si elle donnait les directives, ce n’était pas à elle que je devais ma place au sein de leur convoi. Non. Elle rentra quelques minutes après mon réveil. Une petite bonne femme aux cheveux hirsutes, blonde et affublée de plusieurs jupons rapiécés. Son bustier de cuir était surmonté d’un tablier, ses mains portaient un panier à ras-bord de fruits et d’herbes, de bocaux contenant des insectes et des substances aux couleurs aussi variées que ne l’étaient celles de l’aube. De grosses lunettes rondes ornaient son nez, et un sourire doux avait illuminé son visage de lutin dès qu’elle m’avait aperçue. Glendaria était le médecin de la troupe, mais également herboriste comme avait pu l’être ma mère biologique. Elle était également dotée d’un sacré caractère et d’une patience à toute épreuve et mieux que quiconque, elle savait se faire respecter sans avoir à élever la voix. Il lui suffisait d’un regard pour vous mettre à l’aise ou au contraire vous faire déguerpir et – de mémoire – elle était également la seule à pouvoir tenir tête à Trishia – et ce n’est pas seulement parce qu’elle était une biologiste maîtrisant l’élément terre. Glendaria fut celle qui me prit sous son aile, mais plus encore, elle fut ma seconde mère, et mon mentor - celle qui me libéra de ma peur, celle qui fût la seconde à me tatouer.

La vie au convoi n’était pas simple. Un enfant n’y avait pas sa place. Mais étais-je réellement une enfant alors ? Les guerriers aguerris me considéraient avec perplexité, Trishia m’invectivait comme elle pouvait le faire avec les adultes, Glena me traitait en égale et Enkil s’amusait de mes frasques comme personne, me donnant des conseils dès qu’il le pouvait. Si ma tribu d’origine se pensait libre, elle n’était en réalité qu’ignorante du véritable monde extérieur. La liberté – la vraie -, je l’ai apprise avec les caravaniers, qui furent durant longtemps ma véritable famille. Auprès d’eux, je me forgeais, me renforçais, je devins peu à peu femme. Nous nous retrouvions tous les ans, à la même époque, au même endroit – parfois les anciens nous quittaient, parfois y avait-il des nouveaux : tel que Ried, un soldat (ce qu’il en disait à l’époque. Si j’avais su !). Durant les huit mois restant, je partais avec Glena sur les routes, allant de ville en ville, nous arrêtant quelques semaines le temps qu’elle ne m’enseigne ce qu’il y avait à savoir. Elle m’a appris à me défendre avec une dague, savoir que je complétais auprès des sociétés guerrières qui croisèrent les chemins du convoi d’Enkil, ou auprès de Ried – qui occupait la fonction de chef des éclaireurs. Je savais déjà chaparder, j’appris à voler sans me faire prendre, simplement pour jouer. J’ai appris à me servir de mes dons sans les craindre, à les exploiter, à les pousser jusqu’à leur limites, grâce à eux. J’appris à vivre. A profiter de chaque jour. A me battre. Et, plus important que le reste, à me relever, sans relâche. Grâce à lui. Grâce à toi. Sven.

Sven était un guerrier. Etait car c’est ce que je pensais lorsque je l’ai rencontré pour la première fois. Il est certainement le seul être à connaître réellement mon histoire, bien que certains détails soient restés volontairement flous. Il m’a, part bien des égards, permis de renaître à moi-même alors que je pensais le feu de la passion éteinte.  Alors que je souhaitais que la mort ne m’emporte à mon tour. Oh, my dear old friend. Je prie encore pour toi.
La faucheuse frappa Glena l’année de mes treize ans, emportant avec elle un tiers des membres du convoi en une seule nuit. L’attaque, fulgurante, ne fut gagnée que de justesse malgré notre nombre – simplement car les monstres que nous avions alors en face de nous n’étaient pas attendus si bas et si tôt. Mal préparé, la perte fut plus lourde encore pour Enkil, qui vit sa réputation chuter drastiquement après l’attaque – à deux semaines de l’arrivée prévue à Midgard. Pour moi, ce fut la plus grande perte que j’essuyais alors, véritable trou béant dans ma poitrine, chagrin inconsolable. Ce n’était pas qu’un meurtre froid et sauvage. C’était la moitié de mon être que l’on m’arrachait et si, à l’époque, je n’étais plus considérée comme une enfant depuis longtemps, cela fut encore plus vrai après l’attaque. Je me suis repliée sur moi-même à cette période. Mon apprentissage n’était pas terminé – il était loin de l’être – et j’étais de nouveau seule. Je voulais l’être. La seule famille que j’avais été partie rejoindre les nuages, le brasier étant monté haut le soir de leurs funérailles. Ma première année en solitaire s’annonçait et je n’étais pas prête à lui faire front. Je ne l’avais jamais été.
___________________________________

