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 #I became a Monster

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CIVIL
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DATE D'INSCRIPTION : 23/08/2014
GRADE/MÉTIER : Seigneur d'Ulfdalar

MessageSujet: #I became a Monster   Ven 14 Oct - 10:04



# I BECAME A MONSTER



Des bottes noires, un attirail de vêtements en meilleures matières tout scintillant, et une couronne d'argent qui ceignait son front, il n'y avait pas que cela qui fit taire l'assemblée de nobles, les yeux rivés sur l'entrée. Les portes s'étaient ouvertes à nouveau sous l'annonce du héraut.

"Le Seigneur d'Ulfdalar, Eärior Von Græntlauf."

Et le silence de peser lorsque sa silhouette, grande et prestigieuse, s'avançait dans l'allée, tenant une canne à la main. Ses cheveux blonds suivaient ses mouvements, gracieux, tandis que ses yeux d'un bleu transcendant restaient fixés sur le roi et sa famille, au fond de la pièce, le roi sur le trône entouré de sa famille. Les meilleurs guerriers l'avaient accompagné, en deux lignes droites de chaque côté de lui, ils marchaient à la même allure que leur seigneur en faisant attention aux moindres gestes qu'il faisait, s'arrêtant lorsque le seigneur interrompit sa marche.
Les murmures atteignirent la foule du gratin. Tout le monde avait depuis longtemps oublié l'existence de ce seigneur – plus ou moins, et personne ne se souvenait d'une telle allure, d'une telle prestance. Il rayonnait si bien de ce sourire fin éclairant son visage, que le roi se retrouvait effacé devant tant de magnificence. Et lui, il le savait, alors qu'il inclinait bas la tête, mais pas aussi bas que les autres.

Votre Majesté.

Salua-t-il d'une voix suave qui excita rapidement l'assemblée,

Eärior Von Græntlauf, Seigneur des Contrées du Nord et d'Ulfdalar. Je viens également au nom du chef des Rakennus. Nous sommes à votre service.

Sa tête se redressa, ses pupilles se dilatèrent. Il n'y avait pas plus beau, pas plus délicat. Les hormones s'activèrent dans la troupe féminine, qui se demandait déjà comment une telle créature avait pu lui échapper. Les hommes, eux, quoique charmés par l'apparence et étrange tenue d'un tel homme de stature, comprirent que le danger de ce seigneur reposait sur ce physique et ces paroles. Mais ils ne s'attendaient certainement pas à devoir se confronter à un soldat bien plus puissant qu'ils ne pouvaient l'imaginer.

Seigneur Von Græntlauf! Nous sommes si heureux de vous voir, cela fait bien longtemps! J'espère que vous vous sentirez bien parmi nous!

C'est trop d'honneur, Votre Majesté,

feignit-il en s'inclinant légèrement, ses soldats de s'inclinant plus bas que lui, avant de se relever.

J'espère vous apporter un tant soit peu mon... aide.

Le Roi ne releva rien et lui sourit poliment, le laissant retourner à sa place, la place tant convoitée de tous, mais que seul le Seigneur du Nord avait droit d'occuper, en face du Conseiller de Sa Majesté. C'est que les plus dangereux devaient rester proche du roi pour qu'il puisse les surveiller, n'est-ce pas?

Après sa venue, car tous les Seigneurs étaient déjà là – Eärior ayant arrangé la chose pour arriver en dernier et faire impression sur la cour, les cuisiniers et domestiques installèrent partout sur les tables les mets de choix, et servirent gracieusement les boissons. Un domestique fit le tour pour servir en boisson chaque Seigneur, mais une grimace atteignit le visage magnifique d'Eärior lorsqu'il trempa ses lèvres dans l'alcool rouge de son verre.
Sans plus de formalité, il lâcha le verre au sol, qui, en plus de se briser, répandit le vin dans un fracas retentissant. Les visages se tournèrent d'autant plus sur lui, le roi semblait questionner du regard le contrevenant. Tout souriant, le Seigneur fit mine d'être surpris.

Veuillez excuser Sa Majesté pour ma maladresse... Il m'avait semblé oublier un présent que je vous avais apporté, et voilà que j'ai laissé tomber ce malheureux verre!

Il tendit le bras vers l'entrée de la pièce, et plusieurs soldats de sa maisonnée apportèrent des tonneaux remplis de vin, un vin de luxe. Un vin du nord. Et quelle ne fut pas l'expression de tous lorsqu'ils surent que le vin d'Ulfdalar se trouvait dans les tonneaux.

Je vous prie, acceptez ce présent.

Dit-il faussement en s'inclinant. Après tout, il ne s'intoxiquerait jamais à boire un vin de si basse qualité. Du moins, pas en sa présence.
Le Roi le remercia, surprit mais appréciant le présent, avant que tout le monde ne fête cette réunion. Une fois resservi, son sourire s'estompa pour montrer la glace blanche qui recouvrait ce visage de marbre. Le Seigneur du Nord en avait déjà plus qu'assez. Autour de lui, hypocrisie et puanteur. La crème des crèmes n'était rien d'autre qu'une couche de gras sur un porc mal cuit. Et c'est en buvant son vin qu'il se complût à écouter les voix des uns et des autres. Non, pas leurs dialogues... leurs pensées. Cela était beaucoup plus drôle. Et plus utile.
Midgard était un séjour qu'il n'appréciait guère, mais il pourrait un jour faire usage de ce qu'il savait pour ses propres affaires. Un sourire ceignit à nouveau ses lèvres. Il les trempa dans son vin. Silencieusement.


