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 The Rise of a new flag [feat. Sven]

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RAKENNUS
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DATE D'INSCRIPTION : 07/12/2013
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MessageSujet: The Rise of a new flag [feat. Sven]   Mer 5 Oct - 21:39





Froid.
C'était en tout cas le mot approprié et le plus juste pour décrire tout cet environnement, cet air, le vent, le temps. Les gens. Le vent souffla bien fort, tellement, que son sifflement en était presque strident, et qu'il fit tomber la neige dormant paisiblement, entassée, sur les cimes des arbres. Je ne pus que me crisper une nouvelle fois dans la seule peau que j'avais pu récupérer depuis, une peau d'ours auquel j'avais brûlé les yeux et dont je pus récupérer l'épaisse fourrure. Elle me tenait certes au chaud, mais sans manger cela revenait à être nu dans la neige.
Je frottai doucement mes mains entre elles devant le feu qui crépitait. Mes yeux fixaient les flammes sans vraiment les regarder, ce point vide qui me suivait depuis que j'étais parti. Parti...
Je plissai les yeux. C'était comme si j'étais dans un tout autre monde, comme si cette vie n'avait jamais existé. En regardant les flammes je me souvins que j'étais parti, que j'avais abandonné le château où vivait mon père, ma mère et mes sœurs... je ne sais plus quelle autre raison avait poussé un homme à m'aider, et j'étais parti. Je fronçai les sourcils, doucement. Comment cela se faisait-il que j'eusse oublié la moitié de mes souvenirs?... cela reviendra, sûrement. Je sortirai d'ici, et lorsque je pourrais m'y replonger, je m'en souviendrai. Je détournai le regard du feu, se posant sur la seule sacoche que j'aie apporté depuis. Il n'y avait plus que mon livre. Et heureusement que j'avais inscrit mon nom à l'intérieur, sinon, peut-être qu'à l'heure actuelle, je ne me rappellerais même plus de celui-ci.
Mon nom est Wilhjelm Ludvig. D'après l'amas de souvenirs vaporeux et ce que j'ai pu voir de ce livre, je viens de Vana, et suis héritier du seigneur Wilhjelm. À cause de quelques broutilles, et surtout du fait que j'étais appelé par la capitale, j'ai voulu fuir et un homme m'y a aidé. Je ne sais toujours pas qui il est, mais au moins son visage et sa voix résonnent encore en moi comme si je l'avais vu hier. Ce n'est pas un de ces être que l'on oublie si facilement, surtout pour moi qui n'ai jamais vu de personnes aussi impressionnantes.
Je fuis en contournant les plaines et évitant Midgard au mieux. Je fuis au nord, comme il me l'avait dit, et ce ne fut pas sans dangers. À présent je ne me rappelle plus vraiment de tout. Des rivières, des marais... des forêts ou de plateaux... du soleil brûlant ma peau jusqu'au froid glacial des glaciers, j'avais comme cette impression d'avoir presque tout vu. Mais la fatigue avait été là, et durant tout le début du parcourt je ne pouvais m'arrêter à une ville au risque de me faire reconnaître. Alfrödur, Lev, Ditfrid, Fjallar.... toujours en suivant leurs routes principales en parallèles pour ne croiser personne. Ni même aucun animal, même si je sais pertinemment que j'en ai croisé plus que ce que je souhaitais. J'ai même été attaqué par des écureuils. Sans rire. Enfin, il valait mieux cela que les loups, mais ces derniers m'évitaient assez pour que je ne sois pas inquiété.
Puis ce fut la neige.
Les tempêtes de froid et les autres états climatiques impossibles. Ma monture était si fatiguée, que j'avais dû la vendre à un marchand ambulant pour moitié prix. Je n'avais ni le temps ni l'argent pour le ferrer et en même temps me ravitailler. Et puis... un jour où l'autre je n'aurais plus pu la nourrir. J'étais donc arrivé à Ulfdalar après une journée de marche. Dans un premier temps je fis le tour des victuailles et mangeai comme je pouvais. Des bottes que j'avais je m'en débarrassai, car elles n'étaient plus que rapiécées, et profitai pour utiliser les quelques dons que le ciel m'avait légué pour me chauffer les jambes et marcher ainsi, le feu aux pieds, dans la neige. Ici, je n'avais pas eu besoin de me cacher. Il fallait seulement dire que les gens semblaient être totalement coupés du monde, avec leur façon de vivre et leurs coutumes. Cela ne me déplaisait pas, mais je n'étais pourtant toujours pas familier à cette race humaine. Et même si deux ou trois personnes avaient pu m'aider, j'avais refusé tout contact avec cette civilisation. Pourquoi? Je savais qu'un jour où l'autre on me poserait des questions, et que je finirai là où je ne devais pas... où je ne voulais pas.
Têtu, donc. Oui... j'avais décidé de rester proche de la ville, au cas où, sans y vivre pour autant. Une fois avoir fait le tour, avec la neige jusqu'aux genoux, je réussis à trouver cette tanière à l'entrée mince mais spacieuse à l'intérieur. Et ce fut cette fois-là que je tombai sur cet ours. Tout le monde aurait prédit ma mort... mais pour une fois, savoir manier le feu était quelque chose qui me porta chance. Lui brûler les yeux ne fut pas une mince affaire, mais me permit d'avoir de la viande, une couche de fourrure et un endroit où attendre, pendant encore un certain temps.
Attendre là, oui. Mais pourquoi? Je n'en savais rien. Je n'en sais toujours rien. Je n'a ni but, ni envie de sortir. Je veux rester là, et pourquoi pas mourir ici? Cette idée semblait plaisante, mais je n'arrivais pas à m'y résoudre. Comme si mon instinct de toujours avait été de survivre, que ce soit dans cette pièce du château que personne n'avait trouvé et où j'y demeurais même affamé, jusqu'à cette tanière où seul le feu que je faisais régulièrement crépitais... dans tous les cas ce maudit destin m'avait fait plus dur que la roche, et je devais survivre. Pourquoi? Je n'en sais guère. Le futur nous le dira.

