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 Staring at the ceiling. / Libre

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FRILAGEN
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MessageSujet: Staring at the ceiling. / Libre   Mer 1 Mar - 2:01



Staring at the ceiling.



Il fait noir.
Chose normale, puisqu’il fait nuit. Tu essaies de rassembler les quelques neurones qu’il te reste, mais tu as du mal à tous les retrouver dans l’obscurité ambiante, en plus de celle qui règne pour l’instant dans ton cerveau. Tu émerges à peine, et quelque chose te dit que tu es beaucoup plus proche de ton réveil pour l’entraînement que de l’heure à laquelle tu t’es lamentablement écrasé dans ton lit pour dormir. Tu jettes un vague regard autour de toi – tous tes camarades soldats pioncent, et toi tu es là, le seul réveillé, et tu ne sais même pas pourquoi.
Un soupir t’échappe, et puis c’est ton ventre qui se réveille. Ça y est. Tu sais pourquoi tu t’es réveillé. Il faut dire qu’après l’entraînement de… la veille ? ça doit être ça ; et donc, après l’entraînement de la veille, tu étais beaucoup trop claqué pour penser à aller dîner, et ce n’était pas faute d’avoir déjà faim à ce moment-là. Tu es juste allé dormir, et tu as dû te reposer un suffisant minimum, autrement, tu ne te serais probablement pas réveillé même quand les gradés seraient venus vous secouer.

Tu bâilles et décides que ça peut être une bonne idée de se lever. De toute façon, au point où tu en es… Tu ne vas certainement pas réussir à te rendormir en ayant faim comme ça, et, tout à fait bizarrement, tu te sens particulièrement réveillé alors qu’il doit être quelque chose comme deux heures du matin. Tu n’as même pas besoin de réfléchir, tu récupères juste tes bottes et ta cape – parce que tout le monde sait qu’il fait froid dans ce camp à la nuit tombée – et tu quittes le dortoir sur la pointe des pieds, en vérifiant de temps en temps que tu n’as réveillé personne, ou que personne ne s’est réveillé, et puis tu refermes les portes.
Les couloirs sont parfaitement déserts, et ce n’est pas plus mal. Très honnêtement, tu ne vois pas comment tu pourrais expliquer à un gradé ce que tu fais debout aussi tôt. A part être parfaitement franc et lui dire que tu crèves la dalle, mais selon le gradé sur lequel tu tomberas, la réponse sera plus ou moins sympa.

Tu prends la direction des cuisines. Les torchères sont allumées, ce qui te permet d’y voir et de ne pas te ramasser lamentablement sur le chemin jusqu’aux cuisines et dans les escaliers. Juste avant d’ouvrir la porte, tu t’interroges. Il se passe quoi, si ce sont les cuisiniers qui te trouvent ? Tu esquisses machinalement une moue nerveuse. Tu préfères ne pas y penser, et tu fais en sorte d’ouvrir la porte en silence avant de la refermer tout aussi silencieusement.
Tu restes un instant le dos contre le battant, à écouter, mais il n’y a aucun bruit dehors. Tu soupires de soulagement. Tu es seul. Définitivement seul. Et tu as toujours faim, et ça, ton ventre te le fait bien savoir. Un peu trop bien, même.

« Bon, voyons voir ce qu’on a… »

Tu te mets à déambuler entre les étagères, notamment celles de la réserve. Le plus compliqué est de piocher de manière à ce que personne ne remarque rien. Le pain à moitié rassis dans la corbeille n’intéressera sans doute que les oiseaux, et toi, ça t’es égal, alors tu en prends un ou deux morceaux que tu grignotes en continuant ton exploration nocturne.

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FRILAGEN
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MessageSujet: Re: Staring at the ceiling. / Libre   Dim 23 Avr - 13:40



Staring at the ceiling







La jeune fille avait été forcée de se lever aussi tard dans la nuit. Elle tentait tant bien que mal de s’habituer à l’obscurité ambiante, clignant des yeux pour faire en sorte que ses pupilles captent le peu de lumière présente à cette heure. Elle prenait soin d’avancer silencieusement, essayant de faire le moins de bruit possible pour ne réveiller personne. Elle s’autorisa à lâcher un soupir quand elle fut sûre d’être sortie des dortoirs sans n’avoir réveillé personne. Enfoui dans ses vêtements, Elain sentait une forme de vie se pressait contre elle. Sa main se posa légèrement sur cette dernière, s’assurant que son lemming ne se sentait pas trop mal à l’aise sous cette couche d’habits. Ricco avait faim, et il lui avait bien fait comprendre qu’il avait la fringale quand il avait décidé de lui griffonner le poignet alors qu’elle était assoupie. Les griffures étaient légères, mais cela avait été assez pour la sortir de son sommeil. C’était en partie de sa faute, car habituellement, elle vérifiait qu’elle avait pioché dans ses rations de nourritures assez pour le nourrir. L’un des cuisiniers du camp était au courant de la présence du compagnon de la jeune fille, et il lui arrivait même parfois qu’il lui donne une petite part de plus juste pour lui. Elain avait cru qu’elle en aurait encore assez pour un petit moment, et ne s’en était pas trop souciée pendant un moment. Cela avait duré trop longtemps, du point de vue de l’animal.

