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 Pour une poignée de cerises. / Libre

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CIVIL
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MessageSujet: Pour une poignée de cerises. / Libre   Lun 29 Mai - 18:51



Pour une poignée de cerises.



Tu attendais le retour du printemps avec impatience.
Pourtant, on ne peut pas dire que ce soit ta saison préférée – tu la trouves assez contraignante, avec de trop grands écarts de températures entre le matin, la journée et la soirée, mais tu fais avec, comme à chaque fois – mais c’est quand même la saison qui annonce la remise au goût du jour de certaines plantes.
Et comme à chaque fois qu’il s’agit de plantes, tu es dans ton élément, Egíl. C’est pour ça que tu passes ton temps dehors, quand même tes collègues ont terminé leur travail et retournent à leurs quartiers, parce que les plantes n’ont pas besoin d’une attention constante. Elles se sont longtemps débrouillées sans vous. Et elles continueront de se débrouiller sans vous.

Mais les jardins du domaine royal sont tellement déserts. Quelle que soit la météo et la saison, y croiser quelqu’un relève presque du miracle. Les jardins sont pour toi la garantie d’être tranquille sur ton temps libre, que tu passes à travailler, sans que personne ne le sache. Quand les pucerons reviennent, tu les retires tranquillement des plantes assaillies, avec un chiffon humide et agrémenté de savon. Feuille après feuille, tu débarrasses ainsi chaque fin de printemps tous les rosiers des petits parasites élevés par les fourmis. Tu ne te plains pas. Tu aimes ton travail.
Et tu l’aimes d’autant plus que tu es seul la plupart du temps – ce qui, pour quelqu’un comme toi qui a autant de mal avec les êtres humains, est un vrai plus. Les seules personnes que tu as déjà aperçues dans les jardins, elles ne t’ont pas vu. Ou elles t’ont ignoré. Des nobles, le plus souvent. Tu collectes malgré toi des informations que certaines personnes seraient prêtes à monnayer grassement. Mais toi, tu t’en fous.
Ton boulot, c’est t’occuper des plantes.
Pas espionner la cour.

C’est totalement dans cette optique que tu fais le tour des jardins aujourd’hui, comme d’ordinaire, alors que tu as normalement fini de travailler il y a bien longtemps. Tu fumes tranquillement ta pipe en  faisant le tour de toutes ces plantes dont tu prends soin, tout en fredonnant cette chanson qui ne quitte pas ta tête.
C’est une mauvaise idée de la chanter. Cette chanson amène la pluie à chaque fois, tu ne sais trop comment, tu ne sais trop pourquoi, mais elle le fait. Honnêtement, tu t’en moques un peu, puisque personne ne vient jamais ici, même quand il fait beau.
Tu t’approches tranquillement d’un massif d’églantiers. Ils ne fleuriront pas avant un moment. Mais leurs feuilles ont déjà revêtu un vert profond et très doux, presque sucré, qui colle un sourire sur ton visage. Tu inspectes les feuilles, histoire d’être sûr qu’aucun parasite quelconque n’est venu les envahir.

Et comme tu as du temps libre devant toi, tu t’installes simplement par terre pour fumer, seul au milieu des plantes, et toujours en fredonnant cette foutue chanson.
A ce rythme-là, tu vas prendre la pluie. Mais ça aussi, tu t’en fiches.

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MessageSujet: Re: Pour une poignée de cerises. / Libre   Lun 7 Aoû - 18:49

Comme à son habitude, le jardin royal, bien que très spacieux, était tout aussi vide que la veille. Faute d'avoir une compagnie familière près d'elle, Gala avançait seule entre les haies taillées avec minutie, se souciant plus de la beauté des fleurs que de sa solitude. Car en vérité, cela arrangeait bien la fillette de se retrouver seule, elle qui était pourvue d’une timidité maladive. Elle n'arrivait à s'exprimer d'une voix claire, et à se comporter comme une enfant de son âge que lorsqu'un de ses oncles, ou sa mère était présent d'elle. Autrement, Gala était effrayée, intimidée par autrui, et préférait se réfugier dans un silence de mort, paralysée, incapable de dire plus que quelques paroles courtoises, une phrase tout au plus.