Je suis restée à Midgard, deux années durant, trouvant un poste comme serveuse, dans une taverne. Je cachais mes talents et mes dons, prenant mon mal en patience. Mon corps se forma à cette époque et si j’essuyais souvent des remarques grivoises, je restais silencieuse la plupart du temps, ignorant les mains avides qui se tendaient à mon passage, replaçant les clients lorsqu’ils dépassaient les bornes d’une remarque acerbe. Deux ans sans pratiquer la magie ni toucher à une herbe, à me laisser mourir, à laisser les souvenirs de cette nuit hanter mes songes. Deux années avant qu’Enkil ne réapparaisse, plus déterminé que jamais à refaire sa réputation. Pour tout dire, c’est lui qui vint me chercher, dans l’auberge miteuse où je travaillais. Il m’attrapa par le col cette nuit là et, après avoir lancé une pièce au tavernier – homme infâme -, il sorti sans un mot de plus, mes maigres possessions sous son bras, moi sur ses talons, essayant de rattraper ses pas de géant brun.
Vous devez vous demander ce que cela a à voir avec Sven. J’y viens.
Enkil n’était pas de retour pour se tourner les pouces. Il avait rassemblé avec lui quelques hommes et femmes respectables, aux caractères variés. Il y avait Oûl, le cuisinier, l’un de ses cousins. Un véritable ours blond, qui beuglait aussi fort que sa cuisine était délicieuse, qui commandait deux commis qui semblaient sans cesse être tyrannisés. Trishia était de retour également, avec sous ses ordres d’intendante valeureuse, une tripotée de gens qu’elle ne ménageait guère. Une viking roux répondant au nom de Pattzie avait rejoint la troupe et servait à Enkil de contremaître, mais également de comptable. Il y a avait moi-même, bien sûr, ramenée par la peau des fesses, pour devenir le nouveau médecin de la troupe – aussi respectée que crainte par ailleurs, à se demander ce qu’Enkil avait bien pu raconter à mon sujet. Et puis … Et puis, il y avait Sven.

Ried n’était pas revenu, à mon grand désarroi. Mais à sa place, il y avait un homme tout aussi mystérieux et froid qu’il avait pu être à ses débuts. Personne ne savait d’où il venait, ce qu’il avait fait auparavant. Lorsque la question était abordée, Enkil envoyait les curieux sur les roses. Sven était semblable à mon ancien ami aux yeux gris : il était solitaire, distant, silencieux. Comme lui, il était éclaireur, ce qui signifiait qu’on le voyait peu ou rarement. S’il m’intriguait, j’avais d’autres choses à faire de plus préoccupantes que de me mêler de ses affaires.
A vrai dire, j’aurais beaucoup à vous dire à son sujet. Mais je ne le ferais pas. Ce n’est pas à moi de vous raconter son histoire, ce n’est pas à moi de nourrir la légende, non. Tout ce dont vous avez besoin de savoir est que notre relation a véritablement débuté lorsque le convoi à essuyé sa première attaque – affrontement que nous attendions tous avec une angoisse certaine, pour les plus anciens d’entre nous tout du moins. Il n’y eu pas de morts à déplorer cette fois là, à notre grand soulagement – et cela grâce à notre nouvelle équipe et ses défenses efficaces. Cependant il y eu quelques blessés … Dont Sven. Il n’était pas le plus gravement atteint, mais le fait qu’il saigne me donna une raison de lui secouer les puces. Nous ne devînmes ni larrons en foire, ni mêmes copains comme cochons suite à cet épisode dont je garde malgré tout un bon souvenir – aussi étonnant que cela puisse paraître. Non. Nous devînmes familiers et, si j’ose le dire, peu à peu complices. Là où les autres le regardaient encore avec une crainte bien ancrée, préférant fuir sa compagnie, moi je traversais la distance comme une flèche sans plus me soucier des quand dira t’on. Je lui lançais des pommes à la figure avec un léger sourire, et il me prenait parfois à part, en soirée, pour me raconter des contes qui avaient bercés son enfance … Dont une en particulier que je n’oublierais jamais.