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MessageSujet: Re: #I became a Monster   Ven 14 Oct - 10:07




Il grava le nom de cet intriguant personnage dans un coin de son esprit. Il n’en avait encore jamais entendu parler, et cette intimidante silhouette avait largement de quoi l’intriguer. C’était la première fois qu’il voyait quelqu’un de cette allure. Mais comparé au reste du gratin en présence, il n’était pas compliqué d’avoir l’air plus noble que noble. Un vague sourire se dessina sur son visage, et il regarda cet inconnu s’approcher du roi. Il était installé juste à sa droite, silencieux, comme invisible. Personne ne faisait jamais vraiment attention à lui, de toute façon. Il naviguait dans les ombres de la cour, ne daignait se montrer que lorsqu’il jugeait le moment opportun.
Il comptait s’éclipser discrètement avant la fin même de la soirée.

Mais c’était avant que cet énigmatique personnage ne pénètre dans la salle inondée de la lumière des torches et des chandelles, envahie par les tables et le monde qui s’y entassait. Cette personne ajoutait une légère touche de couleur à une énième soirée, mondaine et amère, comme toutes celles qu’il détestait tant.
Il ne dérangea pas les paroles que ce seigneur venu du nord échangea avec le roi. Il se contenta d’écouter sans en avoir l’air, faisant mine de s’intéresser à quelque chose d’autre dans cette salle, cette lourde tapisserie qui décorait un des murs près des portes.
Mais toute son attention était déportée vers cet homme qu’il ne connaissait pas et qui l’intriguait profondément. Il avait une impression étrange à son sujet, mais ne parvenait pas à mettre des mots dessus. Quand il l’entendit s’éloigner de la table, il reporta son regard sur cette silhouette inconnue qui commençait à se graver dans sa tête. Il avait besoin d’en savoir plus à son sujet, et ne se gêna pas pour l’observer, détournant à peine le regard quand l’autre pouvait se sentir observé.

Restait là, silencieux, ignorant ce qu’on pouvait bien lui dire, ce que le roi pouvait avoir à lui dire. Il était absorbé par les faits et gestes de cet inconnu débarqué des plaines éternellement recouvertes de neige du grand nord. Il ne fit pas plus attention au vin qu’on versait dans son verre ni aux plats qui arrivaient des cuisines. Bientôt, les gens se mettraient à bouger. Les discussions se feraient de plus en plus fortes.
Et on ne s’entendrait plus. Ou plutôt, on ne l’entendrait plus parler s’il décidait d’aller à la rencontre de cet homme. Celui venu du nord. Celui qui venait de lâcher volontairement son verre qui tinta sur le sol, éclatant en mille morceaux. Son sourire s’élargit. C’était un geste parfaitement volontaire, mais le reste du gratin n’y avait vu que du feu.

Maladresse. Lui, il n’y croyait pas. Il avait parfaitement vu la grimace dégoûtée qui avait pris possession de ce visage de marbre l’espace d’un instant, il avait parfaitement vu les doigts lâcher le verre sans plus de cérémonie, mais il ne dit rien. Il se contentait de sourire.
Les gens sont vraiment aveugles, pensa-t-il. A moins que le reste du monde n’ait vu la même chose que lui mais n’en ait cure. Il ne comptait pas passer son temps à creuser la question. Il regarda les gens s’agiter à la vue des tonneaux qui arrivaient. Un présent. Il en doutait. C’était surtout, pour ce seigneur, une opportunité de montrer ce qu’il avait de plus que la cour de Midgard. Cette attitude ne lui déplut pas, au contraire, il la trouvait amusante.

Et le monde se mit à bouger. Les gens allaient vers les gens. Les discussions prenaient de l’ampleur, tout le monde parlait de tout le monde. Un soupir lui échappa. Il détestait ce genre de soirées. Toujours les mêmes attentions, toujours les mêmes intentions, toujours les  mêmes préoccupations et toujours la même hypocrisie gluante qui envahissait l’espace de la salle, rétrécie par les tables et les chaises installées à la va-vite toute la journée, ne laissant de passages que près des murs, devant les portes et à l’accès aux cuisines.
Il regarda doucement la famille Tyvalar se séparer. Le roi aller vers les gens. Aisleen emmener sa fille dans sa chambre. Les jumeaux s’éclipser l’air de rien. Et Rorik, comme d’habitude, aller de table en table pour goûter tout ce qui s’y trouvait.

« … Irrécupérable. »

Il finit par décider de reporter son attention sur le maître d’Ulfdalar. Son sourire avait disparu, et son visage était pour le moins inexpressif. Rien d’étonnant, quand on savait que ces soirées étaient surtout là pour se faire connaître.
Il n’avait aucun intérêt à vouloir se faire connaître. Il était bien, dans sa bulle de tranquillité, écrasé sous la paperasse et l’ombre du roi, continuellement suivi par celle d’Aisleen. Et le sourire du seigneur revint, ce qui l’intrigua encore plus. Et il y avait toujours cette impression. Elle était revenue. Beaucoup plus forte. Quelque chose d’assez indéfinissable. Une sensation un peu peureuse. Comme si on essayait de déterrer ses secrets. Son visage se ferma le temps de réfléchir, puis un sourire revint s’y dessiner. Il se leva et s’approcha silencieusement de la table du seigneur, restant dans le dos de celui-ci, il se pencha assez pour pouvoir lui parler à l’oreille.

« Sortez de ma tête, je vous prie. Vous n’y trouverez pas grand’chose d’autre que tous les soucis actuels de la cour. »

Il connaissait cette sensation. C’était celle de la magie à l’œuvre.



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MessageSujet: Re: #I became a Monster   Ven 14 Oct - 10:09




Le susurrement de ces paroles intrigua le seigneur assez rapidement, les yeux légèrement écarquillés, les sourcils relevés. Un sourire finit par orner ses lèvres, il pencha doucement la tête sur le côté et délaissa un instant ses lèvres de sa coupe de vin. Il s'était levé.

-Voilà un atout si rare pour une personne de la cour que de connaître un tel artifice.