Puis ce fut un cri familier qui retentit à l'entrée. Je tournai le visage et me levai à demi, rampant jusqu'à l'orée de la tanière pour accueillir Van, de retour de chasse. Lui aussi semblait beaucoup plus épuisé depuis le début de ce long voyage. Parfois même, je me demandais s'il ne devait pas partir et me laisser derrière... mais à chaque fois que je l'envoyais, il revenait constamment. Son regard pouvait paraître vide pour tous, mais pour moi il était tout.
Il m'avait de nombreuses fois aidé, en m'apportant quelques gibiers plutôt faciles à attraper, et à mon tour je l'aidai pour qu'il ait moins d'efforts à faire en mangeant la viande déjà découpée. Je crois même que sans lui je ne serais pas là aujourd'hui.
J'attrapai le lapin qu'il avait entre les serres et lui caressai le ventre avec le plus de délicatesse que je pouvais. J'emmenai l'animal à l'intérieur et commençai à l'analyser sous toutes ses coutures. Si je devais le dépecer, ce n'était certainement pas à l'intérieur. Les autres prédateurs et les charognards risqueraient d'entrer et d'en profiter pour me tuer. Je le laissai là pour l'instant, histoire d'avoir une réserve de viande pour plus tard. Mais à force de manger du lapin, je risquerais fortement de le vomir un jour ou l'autre.
Mon regard se pencha à nouveau à l'entrée de la tanière.
Combien de temps avais-je passé ici pour que je sois aussi familier à cet environnement? Pas seulement quelques mois... peut-être même un an s'était écoulé depuis. Je n'avais même plus la notion du temps. Les jours n'étaient plus des jours, les nuits s'ensuivaient sans que je n'arrive à fermer l'oeil. Une chasse constante contre mon esprit et mon corps qui luttaient sans cesse contre la peur, la faim et la solitude.
Je n'entendis pas Van revenir.
Mes sourcils se froncèrent doucement. En général quand il faisait ça et n'émettait aucun cri, c'était qu'il surveillait un danger. Mon sang ne fit qu'un tour. J'avais beau avoir l'estomac encore vide, je pus me lever assez rapidement pour sortir de cette tanière. Normalement les prédateurs ne chassaient pas à une heure pareille, alors cela ne devait pas être cela, mais il fallait que je me méfie. Si c'étaient des loups ou même un autre ours, je ne risquais pas d'avoir autant de chance, car je n'avais pas mangé et je ne pouvais donc pas déployer au mieux mes capacités. Et puis, je sentais pas assez la rose pour attirer autre chose que ces bêtes-là.
Je visualisai devant moi une fois arrivé. Rien. Je levai donc le regard et vis que Van était sur l'arbre en face, fixant un point derrière moi, sur la gauche. Je me retournai, aussi vif que je pus. Effectivement, une silhouette se trouvait là, mais ce n'était pas un animal. Van n'avait émit aucun cri. Il aurait pourtant attaqué depuis bien longtemps, même si c'était dangereux. Il restait seulement là, méfiant. Moi je ne faisais pas que me méfier des hommes... ils n'étaient souvent pas dignes de confiance, et encore moins après tout ce que j'avais vu.
-Qui... qui êtes-vous?
Je ne reconnaissais plus ma voix. Était-elle si différente qu'à l'origine? Enrayée par le temps, par le silence je n'avais pas prononcé un seul mot depuis. Cela me donnait une sensation étrange, mais je ne pouvais baisser ma garde face à un inconnu qui osait pénétrer la zone de protection que je m'étais faite.
Aucune réponse. Me campant sur mes deux jambes je fis apparaître sur ma main droite de nouvelles flammes, plus chaudes, plus grandes. Ce n'était certainement pas le feu que l'homme craignait, mais je n'avais aucun autre moyen de défense, et avec cette seule peau sur les épaules, je n'allais pas pouvoir éviter une moindre attaque. Je réitérai à nouveau la question, fronçant les sourcils sous cette nouvelle menace.


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RAKENNUS
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MessageSujet: Re: The Rise of a new flag [feat. Sven]   Mer 5 Oct - 21:41



The rise of a new flag.



Ulfdalar n’était, à ses yeux, pas plus qu’un cloaque de plus dans ce monde de brutes. Un monde dans lequel il avait été largué des décennies plus tôt, alors qu’il n’était encore qu’un gamin qui avait dû grandir plus vite s’il voulait survivre. Un gamin qui avait connu la menace de gens proches, parfois plus proches qu’on pourrait le penser, un gamin qui avait connu des givres durs et longs, un gamin qui avait appris à se battre sous le soleil écrasant des jours d’été. Un gamin qui avait appris à ingérer du poison sans mourir, doucement, à petites doses. Un gamin à qui on avait appris à couvrir la bouche d’une personne d’une main et à lui trancher la gorge de l’autre, sans que personne autour ne remarque quoi que ce soit. Il avait été un de ces gamins-là, et de pauvre môme perdu dans un monde trop brusque, il était devenu l’un de ces piliers.
Fragile, certes, mais ce n’était qu’à l’intérieur. A l’extérieur subsistaient des réflexes meurtriers que les deux tiers des gens traversant les rues ne soupçonneraient jamais une seule fois dans leur vie. A l’extérieur subsistait ce regard glacial qui s’accordait avec la neige qui recouvrait lourdement le sol, les toits, les arbres. A l’extérieur, il était un tueur à gages connu par tout le réseau existant pour tuer aussi bien les cibles qu’on lui donnait que les « collègues » qui avaient le malheur de se mettre en travers de sa route.

Ou de prononcer un mot en trop.
Mais aujourd’hui, il n’était pas ce tueur à gages. Il n’était pas non plus le chef de camp dur comme la glace dont les recrues doivent affronter les remontrances et le regard. Il n’était rien de plus qu’un homme vagabondant dans les rues d’Ulfdalar qui était une de ces villes sales plus accueillantes en hiver qu’en été. La pire étant Midgard. Midgard était au sommet de sa liste pour des raisons toutes plus idiotes les unes que les autres. Mais tant qu’il n’avait pas besoin de s’y rendre, il ne s’en préoccupait pas.
Pour l’heure, il déambulait dans les rues d’Ulfdalar, les rênes de Sjor à la main, sa louve Slavsia allant de coin de ruelle en coin de ruelle à la recherche de quelque chose à dénicher, comme un gros chien. Il souriait, à l’occasion, quand un passant sursautait, effrayé de voir un loup se balader en ville. D’autant plus, un loup de cette taille et à la fourrure blanche comme neige. Mais lui, ça l’amusait. Il savait que Slavsia ne ferait pas un seul mouvement de menace tant qu’elle n’en verrait pas l’utilité, ou qu’il lui en donnerait l’ordre. C’était plus simple comme ça.
Néanmoins, il ne comptait pas s’attarder en ville. Il prenait juste des provisions, de nature personnelle. Il aimait bien avoir des réserves de côté. De toute manière, il n’avait pas pour coutume de se mêler à la foule des recrues et des petits gradés. A part quelques-uns, il ne les méprisait pas. Mais les bains de foule et le bruit n’étaient pas dans ses habitudes. Il avait pris coutume de vivre seul, de manger seul, de penser seul. Il voyageait le plus souvent seul aussi. Et parfois, c’était tout aussi bien comme ça.
Il n’y avait que quelques personnes dont la compagnie lui manquait à chaque fois qu’il s’en éloignait. Ce n’était pas cher payé.

Il finit par sortir d’Ulfdalar, remontant en selle et dirigeant Sjor vers le camp. Il l’atteindrait en quelques jours. Il irait bien à Hvergelmir, mais il ne se risquait jamais à y aller directement en sortant d’une ville qui soit aussi proche. Il devait sans cesse pouvoir jeter un regard derrière son épaule.
La neige s’était remise à tomber, soufflée par le vent. Il avait dû resserrer sa cape sur ses épaules et son hongre avait du mal à lever les jambes pour enfoncer ses sabots dans la neige glacée. Slavsia, elle, continuait de gambader, protégée par son pelage épais qui empêchait ses coussinets d’entrer en contact avec le sol gelé. Elle plissait simplement les yeux et couchait les oreilles. De temps en temps, il l’entendait hululer. Un loup n’aboie pas. Jamais. Mais le temps lui était bien égal. Il préférait les hautes congères de neige et les arbres grinçant sous le poids des amas de flocons que le soleil brûlant des plaines du sud. Il n’était pas un enfant du sud. C’était un garçon des campagnes du nord, continuellement enneigées et glissantes de givre et de verglas.
Plus rapidement qu’il ne l’aurait pensé, il arriva dans un petit bois.

Ce fut là qu’il vit le faucon passer.
Dans son esprit, le chemin se fit tout seul. Ce faucon ne s’était pas réfugié à l’abri du froid et de la neige comme tout rapace sauvage, même affamé, l’aurait fait, pour éviter de mourir écrasé contre un arbre ou tout simplement gelé. Et quand bien même il tenait une proie dans ses serres, c’était plus qu’un faucon ne pouvait manger en une fois. Pour lui, c’était évident, ce faucon appartenait à quelqu’un. Et ce quelqu’un était quelque part dans les arbres et les rochers givrés.
Il n’eut pas besoin de lancer Sjor au galop dans un mètre de neige pour suivre le faucon. Slavsia, toute joueuse qu’elle était, avait commencé à le suivre. Il n’avait qu’à suivre les traces de la louve. Elle ne ferait pas de mal à l’oiseau. Elle était juste curieuse. Elle voulait savoir, elle aussi, où il allait, et pourquoi. Plus que tout, Sven la soupçonnait de vouloir s’approprier le lapin que l’oiseau de proie avait, mais il ne pouvait lui en vouloir. Le temps n’était pas à pique-niquer ou à camper tranquillement dans l’herbe verte.
Elle était sous la neige, l’herbe verte, et bien cachée.