Les jardins étaient silencieux, beaux, et ne lui posaient pas de questions embarrassantes. Mieux encore, ils étaient ornés de fleurs venues de tous les horizons, et leurs couleurs relevaient de quelque chose de magique aux yeux de l'enfant. Elle pouvait enfin respirer dans le lieu qu'elle préférait le plus au sein du palais, après cette leçon de bienséance qui lui avait pris beaucoup de son énergie, et de sa patience. Sa préceptrice lui demandait non seulement de se souvenir des derniers geste et formulations appris, mais en plus lui demandait d'en apprendre de nouvelles. Gala n'y comprenait pas grand-chose, en plus de se forcer à s’exécuter. Et plus le temps passait, plus l'enseignante s'impatientait, remarquant des défauts de plus en plus grands alors que la petite faisait de plus en plus d'efforts pour la satisfaire.

Elle pouvait enfin se promener à sa guise, trainant même légèrement des pieds, se permettre de faire des écarts que juste avant l'enseignante lui avait interdits. Elle n’arrêtait sa marche que pour contempler les fleurs qui attiraient son regard. Elle essayait de se souvenir de leurs noms : si pour certaines cela lui revenait tout de suite, pour d'autres, c’était le vide complet. Mais même sans appellation, elles ne perdaient en rien leur beauté. Elle s’était jusque là pensait seule, jusqu’à ce que parvienne à ses oreilles un chant qu'elle ne connaissait pas. Gala s'en approcha à petits pas, puis aperçut non loin un homme, assis à même le sol, fumant une pipe. Elle ne le connaissait que de très loin, mais parvint à le reconnaître : c’était le jardinier. Tout comme le reste des domestiques et de ceux qui passaient au palais régulièrement, Gala l’observait parfois de loin sans lui adresser la parole.

Sauf qu'il y avait, derrière lui, une fleur solitaire qui dodelinait doucement. Et la petite fille la trouvait jolie, cependant elle ne retrouvait pas son nom. L'avait-elle déjà vu auparavant ? Sa mémoire lui jouait des tours, et l'enfant l'ignorait. Sa curiosité la poussait à en savoir plus sur cette plante méconnue, et puisque personne de sa famille n’était là pour lui indiquer qu’elles était cette fleur, il fallait surpasser sa timidité. Elle fit un pas de plus, même si c’était presque à reculons, vers l'homme.

-Excusez moi…

Elle avait réussi à prononcer un début de phrase sans bégayer de timidité. Mais avait-elle été audible ? Gala l'avait dit avec une si petite voix qu'elle doutait de la portée de ses paroles… tant pis, c’était déjà un grand effort pour elle, et elle doutait de pouvoir le répéter si l'homme ne l'avait pas entendu. Elle poursuivit malgré tout, la voix hésitante :

-Quelle est cette fleur ?
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MessageSujet: Re: Pour une poignée de cerises. / Libre   Lun 7 Aoû - 23:01



Jusqu’ici, tu es désespérément seul, et ça te convient très bien. Autant, tu aimes profondément les gens, autant tu les préfères de loin. Interagir avec eux ne te va pas, tu as du mal, tes mots ont toujours l’air tellement bancals quand tu dois les prononcer. Tu préfères le silence des plantes.
Les plantes ne jugent pas, elles. Les plantes sont tranquilles. Elles écoutent, plus qu’elles ne dispensent de précieux conseils comme le font si bien les êtres humains.