Il attendit un instant avant de se retourner totalement vers ce nouvel inconnu, sorti des profondeurs de la foule. Il se souvient l'avoir vu au côté du roi, le Conseiller disait-on. Et ce ne devait pas être n'importe qui pour avoir connaissance de la magie. En tout cas, à part la princesse. Mais le seigneur n'était pas quelqu'un de mal poli. En tout cas pas avec les connaisseurs. Agréablement surpris, peut-être parce que cette soirée l'ennuyait fortement et que son passe-temps se résumait seulement à fouiller dans la tête de pintades, il inclina la tête en fermant les yeux, un signe de respect que rares sont ceux qui le reçoivent de sa part. Ses longs cheveux suivaient le mouvement de sa tête.

-Eärior Von Græntlauf, Seigneur d'Ulfdalar. Enfin, je suppose que vous en avez entendu parler tantôt.

Il sourit à nouveau, redressant délicatement la tête, lui tendant un verre de vin que son domestique personnel lui avait tendu juste avant pour le Conseiller.

-Sire... Loki, si je ne m'abuse? N'ayez craintes, cette information ne m'a pas été communiquée au travers de ce … sort. Vous êtes connu, même à Ulfdalar, vos qualités vous précèdent. Et apparemment, vous êtes bien plus doué que ce que l'on en dit.

Lança-t-il alors, faisant allusion à la magie. Il était bien rare toutes ces personnes ayant cure de la magie comme d'un atout indispensable. Qui serait capable même de la détecter? Personne. Seuls les maîtres de la magie pouvaient s'en vanter. Et la cour avait bien raison de la craindre lorsqu'elle en était alertée. Eärior tendit sa main pour désigner sa table. Déjà, les autres nobles papotaient entre eux et s'étaient attardés à d'autres tables en voyant l'intérêt que portait le seigneur d'Ulfdalar pour le conseiller, s'éclipsant en pensant certainement que leurs rangs étaient au-delà même du niveau de la cour. Pour cette dernière, ils paraissaient certainement comme inatteignable. Et pour dire vrai, Eärior était assez content de cet effet, lequel lui empêchait de rester avec les autres.

-Je vous en prie, installez-vous à ma table. Ils me sont rares ces moments où je peux converser à plus intelligent qu'une basse-cour.

Il n'avait pas chuchoté ces mots. Peut-être cela blessera-t-il quelques uns. Mais à Ulfdalar les gens étaient réputés aussi froids que leur région, et ce n'était pas son seigneur qui allait se montrer plus réchauffant. D'ailleurs, certains commencèrent à casser du sucre sur son dos. Malheureusement cela ne dura guère longtemps. Eärior était autant physiquement qu'au niveau de son aura une personne des plus attirantes qu'il soit. Un peu comme les méchants dans les contes de fée. Ce qui est mauvais est attirant. Alors ils se turent et finirent par discuter de cette attirance.

-Racontez-moi de vous-même, Sire Loki. Je ne veux pas le trouver moi-même. J'aimerais vous entendre parler et cela me permettra d'échanger au moins pour une fois à Midgard!

Dit-il en se moquant, se rasseyant par la même occasion à la suite du Conseiller, faisant signe de main pour que son domestique le resserve en vin. Ses yeux bleus, incroyablement perçants, se posèrent sur Loki, évitant d'utiliser sa magie. Par la même occasion cela lui permettait de se reposer.

-Depuis quand êtes-vous sur la capitale?

Lorsque son verre fut plein, il l'attrapa de ses doigts fins et le porta aux lèvres. Son domestique le servit à l'assiette durant leur discussion.


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MessageSujet: Re: #I became a Monster   Ven 14 Oct - 10:12




Il entendait le sourire dans la voix de son interlocuteur, et le sien restait tranquillement installé sur ses lèvres. Il joignit ses mains dans son dos, reculant légèrement pour que le seigneur d’Ulfdalar puisse se retourner, et le considéra de plus près qu’il n’avait pu le faire jusqu’ici. Il avait des yeux bleus comme la glace qui recouvre les plaines du nord sitôt le soleil tombé. Et dedans brillait une petite lueur qu’il connaissait bien, pour la voir tous les jours dans le reflet que lui renvoyait la glace de sa chambre.
Dans ses yeux brillait la même lueur.

« Il eut fallu être sourd et aveugle pour ne pas vous remarquer ni vous entendre, monseigneur... »

Avec lui, il commença à faire comme tout le monde. Il commençait par le flatter. Mais le seigneur d’Ulfdalar était peut-être la seule personne pour qui ces cajoleries étaient un tant soit peu sincères. Il était vrai que pour ne pas remarquer cet intriguant personnage, il aurait fallu ne pouvoir ni voir ni entendre. Il n’avait pas eu une entrée des plus discrètes, et ce bien volontairement. Mais quelle classe, pour une entrée. Une simplicité bien menée pour une arrivée au milieu du gratin où l’opulence s’acoquinait le plus souvent avec l’ignorance jusqu’à la vulgarité.
Il acquiesça d’un vague signe de tête à la question à peine posée du seigneur du nord, tout de même rassuré que son nom ne fut divulgué que par une réputation qui n’en finissait pas d’aller et venir de villes en villes. Au fond de lui-même, il avait peut-être peur de ce que cet Eärior pouvait trouver dans son esprit. Des souvenirs qui n’auraient rien à y faire pour quiconque ne connaissant pas toute l’histoire. Des idées qui pourraient sans doute soulever bon nombre de questions. Mais il préférait ne pas y penser, acceptant le verre qui lui était offert et refermant doucement ses doigts sur la surface tiède du métal.

« Je n’ai que de bien piètres connaissances de la magie. Je sais ce qu’elle peut faire, et la reconnaître si besoin est, mais… »

Il passa doucement sa main au-dessus d’une chandelle, éteignit la flamme en souriant un peu plus. Il avait eu maintes et maintes fois le temps de perfectionner ce petit tour, seul dans sa chambre, en attendant le sommeil qui ne voulait pas venir. C’était tout ce qu’il était bien capable de faire. Toutes ces sensations étranges que laissait la magie, elles ne revenaient que par petits morceaux qui lui échappaient sitôt qu’ils étaient réapparus.