D’un côté, elle avait remarqué qu’il avait pris du poids, contrairement à elle. Il pesait bien plus qu’il y avait quelques mois, et encore plus qu’au moment où elle était entrée dans le camp pour la première fois. Quant à elle, elle avait au moins perdu un tour de taille, les efforts physiques avaient faits leurs effets. Elle avançait prudemment dans les couloirs, la peur au ventre, se demandant combien de temps allait s’écouler avant que quelqu’un la prenne aux faits. Ce n’était pas dans ses habitudes de faire ce qui était proscrit, elle qui respectait l’ordre car elle était convaincue qu’il y avait une bonne intention derrière. Il y avait même d’autres motivations derrière, puisqu’en tant que recrue et en tant que femme, elle avait bien des choses à prouver, tout d’abord prouver qu’elle méritait d’être parmi les frilägen, et prouver qu’elle pouvait être digne de confiance. Voilà deux des choses qu’elle avait décidé de ne pas respecter en quittant ses dortoirs en pleine nuit.

Enfin, les cuisines. Une fois qu’elle eut vérifié une dernière fois que personne n’était dans les parages, elle tendit une main tremblante en direction de la porte, l’ouvrant à peine assez pour s’y glisser. Voilà une étape de franchie. Elle extirpa doucement le rongeur de son vêtement, pour le garder tout près d’elle. Inutile de faire trop de vague, elle allait directement le laisser se nourrir en cuisines, ce serait bien plus pratique que de trimballer des aliments qui ne devaient pas se trouver en plein milieu d’une chambre de recrues. La rouquine avança prudemment, se dirigeant vers les étagères contenant des légumes, les mets que son petit compagnon préférait. Elle les inspecta soigneusement, espérant se faire la plus discrète possible. Quand elle repéra une petite carotte dans un coin, Elain n’eut pas le temps de la saisir, entendant un bruit suspect qui la fit reculer dans un sursaut de surprise et de peur. Un cuisinier était déjà debout à cette heure ? Et s’ils étaient plusieurs ? Elle sentit la panique monter alors qu’elle demeurait immobile, hésitant entre rebrousser chemin et retourner dans sa chambre ou se cacher dans un coin.


© FICHE CRÉÉE PAR REIRA DE LIBRE GRAPH'


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MessageSujet: Re: Staring at the ceiling. / Libre   Jeu 27 Avr - 14:48


S'il y a effectivement une quelconque force, instance, ou quoi que ce soit d’autre de supérieur qui s’occupe un tant soit peu du monde dans lequel tu vis, tu peux dire sans trop te tromper que le truc en question se fout de ta gueule, et le plus allègrement possible. Tu continues tranquillement de déambuler dans les cuisines en grignotant ton quignon de pain rassis quand quelque chose attire ton attention.
Un éclat, quelque chose, comme une silhouette que tu connais. Alors, forcément, tu tournes la tête dans la direction de ce qui retient soudainement ton intérêt. C’est là que l’instance supérieure et foutue en l’air est censée agir, parce que tu as Elain en face de toi, et que la première chose qui te vient en tête, c’est…

… Bordel mais elle se fout de ma gueule jusqu’à quel point, celle-là ?

Admettons. Tu es très tenté de commencer à l’engueuler, de lui demander pourquoi elle te suit même la nuit alors que tout ce que tu fais, c’est de grignoter du pain dont personne ne voudra plus jamais – même pas en pain perdu – pour satisfaire la faim qui t’a fait rouvrir les yeux, mais un détail retient les mots que tu pouvais presque sentir courir le long de tes mâchoires. Tu as même inspiré à fond, sans quitter la jeune fille des yeux. Tu allais vraiment l’engueuler. Sauf que.
Sauf que tu es resté adossé à la porte un petit instant après être entré dans les cuisines, et tu n’as rien entendu. Et Elain est placée à un endroit des cuisines qu’elle n’aurait pas pu atteindre sans que tu ne la remarques, si elle était arrivée après toi. Ce qui veut dire qu’elle est arrivée avant.
Une autre raison qui t’empêche de l’engueuler séance tenante, bien que tu en meures d’envie, c’est que tu n’es pas tellement tenté de réveiller les cuisiniers, qui n’hésiteraient pas à vous faire passer un sale quart d’heure – et tu n’as pas envie de donner à Elain une raison de plus de te détester, alors que ce serait plutôt de sa faute.

Pas totalement. Mais quand même. Et puis elle a un animal dans les mains. Hein. Pardon. Tu arques un sourcil, sans comprendre. Elle est ici pour cette boule de poils, ou comment ça se passe ? Tu lui dirais bien que les animaux ne sont pas interdits au sein du camp, jusqu’à preuve du contraire – même si personne n’a l’air d’en prendre avant d’être un gradé, faute d’un espace vraiment personnel – mais tu avises finalement la petite créature.
Un lemming.
Pas étonnant qu’elle doive le garder enfermé quelque part. C’est tellement con, ces bestioles, qu’il se serait déjà probablement tué une bonne centaine de fois avant la fin de la journée.

Finalement, tu soupires. La présence d’Elain ne t’enchante pas. Ça veut dire que tu vas devoir surveiller encore plus ce que tu prends – et ce serait mentir que de dire que les biscuits qui traînent, là, sur l’étagère, ne te font pas de l’œil. Quoiqu’il en soit, tu te détournes simplement et tu termines ton pain en marmonnant.

« Non mais, sérieusement… »

Elle se fout quand même bien de toi, avec ses leçons de morale, alors qu’elle-même s’introduit dans les cuisines pour chiper de quoi manger. Pour son lemming, mais et alors ? Si elle préfère garder à ce point son côté tendre secret et faire croire à tout le monde que les animaux la laissent indifférente, c’est son problème. Pas le tien.

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