Afin de faciliter la marche de Sjor, il descendit tout de même de selle et se risqua à marcher dans la neige, en ayant jusqu’aux hanches, ne pouvant même plus compter sur sa cape pour le protéger. Au fur et à mesure qu’il s’enfonçait dans le couvert des arbres, la couche de neige se raréfia, pour ne plus lui arriver qu’au-dessus des chevilles. Ses vêtements étaient trempés, la neige avait pénétré ses bottes. Tout au plus, il avait les lèvres bleuies par le froid, mais il ne frissonnait pas, et claquait encore moins des dents.
Le froid, il avait l’habitude. Il s’en était fait un allié. C’était son coupon de secours.

Le faucon était perché sur une branche et les observait de ses grands yeux ronds où brillait l’intelligence propre au rapace. Slavsia était juste en dessous, tranquillement assise, la truffe levée vers l’oiseau. Elle se contentait de le regarder, et il pouvait presque sentir une conversation muette entre les deux animaux.
Un léger sourire étira ses lèvres.

Qui êtes-vous ?

Il tourna la tête en percutant la question.
Son sourire s’élargit un peu. Il ne s’était pas trompé, il y avait bien quelqu’un ici. Il s’apprêta à répondre quand son vis-à-vis fit apparaître des flammes dans sa main. Il haussa simplement les sourcils. Il était habitué à ce genre de manœuvres. Runa. Frey. Cillian. Liv. Nagel. Tous des mages aux pouvoirs qui le dépassaient. Il n’avait pas hérité de ce genre de dons. Mais ça ne lui faisait plus peur et il savait comment faire avec.
Il lâcha la bride de Sjor, sachant que celui-ci ne s’en irait pas, quand bien même il y ait menace. Sjor avait l’habitude des sautes d’humeur de tout le monde. Il avait l’habitude de l’agitation du camp, des cris, du bruit du feu, des hurlements des goules le soir. Il avait l’habitude des tintements des épées, des haches, des lames contre les lames.
De simple hongre d’écurie, Sjor était devenu comme un cheval de guerre. Impassible et obéissant au moindre minuscule mouvement esquissé par son cavalier.

Lequel s’approcha un peu plus de son interlocuteur, le détaillant petit à petit. Des cheveux blonds, pour ce qu’il pouvait en voir. Les vêtements qu’il portait étaient passés, mais la manufacture lui permettait de dire que c’était un enfant du sud.
Et il n’avait toujours pas répondu à sa question. Il n’était pas certain de vouloir y répondre. Pas maintenant, en tout cas.

« Que faites-vous ici ? »

C’était bien une des questions qu’il se posait. Personne n’aimait être piégé dans les tempêtes fréquentes qui balayaient le nord. Et encore moins en pleine nature. C’était déjà assez pénible depuis l’intérieur d’une maison. Dehors, c’était pire.
Et il le savait pour l’avoir expérimenté.
Il ne chercha pas plus à enrichir la conversation. Il y penserait plus tard.



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RAKENNUS
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MessageSujet: Re: The Rise of a new flag [feat. Sven]   Mer 5 Oct - 21:45





Et ce n'était pas qu'un homme. Un homme à l'allure toute aussi statique qu'impassible avec le froid qu'il faisait ici, et le vent qui claquait sur la peau en mordant le moindre centimètre de chair. Il avait le regard sûr, de ce que je pouvais voir et si ma vue ne me jouait pas de tour. Ce qui en plus accentua ma peur, fut le loup que je remarquai sous Van et que je n'avais pas vu au départ, du fait de son pelage aussi blanc que la neige. Comment un loup pouvait-il être aussi blanc?... au début je croyais qu'il allait être d'une quelconque menace, mais Van ne bougeait pas en continuant à le détailler, le loup lui-même ne faisant aucun mouvement brusque. Je ne savais pas si je devais être soulagé ou même être d'autant plus effrayé. Voilà que cet animal était là, ce ne pouvait être que pour une raison : il lui appartenait. Il avait également un cheval à ses côtés, un cheval qui avait la même aura que son maître, comme si les deux ne faisaient plus qu'un.
Je plissai les yeux. Il ne m'avait pas répondu, répliquant avec une autre question. Je l'analysai quelques secondes. Étais-je sur ses terres ou quelque chose de ce genre? Si c'était le cas je risquais d'avoir des soucis, mais je n'avais même plus la force de me dresser contre rien ni personne. Dans un sens, sa question fut pour moi comme un soulagement. Il n'y avait pas de tonalité menaçante, et ma méfiance-même avait décidé de baisser les premières barrières pour éviter de paraître trop agressif. J'avais conscience que je ne devais pas être des plus courtois, surtout si cette personne ne faisait que passer par là, alors décrispai les épaules et soupirai.
-Quelle question... commençai-je d'une voix faible, puis me raclai la gorge, Je vis.
Oui, je vivais. Je vivais là comme tous les autres animaux le faisaient, mais pas comme les hommes. Je n'avais pourtant pas envie de préciser cela, mais je savais que ça ne tarderait pas. Il avait raison au fond, que faisais-je ici alors que la ville était à quelques mètres de là? Il y avait certainement deux ou trois personnes pour m'accueillir sans demander quoi que ce soit, mais non. Non, je n'avais pas envie de gâcher toutes ces années reclus dans mon coin pour finalement parler à des gens que je ne connaissais pas. Pour encore subir des questions que je ne voulais pas, pour rester là, à ne rien faire : ce que je ne souhaitais pas.
Aïe. L'estomac.
J'avais beau dire, je ne pouvais faire plus d'effort avec un estomac vide. En l'occurrence pour lequel cas, les flammes s'éteignirent rapidement et je fus pris d'une légère convulsion. J'avais froid, faim, j'étais épuisé. Dans la neige à l'air libre de cette façon, je n'avais aucunement la chance de tenir debout et je ne ferais qu'une piètre défense face à cet homme si jamais il devait m'attaquer. Mais m'attaquer vraiment ou me laisser là, dans tous les cas je n'avais plus rien à perdre. Mes jambes se dérobèrent sous mon poids et je tombais dans cette neige où je venais de me camper. Je fermai les yeux un instant, comme si tout autour de moi n'existait plus. Je n'existais plus. Seul le froid me mordait les joues, et je faisais un effort considérable pour me recouvrir totalement de cette veste en peau d'ours, le bout du nez et les lèvres congelées.
-Vous... si ce sont vos terres... je suis désolé, repris-je d'une voix plus faible, je... je partirai après... sinon... sinon...
Je n'arrivais à formuler aucune phrase, aucun mot. Sinon laissez-moi mourir ici. Oui, laissez-moi mourir tranquillement dans ma honte et retourner à cette vie glaciale sans jamais avoir de but dans cette existence maudite. Voilà ce que j'aurai pu dire mais que mes lèvres ne laissèrent pas échapper. Je fronçai les sourcils, serrai les dents. Il en fallait peu pour me détruire à ce sujet, et rien que cela, rien que voir à nouveau quelqu'un alors que cela faisait des lustres que je n'avais vu personne me serra le cœur. J'eus envie de pleurer. La fatigue et tout cela? Oui, une fatigue beaucoup plus psychologique que physique au fond. Mais je l'avais voulu.
Puis je laissai échapper un cri. Faible, mais un cri quand même. Je n'avais plus eu la force de garder cette fine couche de chaleur qui me protégeait les pieds du froids – vu que j'avais jeté mes bottes mortes à ce jour -, et ces derniers heurtèrent violemment la froideur de cette neige amassée sous mon poids, crissant au contact de celui-ci. La douleur était là, vive. Le chaud brûlant au contact du froid. Seules la vapeur qui en échappait et les grimaces sur mon visage pouvaient en être les témoins. Van émit un cri. J'entendis les battements de ses ailes, puis sentis ses serres se poser sur mon épaule. Il était inquiet, je le savais, mais je ne pouvais pas non plus faire semblant du contraire. Il me piqua la tête, puis les cheveux. Je grognai et lui dis que ça allait. Il pouvait être persistant à ce sujet-là, il valait mieux être clair. Pourtant, je fis un effort incommensurable pour me redresser sur mes bras et essayer de me lever. Redressant doucement la tête.
-Sinon... laissez-moi ici.