« Je ne suis hélas pas capable de grand’chose en la matière. »

Pas encore.
Plus maintenant, mais bientôt sans doute, serait-il de nouveau capable de faire ce qu’il avait toujours fait. Il avait toujours été doué pour la magie. Il avait toujours été doué pour mentir.
Il s’installa à la table d’Ulfdalar, acceptant par ce biais l’invitation que le seigneur lui faisait. Il commençait doucement à apprécier le personnage, qui dénotait largement dans le décor gluant de la cour et de ses manières exagérées. L’air de rien, il écoutait les quelques conversations qui tournaient autour de l’étrange duo qu’ils formaient. Il retint un ricanement, en pensant qu’on avait déjà déclenché des guerres pour beaucoup moins que des paroles en l’air. Mais c’était une réplique qu’il réservait plutôt à Aisleen.
Il sourit un peu plus, considérant le seigneur d’Ulfdalar.

« Je vois que nous partageons le même ennui pour les initiatives de ce genre. Je trouve, personnellement, que ce genre d’endroit et d’occasions ne servent pas à grand’chose de plus que montrer ce que l’on possède. »

Pour sa part, il ne possédait rien de plus que les quelques souvenirs qui lui revenaient de temps en temps, il ne possédait rien de plus que son habileté à se fondre au milieu de la foule et à toujours se mettre du bon côté de l’opinion, même s’il laissait cette aimable facette s’effacer de temps en temps. A la cour, il n’y avait pas de secrets, il soupçonnait même le roi de savoir que son conseiller ne faisait rien d’autre que s’ennuyer aux soirées mondaines.

« Je suis arrivé il y a environ quatre ou cinq mois, je ne saurai vous donner de date exacte, malheureusement. Je peux juste vous dire que j’ai eu énormément de chance d’être arrivé là où je suis à présent. »

Conseiller depuis aussi peu de temps. N’importe qui se poserait des questions. Surtout Aisleen. Sans doute le roi. Sûrement le reste du gratin. Mais personne n’aurait le réponses de si tôt, lui-même ne sachant pas expliquer le pourquoi il était revenu. Et qui s’en soucierait, de toute façon ? Personne ne tiquait à son nom. Tout le monde avait oublié.
Ils devaient juste se demander comment un garçon de ferme pouvait en être là où il en était.

« Je crains, hélas, qu’il n’y ait pas grand’chose de plus à dire sur moi. Mes parents m’ont donné toutes les cartes pour que je réussisse, même s’ils ne sont plus de ce monde. »

Ce n’était qu’en partie vrai.
Ses parents n’étaient plus de ce monde. C’était sans doute la seule certitude qu’il avait quant à son passé. Pour le reste, de la chance et de la magie de débutant avaient suffi.

« Mais parlez-moi plutôt de vous, je n’ai pas encore eu l’occasion d’aller vers le nord, et l’hiver approchant il va sans doute falloir que je remette ce projet au dégel du printemps prochain. »



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MessageSujet: Re: #I became a Monster   Ven 14 Oct - 10:14





Son tour l'avait bien conforté sur le fait que cet homme n'était pas n'importe qui. Après tout pour pouvoir savoir gérer des flammes, il fallait également savoir gérer beaucoup de choses à côté. Il les considéra simplement avec sérieux et un sourire fin sur les lèvres ainsi qu'on le voyait souvent esquisser. Les yeux du seigneur étaient plus qu'intéressés. Peut-être même passionnés par la magie et d'autant plus quand les utilisateurs avaient quelque chose de plus que les autres, quand ils pouvaient prouver leur savoir. Ses sourcils cependant se haussèrent lorsqu'il apprit que le conseiller ne venait d'arriver que depuis 5 ou 6 mois, ce qui faisait un rang plutôt bien élevé à la cour pour quelqu'un qui était tout récent dans le domaine. Mais à voir ses talents, il était certain que le roi n'aurait pas pu passer à côté de cela.
Non vraiment, il était rare de trouver avec qui converser et avec qui partager les mêmes opinions. Alors si cette personne avait les qualités requises pour son poste, rien ne pouvait être meilleur pour le seigneur d'Ulfdalar.
Le vin avait un goût fruité. Il s'en complut, préférant déguster les produits venant de sa région plutôt que de brûler la gorge avec ceux de Midgard. S'il y avait bien des choses qu'il détestait ici, outre les membres de la cour, c'était leur vin et leur pain. Heureusement qu'ils ne produisaient pas à l'exportation, car ils auraient pu tuer bon nombre d'acheteurs. Celui du nord avait plusieurs particularités : il était produit par les hommes du palais du seigneur de Græntlauf, il était produit directement des produits de la nature et dans la nature, et en plus de ça ils étaient fabriqués sur le long terme avec des années et des années de macération. Un bon vin n'était jamais produit à l'heure ou à la minute près, pas même pour la semaine suivante. Cela donnait des choses âpres et de très mauvais goût, ne servant qu'aux soirées arrosées pour les ivrognes. Et encore.

-Eh bien, je dois dire que vos parents doivent être bien fiers de vous, vous avez réussi l'exploit que tous doivent vous envier à présent!

Dit-il avec beaucoup de calme après avoir bu une gorgée de son vin.

-Après tout, vous êtes un homme de valeur pour avoir réussi à avoir ce poste. Et je pense très personnellement au vu de ce que j'entends, que vous êtes la seule personne apte pour une telle tâche. Les dieux seuls savent ce qui adviendrait de ce monde s'il n'y avait que le roi, sa famille et le gratin.

Cette dernière phrase, étrangement, il la prononça à voix basse, préférant tout de même ne pas pousser le bouchon trop loin niveau mise en scène. Il était très insolent, mais pas au point de se faire jeter de la cour. Pas de suite en tout cas. Pas de cette façon. Sa mise en scène pour la fermeture des rideaux, il y travaillerait avec panache. Un sourire plus mesquin à l'encontre de tout ce qui les entourait, se dessina avec raideur sur son visage pâle et dénué d'attention. Quoique l'on pouvait tout de même qualifier ce visage de dénué d'attention envers ce qu'il n'appréciait pas.