Tu as changé de refrain. Pour éviter de te prendre la pluie tout de suite. Tu profites de la brise fraîche qui traverse les jardins, ramenant les odeurs de la végétation après une matinée humide, les parfums un peu plus ténus des fleurs. Le vent chasse la fumée de ta pipe vers le ciel, il secoue les bords de ton chapeau, que tu recales vite fait bien fait sur ton crâne.
Det var två ädla konungabarn, som lova varandra sin tro, och den som då skulle svika, skulle leva i stor oro. Det var en gammal trollekäring, som hörde på deras tal. Den kärlek vill jag åtskilja, om jag får leva den dag. Och hertingen lade sig i sundet och sam, och böljan slog under hans bröst men då, slockande elder ur lyktan som hertingen eftersam. Och jungfrun hon frågar sin fader om råd. Allt vid den lilla grönån. Ger ni mig lov spassera gå, allt vid den lilla grönån ?
Tu continues de fredonner tranquillement sur cet air. C’est un de ceux que tu aimes bien, et il ne fait pas pleuvoir, lui au moins.

Tu penses être totalement, seul, Egíl, quand tu entends quelqu’un te parler. Tu sursauterais presque, mais pour une fois, tu arrives à rester à peu près stoïque. Tu n’as pas l’habitude qu’on vienne te parler. Tu tournes la tête dans la direction d’où vient la voix. On peut dire que c’est une surprise. Tu sais à peine qui c’est, tu sais que c’est la petite fille du roi, pour l’avoir déjà aperçue de loin, mais tu dois bien admettre que tu ne te souviens même pas de son nom, si tant est qu’on te l’a déjà dit un jour.
Pauvre enfant, d’être ainsi coincée dans les rouages de la royauté. Tu ne l’as pas entendue venir, trop occupé à rêvasser à tes plantes.
Et en parlant de plantes, elle te pose une question à propos de l’une d’elles. Machinalement, tu tournes la tête pour voir de laquelle il peut s’agir. Dans le processus, tout aussi machinalement, tu attrapes ta pipe et la gardes dans ta main.

Tu réfléchis un instant. Mais de quelle plante peut-il donc s’agir ? Tu ne l’as pas vue pointer quoi que ce soit. Des fleurs, il y en a un bon paquet, dans tes environs proches. Tu fais légèrement la moue, un bref instant, avant de désigner l’églantier de ta pipe.

« Là ? Tu souris un peu. Ce sont des fleurs d’églantier. »

Tu continues ton exploration visuelle des jardins, tu pointes un petit, tout petit bosquet, à côté de toi, toujours de la main qui tient la pipe.

« Là ce sont des primevères. Elles fleurissent toujours au printemps. Elles ne durent pas longtemps, mais elles reviennent chaque année. » Tu lui montres de nouvelles fleurs, bien parti pour continuer. Ici ce sont des petites jacinthes sauvages. »

Tu les aimes bien, avec leur tendre couleur violette.




HRP : chansons : Två Konungabarn, de Myrkur


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MessageSujet: Re: Pour une poignée de cerises. / Libre   Lun 11 Déc - 20:40

La petite fille manqua malgré elle un battement de cœur, lorsque l’homme se tourna vers elle. Il l’avait entendu, et maintenant, il la regardait. Gala en était un peu effrayée, elle le trouvait intimidant. C’était le cas pour tous ceux qu’elle croisait sur son chemin, et qui n’étaient pas de sa famille, la seule exception étant son grand père, près duquel elle ne pouvait pas rester plus de quelques secondes. Elle se fit fureur pour ne pas esquisser un mouvement de recul, mais elle ne put s’empêcher de baisser les yeux cependant, avant de trouver comme refuge pour ses yeux les plantes que lui désignait le jardinier. La contemplation de ces fleurs lui permettait de reprendre son souffle. Fleurs d’églantier. Primevères. Petites jacinthes sauvages. La fillette s’efforçait de retenir leurs noms en les regardant, mais elle savait qu’elle allait vite les oublier. Ses oncles aussi passaient le plus clair de leur temps à lui rappeler les noms de certaines fleurs, les plus compliqués, sans montrer une seule fois un signe d’agacement, à force de se répéter. Et elle les remerciait silencieusement de leur patience.