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RAKENNUS
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MessageSujet: Re: The Rise of a new flag [feat. Sven]   Mer 5 Oct - 21:45




La réponse de son vis-à-vis le laissa quelque peu sceptique. Il arqua légèrement un sourcil en considérant cette silhouette d’homme qui était quelques mètres devant lui. Personne ne vivait ainsi sous la neige et le froid. Personne n’aimait vivre au fond d’une forêt sans cesse balayée par le vent et la neige, sans cesse meurtrie par le blizzard. Ce n’était pas une vie, et surtout pas une longue vie. Le froid avait tôt fait d’engourdir les membres des voyageurs et certains restaient piégés jusqu’à tout simplement mourir de froid. Au-delà, à Nifhlheim, c’était pire, mais les rafales glacées qui rasaient le sol des plaines du nord en donnaient un aperçu criant de vérité. Il ne pouvait pas croire en cette réponse. Personne ne pouvait vivre dans ce genre de conditions. Il fallait au moins un toit et quatre murs épais, avec une cheminée, pour pouvoir survivre aux hivers presque éternels qui caractérisaient les régions du nord. Mais il garda ses réflexions pour lui.
Plus il regardait son interlocuteur, plus il se disait que quelque chose clochait. Il y avait quelque chose chez cette personne qui ne collait pas au reste du tableau. Déjà, il se demandait pourquoi un homme venant visiblement du sud était caché dans une grotte dans le nord, sous la neige. Rien que ce détail n’avait absolument aucun sens. Il lâcha les rênes de Sjor et jeta un coup d’œil à Slavsia qui avait toujours la truffe levée vers le faucon. Décidément, cette louve l’étonnerait toujours.

Au moment où il fit un pas vers l’inconnu, les flammes qui entouraient la main de celui-ci disparurent et il crut distinguer un mouvement convulsif chez le magicien. Il fronça les sourcils. Ceci semblait déjà étayer un peu sa conviction qu’une personne ne pouvait pas vivre ainsi dans le froid. Il tirait aussi cette conclusion de son expérience personnelle. Des années à errer dans le givre et à se chercher un abri sans en trouver un décent. Il savait chasser, et c’était probablement ce qui lui avait permis de survivre pendant tout de temps avant qu’on ne lui offre une solution alternative.
Il fit encore un pas et s’arrêta net quand le blond tomba dans la neige. Il hésita sur la réaction à adopter. Cette personne semblait avoir besoin d’aide, mais l’accepterait-elle seulement ? Lui-même avait mis du temps avant d’accepter qu’on lui tende une main. Il se méfiait encore. Pour que cette personne soit ici, il y avait une bonne raison. Mais ce n’était pas encore le moment de la chercher.
Il dut s’approcher d’encore un ou deux pas pour pouvoir entendre ce que son interlocuteur disait. Sa voix était faible et le sifflement du vent la couvrait plus aisément qu’il ne fallait de mots pour le dire. Il resta sans ciller face aux quelques mots qu’il venait de percevoir. Non. Ce n’étaient pas ses terres. Mais il ne dit rien. il ne voulait pas se montrer menaçant. Il avait l’habitude de se fier au jugement animal et purement instinctif de Slavsia : or, elle ne semblait montrer aucune animosité envers cet inconnu, si elle l’avait seulement remarqué ; ce qui était très certainement le cas.
Mais ce n’était pas ce qui le motivait le plus. Non, ce qui le gardait planté devant cet homme était la sensation bien humaine qu’il est temps de faire quelque chose.

Il fit les quelques pas restants qui le séparaient de son vis-à-vis et le regarda bien en face. Le retour du faucon ne l’avait pas tellement dérangé, peut-être un peu pris au dépourvu. Et Slavsia semblait continuer de s’y intéresser, mais en restant à distance. Elle avait simplement quitté son arbre. Il continua de détailler le jeune homme pendant de longues secondes, avant de jeter un coup d’œil par-dessus l’épaule de celui-ci. Il ne distinguait pas grand’chose avec la neige qui allait et venait au gré des courants d’air, alors il reporta son regard sur son interlocuteur.

« A ce rythme-là vous n’allez plus vivre, mais creuser votre propre tombe. Venez. »

Sans lui demander son avis ou quoi que ce soit d’autre, il avança une main pour lui attraper le bras et le tirer à l’intérieur de la grotte, à l’abri de la neige et des rafales. Il le força à s’asseoir par terre et siffla entre ses doigts. Slavsia les rejoint rapidement, suivie de Sjor qui se coucha malgré les sangles et la selle dans un coin à quelques mètres de l’entrée. Il alla vers le hongre et défit la bride ainsi que la selle, les posant à côté, lui flattant l’encolure de la main. Il lui laissa le tapis pour éviter que le froid ne l’attrape trop vite.
Ensuite il chercha de quoi raviver le feu dans le foyer improvisé, s’attela à la tâche, Slavsia collée à lui. Quand il eut fini il passa un bras autour du cou de la louve et lui frictionna le poil en souriant légèrement. Elle s’était désintéressée du faucon et se contentait de coller son maître comme un gros chien l’aurait fait. Il ne disait pas non, la louve lui tenait chaud, ainsi serrée contre lui. Il lui frotta la tête et la laissa s’installer près du feu pour aller chercher une des sacoches accrochées à la selle du hongre, désormais au sol. Il revint ensuite et s’assit à côté de Slavsia qui s’était couchée, la tête sur les pattes avant.

De la sacoche il sortit du pain. Sa main vint chercher la dague qu’il avait à son côté et il commença à trancher la miche, en tendant un morceau à son vis-à-vis.

« Tenez. »

Il rangea ensuite le reste dans la sacoche et déposa celle-ci près du feu, la dague retrouvant l’étui à sa ceinture. Les flammes diffusaient une lueur sourde et traçaient des ombres dansantes sur les parois de la caverne. Slavsia revint se coller à son maître, allant jusqu’à s’allonger à moitié sur les jambes que celui-ci dut placer en tailleur. Il se mit à la grattouiller derrière les oreilles, pensif. Il se demandait bien ce que la personne en face de lui pouvait fabriquer dans un endroit pareil à cette époque de l’année. Même le sud devait être couvert de neige à présent.
Le silence de la grotte lui appuyait lourdement sur les épaules mais il ne voyait pas comment entamer une conversation de manière délicate. La seule question qui lui arrivait en tête restait « que faites-vous ici ? » Mais il avait déjà eu une réponse à celle-ci, et même si cette réponse ne le satisfaisait pas, il allait devoir s’en contenter. Son vis-à-vis n’avait pas l’air du genre à démordre de ce qu’il disait.