-Mais en effet, le nord est à présent recouvert de son manteau blanc, et si vous n'appréciez que très peu le froid je vous le déconseille très fortement! Après tout, les dizaines de mètres de neige ne peuvent que conforter à l'état des paysages là-bas!

Lança-t-il dans l'amusement, avant de poursuivre.

-C'est pourtant un beau monde et un beau peuple qui se trouve en ces terres, je vous le garantis. En plus d'être éloigné des problèmes, je peux me prélasser. Ce qui, vous êtes bien d'accord, est devenu un luxe en ces temps incertains. Du moins, pour l'instant.


Attrapant de deux doigts un gâteau qui semblait pour lui comestible, il l'avança à ses lèvres pour le déguster, mais à ses sourcils froncés on comprit rapidement le goût très peu convenable à son palais.

-Vous devriez venir au printemps et en été, les terres sont évacuées de tout problème et vous pouvez même assister à des chasses à cour. Je serais bien ravi de vous ouvrir les portes, et ce, à n'importe quelle occasion.

Dit-il en inclinant la tête dans un respect non exagéré, rarement aussi sincère, un respect qu'il ne daignait éprouver personne et qui engendra de nouveaux chuchotements au sein des groupes autour d'eux, qui les guettaient pour avoir les miettes.

-Enfin, pour le peu que j'ai à vous raconter de ma pauvre existence de Seigneur, je n'ai malheureusement pas grand chose à étaler à la vue de tous. Par contre, je serais ravi de même de discuter avec vous en salon privé, si votre curiosité vous pousse jusque-là!


Ce ne fut pas qu'un simple sourire qui avait peint à nouveau son visage, ce fut tout aussi un regard éloquent qui en disait long sur le sujet. Bien entendu qu'il ne dirait rien devant tous ces hommes et toutes ces femmes avides de pouvoir. Il ne parlerait ni de sa famille, ni de son palais. L'occasion était trop bonne pour eux de s'en approprier l'information, et s'il y avait une chose qu'il voulait éviter, c'était que tout le monde sache qu'il avait un fils.



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MessageSujet: Re: #I became a Monster   Ven 14 Oct - 10:15




Un pauvre sourire se dessina machinalement sur ses lèvres. Ses parents. Avait-il seulement eu des parents ? Pour le reste du monde, c’était évident, il n’avait pas pu apparaître comme ça au fin fond de nulle part, il avait forcément eu des parents, une enfance, il avait forcément grandi jusqu’à devenir un homme adulte. Pourtant, la réalité n’était pas tout à fait pareille. Il avait bien eu des parents, il y a plus que très longtemps, lesquels étaient d’ailleurs forcément morts, depuis le temps, et il se rendait compte qu’il n’avait aucun souvenir d’eux. Quand le monde était encore différent, quand il n’était pas encore rien qu’un homme parmi tant d’autres, il ne se souvenait pas d’avoir passé du temps en compagnie de ses parents.
Il avait grandi seul. Il avait appris tout ce qu’il avait pu savoir, seul. Il avait appris à se battre seul. Il avait appris à semer la discorde seul. Il avait appris à observer, seul dans son coin, en planifiant la prochaine entourloupe qu’il allait pouvoir servir à ses pairs.
Il finit par revenir sur terre parce qu’il s’était un instant perdu dans ses pensées. Le seul avantage qu’il en tirait était cet air à moitié absent à moitié chagriné qu’il était capable de figer sur son visage le temps de. Comme s’il avait eu l’air de penser à des parents qui auraient existé pour élever un enfant.
Même son sourire avait disparu.

« S’ils étaient encore en vie, oui, sûrement… »

Et puis son sourire revint doucement. Les dieux seuls savent. Mais les dieux n’étaient plus de ce monde depuis longtemps. Même lui n’en était plus un, il n’était rien de plus qu’un homme qui naviguait parmi tant d’autres, un homme juste plus doué que la normale pour mentir et se fondre dans la masse, un homme à la mémoire jalonnée de vides béants qui laissaient toujours la même sensation amère de doute au fond de son cœur, un homme qui savait simplement éteindre et rallumer une chandelle quand il s’ennuyait le soir, seul dans sa chambre, entouré de toute la paperasse que sa condition de conseiller mystère pouvait bien lui laisser.

Et le seigneur du nord se mit à parler de ses terres, déjà recouvertes par la neige. La fin de l’été n’était même pas encore annoncée à Jötunheim que les terres par-delà Fjallar étaient déjà recouvertes d’une épaisse couverture blanche. Il sourit doucement. La neige l’avait toujours fasciné, dans un sens. Elle était tellement belle, toute de blanc vêtue, tellement pure. Et tellement mortelle. Un homme perdu dans la neige n’avait pas grandes chances de survivre, surtout pas la nuit tombée quand la neige devient de la même couleur que le ciel, presque noire, et laisse l’air ambiant décider du sort des pauvres hères qui peuvent encore marcher après le coucher du soleil.
Il opina doucement du chef, écoutant toujours attentivement son interlocuteur venu d’ailleurs. Souriant doucement, il réprima un petit rire mais ne se gêna pas pour lancer un regard frisant le mépris au reste du gratin qui évoluait autour d’eux sans sembler se préoccuper de leur présence.

« Vous n’avez pas idée de la chance que vous avez d’être loin de… tout ça. Rien que le fait de devoir organiser un événement de cette taille demande de donner presque tout son temps et toute son énergie, et c’est sans compter, bien sûr, sur les nobles déjà présents qui veulent mettre leur grain de sel dans l’histoire… »

Et puis son sourire se fit un peu plus sincère, un peu plus aimable, et il reporta son regard sur Eärior.