Des contes, encore des contes. Toujours des contes. La vie est ainsi faite. Il faut bien nourrir les légendes, juste assez pour qu’elles survivent au temps, mais trop peu pour qu’elles reviennent hanter nos rêves de façon régulier.
Si cet homme fut déterminant pour la suite de ma vie, ne serait-ce qu’en m’apprenant à tirer à l’arc par exemple, il n’est rien de plus qu’un long chapitre qui se prolonge, un personnage récurrent que j’aime encore croiser aujourd’hui. S’il connait mes secrets, je pense pouvoir affirmer que l’inverse est également vrai. Mais est-ce que cela importe réellement ? Non. Non, bien sûr. Aujourd’hui, cela fait dix ans qu’il m’a révélée à moi-même pour de bon. Car suite à notre rencontre, je ne suis plus repartie avec les caravaniers comme auparavant, prenant conscience que cette fois était un véritable adieu – le deuil avait été fait.
Pour autant, je ne fus pas seule non plus dans mon voyage. Sven, ce grand dadais de Sven, avait décidé de m'accompagner. Où allais-je ? A vrai dire, je n'en avais aucune idée. Là où le vent voulait bien me pousser, avais-je répondu mon ami qui, rieur, m'avait alors mis sur une toute nouvelle direction : Huginn. Pourquoi cette ville ? Simplement car sa soeur, Frey, y était. Pire encore, car l'école de magie y était. Et laissez-moi vous dire que je garde d'étranges souvenirs de ces lieux.

Seize années. Presque dix sept. C'est l'âge que j'avais lorsque je suis entrée dans cette académie, pour apprendre à contrôler mes dons, pour permettre à mon art de respirer et d'enfin naître. Nous étions des centaines. Si peu d'élus pour tant d'appelés. J'ai fait de nombreuses rencontres, mais si il y a bien un point sur lequel je n'ai pas changé, c'est mon coté sauvage. Mon coté méfiant. J'avais déjà tant perdu. Tant vécu. La mort, la colère, la perte, la haine, la douleur - tout cela n'était qu'une partie de moi-même que je cachais au monde. Mes propres ténèbres, ma propre tombe, que je creusais. Silencieuse. Solitaire. Solitaire ? Non. Grâce à Pehr. Cet idiot de Pehr, qui devint un nouveau mentor - que je respectais bien plus plus que tout autre professeur, bien qu'il n'était qu'un énième vagabond de passage. Qui il était, qui il fut, je m'en fichais. Seigneur des Frilagën, seigneur tout court, il n'était à mes yeux qu'un enquiquineur de plus. Un idiot que j'ai appris à connaître. A aimer. Comme un père. Etrange vie qui fut la mienne. Il m'a appris plus que mes professeurs, bien que je le vis relativement peu. Pour autant, je restais concentrée sur l'apprentissage que l'on m'offrait. J'agaçais beaucoup, je continue encore aujourd'hui, car je ne démordais pas mes idées.





relations
quote

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raiksos

Il y a, parmi ces gens, de bonnes personnes comme de vrais cons. Je ne suis pas le genre à juger une personne sur sa couleur de peau, pourquoi jugerais-je un homme à ses valeurs ? Ils sont rouges, ma foi, c'est leur problème. Ils n'avaient qu'à se teindre en bleu si ils ne sont pas contents.