Il se dit tout de même qu’il allait tenter une autre approche et inclina légèrement la tête de côté, sa main toujours perdue entre les longs poils blancs de la louve.

« Pourquoi êtes-vous ici ? »



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RAKENNUS
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MessageSujet: Re: The Rise of a new flag [feat. Sven]   Mer 5 Oct - 21:46





Je n'avais pas même eu le temps de me relever totalement, que j'entendis quelques mots de sa part, et sa main m'attrapa le bras sans plus de manières. En réalité je ne savais plus trop ce qu'il m'arrivait, car la faim possédait ma tête comme si j'existais dans un autre monde. Pire même, je n'existais plus. Je n'aurais pas dû sortir de cette tanière, je n'aurais pas dû non plus chercher à parler à cette personne. Et pourtant, ce fut ce même homme qui, tout en s'installant dans l'antre avec ses compagnons, et en ravivant le foyer, avait coupé un morceau de pain et me l'avait tendu.
Je ne saurais décrire mon état, j'étais sûrement horrible à voir, mais la faim me tenaillait tellement, que la salive me faisait mal à la mâchoire, et je mordis sans plus attendre dans la mie. Sans plus mâcher non plus, j'avalais, j'avalais tout ce que je pouvais, même si je voulais garder en bouche ce goût si longtemps oublié. Combien de temps cela faisait-il que je n'avais pas mangé une seule tranche de féculent, un simple morceau de pain? Et celui-ci avait un goût différent de ceux du sud, sans être mauvais.
Pendant que je mangeais, je le dévisageai, lui et les animaux qui étaient avec lui. Van s'était posé sur mon genou, alors que j'étais assis sur les fesses, les jambes repliées devant moi, et je lui tendais des morceaux pendant que je mâchais tranquillement. Seul le craquement du feu donnait une ambiance doucereuse aux lieux, comme si cet endroit n'avait été que l'âtre d'une maison en plein hiver. Le loup s'était levé, je le regardais faire. Il avait l'air d'être complice avec son maître, un peu comme moi avec Van. Bien qu'il soit un loup, son regard était profond, et régnait en lui une certaine sérénité, cette même expérience des années qui se lisaient dans les iris de son maître.
À l'y détailler pleinement, maintenant que ma tête était presque en état de réfléchir, je compris rapidement que ce n'était pas le genre de personne que l'on croit perdu n'importe où, sans but. Le silence s'était pourtant installé, mais je ne fis rien pour alimenter la conversation. Combien de temps n'étais-je pas sorti de là, n'avais-je pas vu de gens dits "normaux"? Je ne savais même pas depuis combien de temps j'avais erré sans but parmi les neiges presque éternelles du nord. Alors communiquer à nouveau avec la civilisation, pour quelqu'un qui à l'origine n'aimait pas les hommes, ce n'était pas gagné.
Mais je ne savais vraiment pas quoi dire. Je n'allais tout de même pas poser de questions sur sa vie, je n'étais pas à même d'en poser. Et puis, d'aussi loin que je me souvienne, je ne m'impliquais jamais dans l'existence des autres s'ils ne m'y impliquaient pas d'eux-mêmes. Je baissai le regard sur le petit morceau qu'il me restait. J'avais encore faim, mais elle était largement passée au stade supportable comparé à tout à l'heure. Je tendis le morceau à Van, lequel n'avait pas bien mangé depuis hier soir, et relevai le regard lorsque j'entendis de nouvelles paroles, une nouvelle question qui me dit trembler au fond de moi.
-Pourquoi êtes-vous ici?
Je sentis sa question comme si elle dissimulait plein d'autres encore. Je compris dans un sens que j'avais piqué une curiosité sur ma personne, moi qui n'étais pas en ville et qui demeurait loin des gens. Mais pourquoi étais-je là? Voilà une bien longue histoire. Et comment savoir si je pouvais lui dire une majorité ou non? Comment savoir, sans prendre de risque, si je pouvais lui raconter tout cela en détail? Mon regard se posa sur sa main, passant dans les poils blancs et apparemment duveteux de l'animal. Puis je le fixai à nouveau dans les yeux, impassible. Il n'y avait rien dans ce regard qui ne définissait l'animosité. Si tel avait été le cas, avec ce loup il n'aurait fait qu'une bouchée de moi. Mais j'avais seulement peur de me tromper sur ce que je voyais sur ce visage. Mon père m'avait toujours démontré que l'homme n'était gentil avec autrui que pour obtenir ce qu'il voulait.
-Pourquoi...
Répétai-je à demi, avant de fixer le feu. Van avait terminé son morceau et se planta sur le sol, avant de tourner un regard vers moi. Il ne semblait pas sur la défensive, alors comme d'habitude, je lui fis confiance. Je raclai un peu ma gorge, histoire d'avoir une voix à peu près potable, mais gardai le regard sur le feu. Je n'aimais pas tant que ça, les fixer dans les yeux.
-Hm. Pour résumer, je n'aime pas les gens. Ou alors je m'en méfie. Alors je préfère rester ici, que de devoir subir trop de questions, là-bas.
Là-bas – je désignais la ville qui était un peu plus en contrebas. Mais je savais que son pourquoi allait se répercuter à un autre pourquoi. Parce que cette personne n'était pas bête, j'avais bien compris que c'était un homme à vivre dans ce genre de lieux. C'était un homme expérimenté des terres, et moi je venais à peine de m'y introduire. Je soupirai. Après tout, qu'est-ce que cela me coûterait de lui dire? Rien. Car je n'avais littéralement plus rien.
-On m'a aidé à fuir de Vana. Répondis-je doucement, évitant qu'il ne repose encore la fameuse question répercutée du "pourquoi", et on m'a dit que je serais plus en sécurité loin de Midgard, au nord. Voilà pourquoi.
Je me renfrognai dans la fourrure de l'ours. Maintenant, que ce soit mauvais ou non, j'attendais sa réaction. J'attendais de savoir si vraiment j'allais tomber plus bas que je ne l'étais, ou simplement continuer à voguer au gré de la vie, comme je le faisais depuis un moment déjà.


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MessageSujet: Re: The Rise of a new flag [feat. Sven]   Mer 5 Oct - 21:48




Sa main continuait de se perdre dans l’épaisse fourrure blanche de la louve, l’ébouriffant un peu plus à chaque passage sans que l’animal ne bronche. Une fois, Slavsia leva la tête en claquant des mâchoires en direction de son maître, parce qu’il avait arrêté de la caresser. Il avait recommencé son lent mouvement de va et vient dans les poils longs du canidé, et celle-ci avait simplement fermé les yeux avec paresse en restant contre l’homme. Il jeta un regard au hongre qui ne bougeait pas, tranquillement installé de son côté de la caverne. Puis son regard revint vers son vis-à-vis qui se mettait justement à parler. Pourquoi. C’était une bonne question, pourquoi. Il continuait de caresser Slavsia en écoutant ce que l’inconnu avait à dire. Il ne suivit pas le mouvement de sa main parce qu’il savait que là-bas désignait Ulfdalar noyée sous la neige de la saison. Il savait ce qu’il y avait en contrebas de la forêt et du vallon.
Il connaissait les cartes du nord par cœur depuis le temps qu’il le sillonnait. Ça faisait partie de ses attributions, savoir voyager sans carte. Il avait très vite appris, et ce n’était pas demain la veille que ça allait changer. Il eut un léger sourire cependant en apprenant que son interlocuteur se méfiait des gens. Quoi de plus normal. Il hocha légèrement la tête, partageant et comprenant ce point de vue. Lui-même ne pouvait se résoudre à faire confiance à tout le monde.