« Eh bien, en ce cas, dès que j’aurai la chance de pouvoir me débarrasser de ce qui me colle agréablement aux basques, si vous me passez l’expression, je serai ravi de venir jusqu’à vous. »

S’éloigner de Midgard. Du roi et de ses soirées. De Rorik. Et surtout d’Aisleen. Même pour un temps infiniment court, même pour quelques semaines à peine, quelques jours s’il s’en faudra. Rien qu’à l’idée qu’il allait pouvoir s’éloigner de toute cette foule suffisait à rendre la soirée plus agréable.
Son sourire s’élargit à l’entente des mots « salon privé ». Lui non plus n’avait pas plus envie que cela de rester au milieu de la foule, à la merci de la moindre oreille trop indiscrète, de l’œil trop curieux. Et toutes les autres salles du château étaient désespérément vides pendant cette fête qui n’en finirait sûrement pas avant que l’aube ne commence à poindre. Il fit doucement tourner son verre entre ses doigts, plantant son regard dans celui d’Eärior. Pour quelques secondes, il laissait tomber son masque.

« Ma curiosité ne trouvera que les limites que vous lui poserez, j’en ai bien peur. »

Il haussa ensuite les épaules, l’air de rien, et adressa un regard à l’ensemble du gratin. Jusqu’ici, personne ne s’intéressait de nouveau à eux, ils avaient tout loisir de disparaître quand bon leur semblait. Il n’y avait qu’Aisleen dont il fallait réellement se méfier, et c’était elle qu’il cherchait des yeux, au milieu de la foule. Il finit par la trouver. Occupée à protéger sa fille, Gala, comme à chaque fois que la pauvre gosse était larguée dans cette fosse aux serpents.
Elle n’avait pas encore remarqué leur étrange duo. Autrement, elle aurait déjà tourné la tête vers eux, voire se serait approchée. Un soupir de soulagement lui échappa. Pour l’instant, ils étaient définitivement tranquilles.

« Suivez-moi. »

Il se leva, tenant toujours son verre, et guida le seigneur des terres du nord hors de cette grande salle étouffante, à travers les couloirs, toujours en regardant dans son dos pour s’assurer que personne ne les avait vus et que personne ne les suivait.
Il finit par arriver devant une porte à double-battant. Il jeta un dernier regard en arrière, en écoutant attentivement, mais il n’y avait définitivement que lui et Eärior dans cet endroit tout juste éclairé par des torches. Dès que le soleil déclinait, le château devenait sombre voire sinistre. Il ne l’avait jamais vraiment aimé que de jour et n’aimait pas spécialement s’y balader la nuit, surtout pour éviter de croiser Aisleen dont il entendait parfois la main s’acharner sur la poignée de sa porte fermée à clef.
Il grimaça légèrement à cette pensée, ce qui n’avait certainement pas dû échapper au seigneur d’Ulfdalar.

Alors il ouvrit la porte et l’invita à entrer avant de la refermer derrière lui, et de tourner la lourde clef dans la serrure.

« Ici nous serons plus tranquilles que nulle part ailleurs. Bienvenue dans la salle où se tiennent toutes les réunions concernant… approximativement tout ce qui touche au château. »



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MessageSujet: Re: #I became a Monster   Sam 25 Fév - 4:37





Finalement, l'allure majestueuse du seigneur se fit de plus bel lorsqu'il se leva et suivit, discrètement, le conseiller du roi. Il avait de même surveillé qu'aucune convive ne s'intéresse à eux, et c'était dans ce genre de situation que son pouvoir servait. Il avait bien vu le regard du conseiller, alerte, aussi, il avait suivi ce regard pour pouvoir arriver à la silhouette de la princesse. C'était donc elle...
Les pans de ses vêtements glissèrent sur le sol carrelé avec légèreté. Il se trouva déjà derrière les portes à double battant, comme s'il avait utilisé un quelconque sortilège pour disparaître. Personne ne vint les chercher, les interrompre. Les interpeler. Ils avaient réussi à tous les éviter et cette fuite n'était pas pour déplaire au seigneur qui trouva là un jeu des plus amusants.
Un sourire fin se dessina sur ses lèvres. Il avait emporté avec lui son verre de vin, il avait intimé à ses suivants de faire la conversation avec le reste de ce fromage surcuit. Il savait qu'ainsi il ne les gâtait pas d'une tâche très enviable.

-Voilà un lieu bien reculé. Est-ce ici que vous évitez la demoiselle aux esprits flamboyants ?

Il n'avait pas eu besoin de lire dans ses pensées, il avait vu ce regard embêté, ses traits de visage comprimés, sa façon discrète de se faufiler, d'essayer de cacher son existence. Il avait vu ce dos se tourner, les clefs s'agiter. Il n'avait finalement pas besoin de ses pouvoirs pour comprendre à quel point la princesse était un fardeau pour tous.

-Ne dites rien, je ne veux en aucun cas vous en tenir rigueur. Pour moi la princesse a tout autant de signification qu'elle n'en a à vos yeux.

Il s'avança dans la pièce, scrutant les plafonds, les murs, sa sobriété. Son visage blanc comme neige se tourna vers lui pour sourire de nouveau. Ses cheveux longs semblaient être une continuation de sa peau, tellement la lumière pâle qui pénétrait donnait ce contre-jour caractéristique et fantomatique.

-Mais tout de même. Pour quelqu'un qui n'apprécie guère son entourage, j'aimerais savoir pourquoi il se cantonne à son rôle, ici-même, au palais ?  …

Il déposa son verre. Il n'afficha dès lors plus d'intérêt pour celui-ci et réajusta l'une de ses manches avec une vivacité qui contrastait énormément avec son allure lente et délicate. Il était vif, oui. Ses yeux clairs le transmettaient.
Il avait toujours dû l'être, d'autant plus depuis ce jour.

-N'avez-vous pas à présent les qualifications qui vous valent de pouvoir faire autre chose de plus intéressant ? Il se reprit, Ah mais pardonnez-moi une telle question. Je ne dénigre en rien vos décisions, quelles qu'elles soient.