rakennus

Le nord. Mais qu'avaient-ils besoin de s'expédier aussi haut ? Je vous jure, il gèle, au nord ! Et les goules, non mais avez-vous vu les goules ? De vrais monstres. Aussi acariâtres qu'ils peuvent l'être - mais c'est ainsi que sont les gens vivants dans les contrées rudes. Je les aime bien, lorsque je ne leur envoie pas mon tabouret à la figure - car certains ont le QI d'une huître palmée, c'est dire si ça vole haut. Sauf Sven. Sven est un amour. Et lui n'a pas tenté de m’assassiner- ce qui change grandement et ce que j'apprécie tout autant.



frilägen
Une excellente couleur ! Restez-donc ainsi, la verdure c'est bon pour la santée.



civils

Qu'ils soient intelligents ou aussi arriérés qu'abrutis, ils me permettent de vivre. Que puis-je dire et faire contre cela ? Rien de tout, j'en ai peur. En revanche j'apprécierais qu'ils évitent de brûler ma carriole et moi avec lorsque je passe avec mes remèdes miraculeux. Sincèrement. Ça pourrait leur rendre service, un de ces jours.




nomades
Comme les autres, il y a les repris de justice, les vadrouilleurs, les adorables et les stupides. Je comprends et partage leur envie de liberté en plus de leur amour pour la route. Je nage avec eux dans l'immensité du ciel lorsqu'il m'embrasse, mais pour le reste, si nos routes se croisent et s'entremêlent pour un temps, nos destinées ne sont pas pour autant liées.





pseudo
Can't sleep ? Take arsenic !

___________________________________



AGE — 23 pommes, bien entamées.
GENRE — Chameau
UNE QUESTION ? — Vous croyez que si je transforme Sven accidentellement en cochon il va m'en vouloir ? Ah ce n'est pas possible ? Ca ne répond pas à ma question !
D’OÙ NOUS CONNAIS-TU ? — Je faisais partie des murs il y a très très longtemps.
LE MOT DE LA FIN — Vous m'avez salement manquée (ma faute). Revoir le forum ouvrir est un enchantement, le boulot monstre que vous avez fourni est juste ... Pute borgne. Y'a t-il vraiment un mot pour ça ?


Dernière édition par Angela S. Afellan le Ven 16 Déc - 15:40, édité 19 fois
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MessageSujet: Re: Become the beast, we don't have to hide « Angie   Sam 27 Aoû - 0:14

+ 1 parce que je préfère la prudence (même si je risque de me faire taper) ♥
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MessageSujet: Re: Become the beast, we don't have to hide « Angie   Dim 18 Sep - 11:43

Hop !
Je viens aux nouvelles

Est-ce que tout avance bien ? N'hésite pas à demander si tu as besoin d'aide ou d'un peu de temps en plus ! (et le double post, tu en auras besoin au final ou pas du tout ?) (oui, il me perturbe un peu) (j'y peux rien /pan/)

Hej då ~


Paperasse en #dd2929

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MessageSujet: Re: Become the beast, we don't have to hide « Angie   Jeu 29 Sep - 12:52

J'avance lentement mais sûrement *se cache* comme je te l'ai dit par SMS, je retape les derniers paragraphes today ** (avoir accès à un PC c'est cool tout de même). Je ne sais pas pour le double post Please au besoin je supprimerais le message plus haut :3

Joteeeem
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MessageSujet: Re: Become the beast, we don't have to hide « Angie   Jeu 29 Sep - 12:55

Okej !
C'est tout noté (dans ce qui me sert de cerveau mais on va rester sur le principe qu'il est fonctionnel pour le moment /vlan/)

Tiens-nous au courant ♥ (et n'hésite pas à nous faire signe pour dire que tu as fini)


Paperasse en #dd2929

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MessageSujet: Re: Become the beast, we don't have to hide « Angie   Ven 30 Sep - 0:55

(Mais si, mais si, il te sert Lokiche )

Du coup je ne sais plus ce qu'on avait dit pour Freyou. J'attends ta réponse à ce sujet pour poster la suite :*: Il ne me reste techniquement plus grand chose (dit-elle alors qu'elle va bien retaper le double Fool )


Si il y a des choses à détailler un peu plus, surtout ne pas hésiter à faire signe
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MessageSujet: Re: Become the beast, we don't have to hide « Angie   

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