Et tout le monde ne lui faisait pas confiance, et cette réciprocité lui allait très bien.
Il ne s’imaginait pas devoir voler au secours de la veuve et de l’orphelin. Ça, c’était le boulot d’un autre.

Il fut en revanche plutôt surpris en apprenant que la personne en face de lui s’était échappée de Vana, et qu’on l’y avait aidé. Entendre le nom de la ville confortait sa première hypothèse selon laquelle le blond venait du sud, mais Vana était une information supplémentaire sur sa liste, et il se disait qu’on entendrait bientôt parler d’une évasion quelconque dans toutes les bouches du nord. En sécurité, loin de Midgard. Cela dépendait de ce qu’on attendait de lui à la capitale, mais le raisonnement se tenait. Midgard n’était pas le lieu le plus sûr du monde, quand bien même ce soit la ville où toutes les décisions pour le royaume sont prises.
Il grattouilla pensivement le haut de la tête de Slavsia, poussa un léger soupir en se mettant à cogiter. Il se dit qu’il devait en savoir plus à propos de cette personne. Son regard se balada dans la caverne et ce fut là qu’il avisa la dépouille du lapin, probablement ce qu’il avait vu dans les serres du rapace quand il avait décidé de le suivre. Il fit doucement bouger la louve et se leva pour aller attraper l’animal mort.
Ce n’était pas un gros lapin, mais ce serait suffisant. Il veillerait à en garder un morceau pour Slavsia, ou elle irait elle-même chasser pendant la nuit. Elle faisait comme elle voulait pour ce genre de choses.

Il lui fit signe de rester où elle était et sortit de la caverne pour vider la carcasse et retirer la peau, les jetant plus loin pour que les charognards et autres prédateurs acculés par le froid ne viennent pas voir trop près. Il nettoya sa dague et ses mains dans la neige, ignorant la morsure du froid sur sa peau, avant d’aller chercher une branchette sur un arbre, qu’il tailla en pointe de chaque côté, puis revint dans l’habitacle de pierre tiédi par le feu. Il n’y avait pas trente-six mille solutions pour cuire ce malheureux lapin, et rapidement, la broche fut placée au-dessus du feu.
Il dut pousser Slavsia qui avait décidé de s’approcher et lui fit comprendre d’un simple geste de rester sage et d’attendre qu’il lui en donne un bout. Elle s’assit en couinant et se lécha les babines en fixant la proie au-dessus du feu.

Maintenant, il était peut-être temps d’engager une vraie conversation, mais il n’avait jamais été doué pour ce genre de choses. Il se contenta de couper encore quelques tranches de pain qu’il laissa à disposition de son vis-à-vis, surveillant le lapin en cherchant quelque chose à dire qui lui permettrait d’en savoir plus sans avoir l’air intrusif.
Ce qui, plus il y réfléchissait, lui semblait être quelque chose de tout simplement impossible à réaliser. Il allait devoir y aller de but en blanc, sans prendre le temps de faire dans la délicatesse. Ce qui l’ennuyait un peu. Il réservait ce genre d’approches aux gens qui étaient dans le même sac que lui : mercenaires et autres tueurs à gages de tous acabits. Il soupira légèrement.

« Vous venez de Vana, donc. Pourquoi vous a-t-on aidé à vous en échapper ? si ce n’est pas trop indiscret, bien sûr, vous n’êtes pas obligé de répondre à cette question. Simple curiosité. »

Profitant de l’ouverture, Slavsia tenta une nouvelle percée vite repérée par son maître qui la poussa.

« Slavsia, je t’ai déjà dit non. Tu en auras, mais tu attends. »

Son attention se reporta ensuite sur son vis-à-vis. Il avait une foule de questions à lui poser, et il ne s’en rendait compte que maintenant parce qu’il commençait tout juste à en faire le tri dans sa tête. Ce qui était plutôt idiot, il aurait toujours pu les poser sans réfléchir et sans chercher de réelle cohérence. Il n’avait aucun feeling particulier avec l’ordre, même s’il ne pouvait nier qu’il aimait le travail bien fait, surtout en matière de meurtre. Anecdote qu’il gardera pour lui bien évidemment, le but n’était pas d’effrayer le premier venu. Il ne dirait jamais à un inconnu ce qu’il est réellement. Il ne fallait pas trop rêver pour espérer rencontrer ce genre d’occasions. Ce ne sont pas des choses qui se disent à n’importe qui.
Il inclina légèrement la tête de côté, son regard rivé sur le blond en face de lui de l’autre côté du feu.

« Comment vous appelez-vous, au fait ? »



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MessageSujet: Re: The Rise of a new flag [feat. Sven]   Mer 5 Oct - 21:48