Il se dirigea alors vers la fenêtre gigantesque et se posta à sa vitre pour regarder en contrebas. Quelques convives étaient sorties sur les terrasses et dans les jardins, comme pour parler des autres, à l'abri des oreilles indiscrètes.
Ce monde était incroyable, n'était-il pas ? Les médisances et les ragots faisaient ce monde sans que personne ne soit vraiment au courant de la véracité de ces derniers. Cet effet de masse, le Seigneur le connaissait très bien.
Peut-être même que dans le futur, ces gens n'auraient plus besoin de parler mais d'écrire tous ces mots malsains et de les envoyer entre eux sans que l'on puisse remonter à eux. Ces mots douloureux pour détruire une personne plus brutalement encore que des poings ou des flèches. Ce monde était voué à cette évolution.
Les flammes qui brûlaient pour éclairer l'extérieur brillaient également dans ses yeux. Il regrettait déjà d'être parti de chez lui sans ce qu'il avait de plus précieux.

-C'est seulement que votre environnement à vous, est dénué de toute logique. Pis encore, dénué de toute humanité.


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MessageSujet: Re: #I became a Monster   Lun 6 Mar - 13:39




Il n’était pas sûr de vouloir répondre à la question du maître d’Ulfdalar. Mais le temps qu’il formulât une réponse dans sa tête, son interlocuteur le rassura. Il n’avait rien à dire. Et l’absence de cette sensation ténue lui fournissait comme assurance qu’aucune magie n’était à l’œuvre et que le dénommé Eärior von Græntlauf n’essayait en aucun cas d’entrer dans sa tête, au risque de se retrouver avec des souvenirs qui pouvaient intriguer les esprits les plus curieux. Loki faisait parfaitement confiance au seigneur Græntlauf pour être de ces esprits facilement intrigués et qui cherchent des réponses partout où ils peuvent, quitte à en déranger plus d’un. D’une certaine manière, le conseiller du roi se retrouvait dans cette attitude.
Même s’il n’avait pas réellement eu l’occasion de la remettre en pratique depuis un moment. L’idée de faire subir la question à Aisleen l’avait effleuré, mais il s’était vite rappelé que c’était lui qui était sans défense dans cette histoire. Aisleen avait déjà un mort à son actif. Et elle maniait la magie avec beaucoup plus d’aisance que lui ne renouait avec elle, lentement, plus ou moins sûrement selon les jours.

Son verre encore à la main, Loki contourna lentement la table, laissant la semelle de ses bottes claquer sur les dalles froides de la salle oblongue. Il écoutait attentivement ce que Eärior lui disait, mais ses yeux regardaient ailleurs, s’intéressant brusquement aux tentures et tapisseries qui pendaient le long des hauts murs de pierre. A un moment, il s’aperçut que ses doigts s’étaient comme engourdis, et qu’il avait, aidé par le froid ambiant, serré ses phalanges un peu trop fort sur les parois du verre. Il réprima le frisson qui menaçait de remonter le long de son échine.
A quelques pas de là, le seigneur d’Ulfdalar n’avait pas l’air plus incommodé que cela de la température, somme toute plutôt basse, qui régnait dans la salle où personne n’avait eu la présence d’esprit d’allumer un feu, personne ne s’attendant à ce que quelqu’un ne vînt s’y enfermer. Loki observa son interlocuteur se mouvoir, avec une souplesse quasiment féline, il écouta le bruissement des étoffes et eut soudain le loisir de se sentir un tantinet ridicule dans la tenue sobre, voire simpliste, qu’il arborait à chaque fois qu’il était question d’une soirée et qu’il tenait à passer inaperçu. Continuant d’écouter, le conseiller reprit une gorgée de vin, qui lui piqua la langue tant il avait eu le loisir de refroidir.

Il y avait longtemps qu’aucune chaleur ne se dégageait plus de ses mains raidies par le froid. Loki regretta brusquement d’avoir choisi cette salle, et l’air chaud de la grande salle lui manqua, même si la foule qui avait envahi l’endroit ne l’attirait pas plus que cela.
Le verre rejoignit rapidement le bois glacé de la table, presque sans un bruit. Machinalement, Loki commença à frictionner le dessus de ses doigts avec le pouce de la main opposée. Malgré le froid, il souriait. De cet air nonchalant, désintéressé pour quiconque ne regardait pas assez près pour remarquer l’étincelle qui dansait dans ses yeux dorés. Son sourire ne bougea pas, pendant de longues secondes, il ne s’élargit ni ne retomba. Il était juste là, son regard rivé dans celui d’Eärior que lui renvoyait la haute vitre derrière laquelle celui-ci était posté.

« J’aurais pour vous, Messire, une seule question…, commença-t-il d’une voix incroyablement douce et posée. Trouvez-vous poste plus intéressant que celui de conseiller royal ? »

Un haussement d’épaules lui échappa brièvement. Ses doigts étaient un peu moins engourdis qu’il y avait encore quelques secondes, mais quiconque qui pourrait oser lui demander de prendre la plume recevrait une sentence à la hauteur de son affront. Le sourire de Loki s’élargit, il s’avança de quelques pas pour se rapprocher du seigneur, commençant lui aussi à regarder par cette fenêtre. La foule amassée en contrebas ternissait toute allusion à la liberté qu’un esprit quelconque pouvait dégoter en admirant les murailles de la ville et en se demandant ce qu’il y avait au-delà.
Loki avait l’air absent, encore une fois, si on n’y regardait pas d’assez près, et son sourire s’effaça pour ne laisser la place qu’à un vague étirement de ses lèvres, entre mépris et dégoût.

« Je ne nie pas que ce ne soit pas la position la plus épanouissante qui existe en ce bas monde, bien au contraire. C’est une tâche répétitive, assommante, et percluse de responsabilités inutiles ou qui ne lui appartiennent pas au départ. Mais en soi, elle est enrichissante. En tant que conseiller, j’assure le rôle que feue la reine avait quand elle était encore parmi nous. J’ai un droit de regard sur chaque affaire de ce royaume. Mon avis est demandé en toutes circonstances. Si je le souhaite, je peux faire ordonner à n’importe qui, n’importe où dans le Royaume, de vendre ses terres à la couronne… »

Son sourire revint.