Il était dur pour elle de prendre parole, mais lorsqu’il était question de fleurs, elle se sentait un peu plus à l’aise. Le jardinier semblait aimer ce qu’il faisait, en être au moins tout aussi passionné qu’elle, chose qu’elle ne voyait pas toujours chez les domestiques du palais lorsqu’ils s’adonnaient à leur ouvrage. Il avait aussi une aura rassurante, qui la poussait à faire un effort pour prolonger cette rencontre. Elle tendit le doigt vers cette petite fleur, solitaire, à l’écart dans cet espace vert, comme elle-même pouvait l’être dans cet immense château. Elle prit une seconde pour inspirer, avant de mettre des mots sur son geste :

-Et celle-ci ?

Elle pouvait écouter des heures une personne parler de fleurs, ou d’histoires épiques, sans jamais s’en lasser, ne serait-ce une seconde. Elle semblait bien partie pour faire de même avec cet homme, maintenant qu’ils commençaient à parler fleurs. Mais même si cette conversation semblait tout avoir pour lui être agréable, sa timidité formait toujours une barrière entre elle et le monde. Gala préférait rester en retrait et observer, plutôt que d’être au centre de l’attention, tout comme elle préférait l’écoute à la parole. La petite princesse prit le temps d’écouter le jardinier, lorsqu’il lui dévoila le nom de la plante qui l’intriguait tant, avec attention. Puis elle songea qu’il n’était peut-être pas approprié de ne pas connaître le nom de la personne à laquelle elle s’adressait. Habituellement, elle ne s’en souciait pas lorsqu’elle parlait à quelqu’un qu’elle ne connaissait pas, principalement parce que la plupart des mots qu’elle prononçait étaient « oui » ou « non », mais surtout parce que les adultes qui faisaient partie du personnel du palais gardaient de la distance avec les membres de la famille royale. Mais maintenant qu’elle entamait une discussion avec le jardinier, l’idée de ne pas connaître son nom lui donnait quelques soucis. Alors, d’une petite voix, elle prit parole :

-M-mon nom est Gala. Quel est le vôtre ?

[HRP : Désolée pour l'énorme retard, j'ai trouvé un peu de temps pour RP x_X. Désolée aussi pour la pauvre qualité et le post court, ça fait une éternité que je n'ai pas écrit, j'essaie de me relancer !]
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MessageSujet: Re: Pour une poignée de cerises. / Libre   Jeu 28 Déc - 15:05



Pauvre enfant, elle a l’air timide comme tout.
Tu la comprends. A toi aussi, les autres êtres humains font un peu peur. Tu n’as rien d’intimidant, tu es fluet, et tu te caches sous un chapeau avec un large bord. Ton domaine d’expertise, c’est les plantes, et tu ne manies absolument aucune arme digne d’être comptée comme telle. Une serpe, ça coupe, mais jamais au grand jamais tu ne t’en servirais pour autre chose que des végétaux.
Tu te contentes de sourire, tout tranquillement, Egíl. Un sourire doux, et tu relèves légèrement la bordure de ton chapeau pour dégager un peu ton visage.

« Je m’appelle Egíl. Enchanté, Gala ! tu dis avec enthousiasme, mais d’une voix posée qui ne résonne pas dans le désert des jardins.
Tu n’as pas encore jugé bon de te souvenir que la seule personne à s’appeler Gala dans ce château est la petite-fille du roi, accessoirement, ton patron. Et qu’on prête à la mère de cette enfant un certain nombre de ragots et que peu semblent l’apprécier. Oh, tu ne te mêles pas des affaires de la cour, mais tu dois bien admettre que tu n’irais pour rien au monde chercher des problèmes à Aisleen Tyvalar, et ce n’est pas juste parce que c’est une princesse qui peut décider de t’envoyer vers un autre monde.
Non, comme beaucoup d’autres gens de cet endroit, tu sembles la craindre.