Il n'y eut pas grand chose ensuite. Simplement quelques gestes de ses doigts sur la fourrure du canidé, puis un regard qui se dirigeait sur plusieurs points, jusqu'au lapin. Je ne dis rien, toujours recroquevillé sur moi-même. L'homme s'était levé, avait attrapé le lapin que Van avait apporté, et sortit dehors. Je compris rapidement qu'il voulait l'éviscérer et éviter -en le faisant à l'extérieur- que les prédateurs ne viennent à l'intérieur de l'antre. Il revint vite avec la viande en main, l'animal sans peau ni viscères pour le faire cuir sur le feu présent. Je n'avais aucune raison de lui dire non, cela ferait toujours quelque chose dans l'estomac, et lui aussi, peut-être après un voyage, devait avoir faim. En tout cas, le loup l'était puisqu'il tentait de l'attraper comme il le pouvait.
Étrangement, ce que je vis me fit sourire, comme si sa banalité me sautait aux yeux et au cœur. Ce style de scène ne m'était que très peu familier, mais elle me rappelait qu'il était quand même nécessaire, au fond, de se mêler aux gens. Cette idée ne m'enchantait guère, et ce n'était pas pour guérir une misanthropie tenace, mais je savais d'autre part qu'à persister je finirai par mourir, seul. Pourtant d'un autre côté je me sentais bien, avec seulement Van à mes côtés. Il avait beau être un animal, c'était celui qui m'accompagnait depuis toujours et pour moi il était devenu un humain dans le corps d'un faucon. Échanger des regards et une complicité nécessitait-il constamment de le faire entre hommes? Je soupirai. Apparemment, des fois oui. Mais je me contentai de bien loger ma gorge sous la peau de l'ours, chaude et douce.
Le loup s'installa en couinant. Il attendait certainement sa pitance. Je me contentai de regarder les mains affairées de cet homme qui incarnait pour moi le seul humain depuis un long moment. Il n'avait rien dit de spécifique quand je lui avais annoncé les détails d'une fuite, s'il avait voulu ne serait-ce qu'une fois me faire quelque chose de mal, cela aurait été clairement facile pour lui et son loup. Je n'aimais pas constamment le dire, car pour moi c'était presque une évidence, mais je ne faisais le poids contre personne. Et ce n'était pas quelques flammes qui allaient changer ce fait.
-Vous venez de Vana, donc. Pourquoi vous a-t-on aidé à vous en échapper ? si ce n’est pas trop indiscret, bien sûr, vous n’êtes pas obligé de répondre à cette question. Simple curiosité.
Le loup se leva une nouvelle fois en essayant d'attraper la nourriture, mais rapidement il fut remis à sa place. Il devait avoir faim, avec cette odeur. Et je le comprenais d'une certaine façon. Mon estomac aussi, se mettait à danser avec les effluves de cette viande, aussi petite soit-elle. Mon interlocuteur avait attrapé le pain, et l'avait découpé pour le mettre à disposition. J'hésitai un moment. Je ne savais pas comment expliquer tout ça. J'étais sûr que d'une minute à l'autre il m'aurait posé la question, mais je ne m'étais pas fait de réponse toute prête, comme si au fond je ne m'y attendais pas. En vérité, j'avais aussi quelques trous de mémoire. Pas bien importants, je les retrouverai sûrement si je me concentrais et arrêtais de vivre comme un ermite. Mais à l'heure actuelle, je n'avais aucune envie.
Je tendis le bras pour attraper un nouveau morceau de pain, et le découpai doucement pour en tendre un bout à Van, puis m'en mettre un dans la bouche. La douceur du pain me surpris à nouveau, comme si je n'en avais jamais mangé. Ma salive était douloureuse dans ma mâchoire, mais je savourais chaque instant de ce met de choix que je prenais le temps de mâcher, puis d'avaler. Rapidement, mon ventre ne fit plus autant de bruit, et ma tête reprenait peu à peu ses esprits. Elle avait assez de nutriments pour pouvoir réfléchir et répondre comme il le fallait.
-Comment vous appelez-vous, au fait ?
Je fronçai un sourcil, puis retrouvai rapidement un visage normal. Je m'appelle Ludvig, de la famille Wilhjelm. Mais ça, je ne m'en souvenais que grâce à mon livre. Je tournai le regard vers celui-ci. C'était lui-même qui m'avait permis de ne pas perdre la tête trop longtemps, de garder ne serait-ce que l'origine de mon départ. Je regardai Van et il se mit à sautiller jusqu'audit bouquin, avant de le tirer au sol comme il le pouvait et de pousser un cri à la fin. Je hochai la tête pour le remercier et lui caressai le ventre, avant de lui tendre le dernier morceau de pain que j'avais en main comme récompense. Je pris le livre et l'ouvris. Les dernières pages, où j'avais pris le temps d'écrire le début de cette aventure, traçaient clairement mon départ de Vana, une partie du pourquoi de ce départ, puis ma fuite de la caravane. Une fois tout ceci rafraîchi dans ma tête, je soupirai et regardai l'homme face à moi.
-Wilhjelm. Wilhjelm Ludvig.
Dis-je de but en blanc. Je ne savais pas s'il connaissait les familles nobles ou autres, je ne savais pas si ce nom lui dirait quelque chose, mais je poursuivis mon explication comme je le pouvais, avec le peu de restes qu'il me restait dans la tête.
-Je viens de la famille Wilhjelm... nobles de Vana. Un homme est venu me chercher pour Midgard, mais il m'a aidé à fuir le convoi. Je ne sais pas pourquoi.
Mon regard était fixé sur le lapin. Je ne le regardais pas spécialement, mais le vide, comme d'habitude, pour réfléchir à cette fuite. Puis je me souvins soudainement de mon père, de ses attentes jamais récompensées, de ma mère qui ne s'occupait pas de mon sort, et de mes deux sœurs. Qui, elles, n'avaient jamais rien demandé non plus. Je fis une légère moue. Cela remontait petit à petit, tour à tour. C'était à cause de mon père que je n'aimais pas les autres, j'en étais presque certain. Le fantôme de mon frère heurtant constamment mes pensées. Puis cet homme dont je ne connaissais le nom, et qui m'avait sorti de cette misère. Je me souvins des plans, des tracés qu'il avait exécuté avec sa mine, puis de l'arrêt final et de cette fuite. Jusqu'à même la lumière qui entrait dans la roulotte. Je fronçai une nouvelle fois les sourcils et mis mes mains sur mes tempes. Cela faisait trop d'un coup. Je raclai un peu la gorge, secouai la tête et posai mon regard sur l'étranger devant moi.
-Je... c'était certainement aussi l'occasion de fuir mon père... qui m'utilisait pour ses desseins. Maintenant il n'est plus question de cela... je dois seulement fuir les gardes de Midgard, mais je ne sais pas pourquoi.
Je le fixai toujours, avant de donner un peu plus de feu au foyer, pour cuir correctement la viande. Une fois que je vis la teinte parfaite, je vins l'aider, en sortant un couteau de mon sac et venant découper doucement les morceaux de chair pour les disposer correctement sur un bout de tissu et lui en tendre.
-Et vous...? Votre nom?



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MessageSujet: Re: The Rise of a new flag [feat. Sven]   Mer 5 Oct - 21:50




Le tueur à gages regarda le rapace sautiller jusqu’à un livre et le ramener du mieux possible vers son maître, pépiant juste après. Un brin de sourire éclaira son visage. Il avait toujours apprécié le chant du faucon. Son regard se reporta cependant sur son interlocuteur, qui avait saisi le livre. Il s’interrogeait sur le pourquoi du comment mais ne demanda rien. Il y avait d’autres à questions à poser. Il suivit machinalement des yeux le mouvement d’ouverture du volume, ses yeux se posant sur les pages. Il n’arrivait pas à lire ce qui était écrit dans la pénombre de la grotte, et encore moins à l’envers. Il devinait quelques lettres ici et là, sans plus.
Et d’une main il tenait toujours Slavsia à l’écart du lapin qui rôtissait sur sa broche, au-dessus du feu. Il l’entendait couiner en continu, et lui caressait la tête comme pour la rassurer. Elle faisait la pauvre fille pour pouvoir chiper un ou deux morceaux de viande. Mais d’un côté, elle obéissait à son maître et se contentait de rester là, sans bouger, profitant du contact de la main humaine sur le haut de son crâne. C’était toujours quelque chose d’agréable, les caresses que le jeune homme lui faisait le long du cou, la manière qu’il avait de la grattouiller derrière les oreilles.

Et il attendait patiemment la réponse de son vis-à-vis en surveillant le lapin d’un œil.

« Wilhjelm. Wilhjelm Ludvig. »

Il releva légèrement la tête. Wilhjelm. Ce nom lui disait vaguement quelque chose. Il avait déjà dû l’entendre quelque part, oui, mais où ? c’était toute la question qu’il devait se poser. Où avait-il pu entendre ce nom-là ? Il s’était mis à cogiter sur la question quand le dénommé Ludvig reprit la parole. Il retint un sourire. Voilà où il avait entendu ce nom. La famille à la tête de Vana, c’était la famille Wilhjelm. Quant à savoir ce que leur fils faisait à des miles et des miles de son domaine, la réponse arriva rapidement. On l’avait aidé à fuir d’un convoi en partance pour Midgard. Voilà qui expliquait bien des choses, à part que le pourquoi de la fuite risquait de ne jamais parvenir à ses oreilles. Mais ce n’était pas vraiment ce qui lui importait.
Bien au contraire. Il en savait déjà suffisamment sur la famille Wilhjelm. Dans les bas-fonds des villes où les mercenaires et les tueurs de tous acabits osent se côtoyer sans presque jamais chercher à se tendre un piège, on discute de tout et de tout le monde avec les informateurs qui parcourent les rues et travaillent parfois en contact direct avec ce que leur jargon commun appelait « les cibles ».

Il continuait d’écouter, soutenant le regard de son interlocuteur. Wilhjelm, Ludvig. Une rencontre on ne peut plus singulière, surtout sous les neiges quasi-éternelles du nord. Mais d’un côté, il compatissait à sa situation. Un père utilisant son enfant à dessein personnel. Il avait été dans ce cas-là, et en fait, il y était toujours. Son père l’avait vendu au mercenariat avant même de savoir si son aîné serait un garçon ou une fille. Il s’abstint de soupirer ou de grimacer, le laissant s’occuper de découper le lapin pour pouvoir empêcher Slavsia de sauter dessus et aller le manger dehors, sous la neige.
Il remercia Ludvig d’un signe de tête et attrapa quelques morceaux de viande pour en donner deux à Slavsia, utilisant toujours la même technique. Il attendait qu’elle soit calmement assise ou coucher pour lui donner le morceau. Si elle commençait à se lever, il faisait mine de le garder pour lui.
Etonnamment, mademoiselle fut sage et ne bougea pas d’un cil quand il lui tendit sa part. De son côté il avait attrapé un morceau de pain et s’apprêtait à l’entamer avec un bout de lapin quand une nouvelle question apparut dans le silence de la grotte.