« Mais je ne le ferai pas. Ce serait d’une stupidité sans bornes que d’exiger que quelqu’un ne nous vende ses terres. Ceci étant, ma position m’assure d’être au courant de tout ce qu’il se passe dans nos frontières. Je connais les décisions de chacun. »

Un vague amusement s’immisça dans ses yeux et son sourire se fit plus goguenard, moqueur. Un ricanement lui échappa.

« Je peux même les critiquer ouvertement ! »

Et c’était ce qu’il y avait de formidable à être le larbin attitré du roi. En plus d’obtenir plus d’informations que nécessaire en s’occupant d’une paperasse qui ne lui appartenait originellement pas. Son expression changea de nouveau, pour ne garder qu’une ombre de rictus moqueur et cynique,  la même petite lueur dans les yeux qui inquiéterait bien des gens, mais pas Eärior von Græntlauf. Loki le savait. Le seigneur d’Ulfdalar n’était pas de ceux qui s’effrayaient pour un regard semblable à celui qu’il arborait à l’instant. Il cessa par la même occasion de frictionner le dessus de ses doigts, et joignit les mains dans son dos, droit comme un i.

« Permettez-moi d’avoir l’audace de demander… Quelles sont vos décisions, vos plans ? Rassurez-vous. Je ne compte en aucun cas en faire part à qui que ce soit dans cette cour, bien au contraire. Je souhaiterais arriver à un arrangement qui serait bénéfique pour nous deux. Quoi que vous désirez savoir concernant le Royaume, cette ville… je puis toujours m’organiser pour que les informations que vous recherchez ne vous parviennent, en temps et en heure. Mais laissez-moi d’abord vous expliquer l’intérêt pour moi d’en savoir plus sur votre manière de faire, vous qui êtes plutôt secret quand il s’agit de la cour… »

Lentement, mais sûrement, Loki en arrivait au point qu’il voulait soulever.

« Savoir quelles sont vos manières pour gouverner, quelles décisions vous voulez prendre… Pour moi, ces informations auront une valeur purement personnelle. Elles me permettront, non seulement d’oublier un peu la basse-cour que nous fuyons actuellement, mais également d’amener Midgard vers un modèle meilleur, ainsi que de vous fournir un certain nombre d’avantages en adaptant les réponses de la royauté en fonction de ce que vous me direz. Disons que vous êtes celui qui en profite le plus. Et vous, vous me divertissez. Qu’en dites-vous ? »

Peu importe l’humanité. Il commençait tout juste à en faire partie et ne s’identifiait pas encore suffisamment à la foule grouillante quelques mètres plus bas pour avoir une once de remord à l’idée de s’en servir à des fins purement personnelles.

« La seule contrepartie tangible que j’oserai vous demander, ce sera de m’aider à en finir d’une manière ou d’une autre avec Aisleen Tyvalar, dussé-je y consacrer le reste de ma vie, ou la perdre dans le processus, mais elle ne doit en aucun cas avoir la moindre occasion d’accéder au trône. Je me moque du temps que cela prendra. Elle ne doit jamais prendre la tête de ce royaume. »



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MessageSujet: Re: #I became a Monster   Mer 24 Mai - 14:18





Alors c'était là où il venait en venir. Finalement, même le conseiller le plus stricte pouvait prévoir des choses sans que personne ne se doute. L'humanité était beaucoup plus subtile et déloyale que ce que l'on pouvait en penser.
Cela ne dérangeait en aucun cas le seigneur.
Mais bien sûr, il y avait d'autres choses, plus profondes, plus intéressantes, qui risquaient d'apparaître au grand jour. Que la princesse soit écartée du trône, tout le monde le veut. Pas pour les mêmes raisons. Il aurait voulu lui demander, mais il savait déjà que ces informations ne seraient pas disponibles de suite. Il voulait du divertissement ? Lui aussi lui en procurerait.
Il se retourna légèrement, les yeux clairs rivés sur son hôte. Il y avait dans son regard un intérêt primaire à tout cela. Comme si, depuis des années, sa curiosité stagnante n'avait pas été titillée. Le réveil de ce que l'on peut considérer comme un lion dormant.

-Écarter la flamboyante du trône, en échange de quelques faveurs. Voilà qui est inhabituel. Je gagnerai beaucoup plus dans l'histoire que vous, si je ne m'abuse...

Puis, ses pupilles d'un noir de laque fixèrent en contrebas, les gens qui s'amusaient à se manipuler. Il ne savait pas s'il avait réussi à y prendre du plaisir depuis le temps, mais cela l'amusait énormément. Il finit par légèrement pencher la tête, faisant semblant de réfléchir à cette situation, cette offre qui paraissait beaucoup trop alléchante pour être vraie.

-À moins que vous ne cachiez d'autres secrets à cette cour.

Il mit un temps de pause.

-Mais je ne vous en veux guère, Sire. Lui dit-il directement en se retournant totalement face à lui et en brandissant sa main à plat avant de la reposer calmement sur son autre main. Il est beaucoup plus intéressant pour moi de découvrir ces secrets-là par le biais de toutes les futures actions, à ce que vous le révéliez. Après tout, je suis sûr que même vous, ne pourrez prédire l'avenir.

Il s'avança légèrement puis s'arrêta. Son esprit avait fusé, il ne pouvait guère faire marche arrière. Après tant d'années de réflexion et de rassemblement, d'isolement dans ses terres, il venait de trouver ce pour quoi il préférait encore se mêler aux gens de la cour. Il avait après tout d'autres buts, mais ceux-ci concordaient tout à fait avec les siens.

-Je crois en tout cas, que vous apprécierez l'une de mes meilleures connaissances...



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