« Et vous...? Votre nom? »

Il fit doucement signe à Slavsia de se coucher, tout en répondant à Ludvig.

« Sven Lindgren. »

Il prit le temps de manger son pain et sa viande, sa main revenant se perdre dans la fourrure de Slavsia qui restait tranquillement lovée près du feu, profitant de la chaleur qui en émanait.

« Si vous avez déjà entendu parler de moi, à l’occasion, c’est normal. »

Un léger sourire se dessina sur ses lèvres.

« Avez-vous déjà eu vent d’une milice basée quelque part au bord des falaises du Plateau Nifhlheim ? »



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MessageSujet: Re: The Rise of a new flag [feat. Sven]   Mer 5 Oct - 21:51





Je n'avais pas mis beaucoup de manières dans ma question, mais je n'avais pas assez mangé, je ne m'étais pas assez impliqué dans cette civilisation pour parler comme avant, comme un noble se devait de communiquer. Surtout, je n'en avais pas la tête. J'avais déjà terminé que le loup commençait à manger tranquillement, sûrement satisfait, et laissai donc cet homme prendre la viande qu'il voulait. Cela faisait quelques lamelles assez conséquentes, mais si trop peu. Je m'assis et pris également un morceau de pain avec pour manger les deux, donnant un morceau de viande à Van qui ne s'attarda pas à le dévorer.
Sven Nifhel.
J'attendis un moment avant que ce nom ne ricoche dans mon crâne. C'était cette sensation de déjà-vu sur la scène qui me prit de cours, et j'avouerais que je mis quelques secondes à réagir. Sven Nifhel, ce n'était pas un nom du sud. Enfin, depuis que j'étais petit, je n'avais pas vraiment entendu de noms de ce genre. Mais il me semblait que, dans un passé lointain où les cours de mon père me pourrissaient l'existence, il y avait eu un nom de ce genre. Peut-être une similitude? C'était possible. Il était facile de se tromper avec tous ces noms qui défilaient sans cesse dans les cours d'histoire et de relations sociales. À présent, pour moi, tout cela n'avait plus d'importance.
Je fis non de la tête tout en mâchant un morceau de viande avec un bout de pain. Je pris mon temps pour manger, de façon à ne pas me retrouver le ventre gonflé. Non, je ne connaissais pas tout ça. Pour les deux questions, si la première en était une. Ou alors peut-être avais-je oublié, déjà que j'étais sur le point d'oublier mon prénom. C'était fort possible. Une milice? … je cogitai tout de même pendant un moment, les sourcils froncés. S'il y avait ce genre de groupes dans ce monde, et cela j'en était d'une certaine façon assez sûr, je n'en avais jamais vu dans mes cours, ni dans mes livres. Être enfermé dans une pièce du palais presque toute une existence renfermait ses connaissances. Moi-même je le savais.
-Hm... votre nom me dit quelque chose. Mais... ça fait longtemps que je suis parti... j'ai déjà du mal à me souvenir de mon nom alors bon. Désolé.
J'essayai tout de même de réfléchir, au fur et à mesure que je parlais et mangeais ce festin. Car pour moi c'était plus qu'un festin, depuis des jours voire des semaines. Je voulais retrouver cette lucidité que j'avais certainement auparavant, et réfléchir tranquillement pour répondre de manière appropriée. Mais j'avais beau faire, je ne me souvenais pas d'une quelconque milice, ni même de son nom. Peut-être que plus tard cela refera surface? Pour moi en tout cas, rester parmi les livres de magie n'avaient pas fait que du bon. Surtout du mauvais. Et je constatai avec grand peine que ce n'était pas utile pour le cas actuel. Je terminai ce que j'avais dans la bouche, avalai tranquillement.
-Je séchais la plupart des cours de politique... et nous n'avions pas beaucoup de cartes du nord... même pas du tout. Je crois.
Les souvenirs se faisaient flous, mais je me rappelais concrètement la conversation que j'avais eu avec l'homme de la roulotte. Je me rappelais de la carte que je lui avais passé, la plus complète de toute, et il m'avait dit qu'elle était trop petite, qu'elle n'englobait pas le monde. Cela m'avait surpris, et je dois dire que le monde m'était encore inconnu. Je penchai la tête alors, après avoir pris un nouveau morceau de viande pour le tendre à Van. Le faucon poussa un nouveau cri, plus doux, pour appuyer sa satisfaction, avant d'attraper la viande et de la gober, littéralement.
-Pourquoi?.... vous.... vous en faites partie?
Oui, j'avais beau avoir oublié nombre de choses, je n'étais pas non plus idiot. Je pouvais rapidement faire le lien... quand je le voulais. Mais si cette personne me disait cela, c'était également avec un but. La seule chose que j'espérais, c'était qu'il ne me tue pas pour avoir dit tout cela. Ou même après avoir su qui j'étais et que j'avais fui. Je ne savais même pas s'il connaissait ma famille, mais si jamais c'était le cas, j'étais peut-être perdu.
Je me retins de hausser les épaules, sans pour autant détourner mon regard de lui. S'il y avait bien des personnes étranges en ce monde, incarnant la mesure et la démesure à la fois, je pouvais bien l'y classer, lui. C'était comme si je pouvais l'attendre, tout en tentant toujours de le toucher. Un cercle que je n'attribuais souvent qu'aux personnes de haute estime. Mais en vérité, plus que Sven Nifhel, accompagné d'un loup et d'un cheval, une miche et un couteau, qu'était-il, lui? À se promener près des bois, avec plus d'un mètre de neige?



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MessageSujet: Re: The Rise of a new flag [feat. Sven]   Mer 5 Oct - 21:52




En général ceux qui connaissent son nom veulent sa peau.
Et ceux qui s’en rappellent un jour dans leur vie préfèrent l’oublier.

Mais il ne le dira pas. Il ne dévoilait jamais ce genre de détails. Ça faisait partie de lui-même. Sa main s’arrêta dans la fourrure blanche de Slavsia et son sourire s’élargit un peu plus. S’il en faisait partie. Oh oui. Ses doigts se remirent à grattouiller doucement le cou de la louve, en douceur. Qu’est-ce qu’un tueur à gages comme lui faisait en pleine nature, en pleine tempête de neige qui plus est, avec une louve, un cheval et du pain ? C’était probablement la question que Ludvig se posait. Il devait également s’en poser d’autres. Plein d’autres.
Mais et lui, alors ?
Slavsia se leva et s’écarta, sortant de la grotte pour aller se perdre dans la nature et la neige, en bonne louve du nord qu’elle était. Lui, il fixait toujours Ludvig, cherchant les justes mots pour annoncer la vérité au jeune homme.

Il n’avait pas besoin de passer par quatre chemins, ça allait de soi. Et de toute manière, il n’avait pas l’intention d’utiliser cent cinquante tournures de phrases pour arriver au but après de longues minutes de tergiversations. Ça ne servait à rein. Strictement à rien.

Autant y aller franchement.
Il souriait toujours, les yeux rivés sur Ludvig.

« J’en suis le chef. »

Entre la neige et la neige, que préférez-vous ?



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