« Oh, et, tu reprends, semblant te rappeler que Gala t’avait posé une question, Les fleurs, là, ce sont des achillées. Elles poussent un peu partout, ce sont des plantes vivaces. Il faut juste faire attention qu’elles n’envahissent pas le terrain des autres... »

Tu dis ça avec un petit soupir, mais ton expression a quelque chose de tendre. Les plantes aussi, il faut les surveiller, s’occuper d’elles. Certaines sont plus indépendantes que d’autres, certaines sont plus fragiles, elles ont toutes une particularité, un petit défaut, n’importe quoi, qui les distingue des autres.
Sur un même massif, tu ne trouveras pas deux fois la même fleur.
Tu ranges finalement ta pipe dans ton sac et tu rajustes une énième fois ton chapeau sur ta tête, en te demandant comment est-ce que les choses vont tourner, maintenant. Tu te demandes si les parents de cette petite sont dans les environs... Enfin, logiquement, ils le sont. Mais tu te demandes s’ils sont dans les jardins. Tu en doutes. Tu n’entends personne appeler Gala, elle doit être seule.

« Tu aimes les plantes ? tu demandes un peu de but-en-blanc après un petit silence, toujours le même sourire sur le visage et la même voix douce. Est-ce que... est-ce que ça te dirait d’apprendre à t’en occuper ? »

Tu la tutoies, parce que c’est une enfant, et que tu n’aimes pas tellement vouvoyer les gens autres que les adultes d’un rang supérieur au tien. Même tes collègues, tu les tutoies. Ça enlève une barrière. Elle se sentira peut-être moins intimidée, qui sait.




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MessageSujet: Re: Pour une poignée de cerises. / Libre   Lun 29 Jan - 22:57

La fillette prit le temps d’écouter son nom, heureuse d’avoir un nouveau nom à prononcer. Le jardinier s’appelait Egil. C’était un nom qu’elle espérait pouvoir réentendre plus tard, qu’elle espérait pouvoir prononcer aussi, lorsqu’elle le recroisera. Habituellement, elle n’aimait pas rester longtemps en compagnie des personnes qui étaient extérieures à sa mère et ses oncles, mais cette fois, elle ne se sentait pas aussi intimidée que la sensation d’oppression qu’elle ressentait lors de précédentes rencontres. Gala sourit doucement, de ce fin sourire timide qu’elle n’adressait pas souvent aux autres, le peu de sourire qu’elle avait déjà adressé aux visiteurs et aux autres étrangers étant souvent des sourires courtois, forcés par sa préceptrice, qui tenait à lui inculquer la politesse.

Il lui répondit, donnant le nom de cette fleur. Achillée. Elle tentait de mémoriser ce nom, alors qu’elle avait déjà presque oublié les noms des autres fleurs. Elle aimait l’entendre parler de leur, c’était son sujet préféré, avant même les contes de fées, ou les anecdotes qu’elle entendant sur ce qu’il se passait à l’extérieur des murs. La petite princesse ne se lasserait jamais d’entendre quelqu’un en parler, que ça soit sa mère, ses oncles, ou n’importe qui d’autre. Egil avait cette voix posée et rassurante, qui lui donnait envie de poursuivre cette discussion. Il n’y avait rien dans ces paroles qui coupait le silence apaisant des jardins, et converser ainsi avec quelqu’un lui convenait, en quelque sorte, même si elle n’avait pas besoin de parler pour faire vivre cet échange.

Il lui demanda si elle aimait les plantes. Son sourire s’élargit, et même si aucun mot de sortit de sa bouche, elle hocha la tête énergiquement. Les plantes, c’était sa passion, c’était ce qui l’animait en attendant de pouvoir voir ce qu’il y avait, à l’extérieur. Elle voulait tant en savoir plus, tout connaître sur les fleurs, pour les aimer à leur juste valeur. Sa joie fut immense lorsqu’il lui proposa de lui apprendre à s’en occuper ! Elle ne pouvait pas rêver une telle chance de pouvoir faire une chose qu’elle était susceptible d’aimer.

-Oui ! Beaucoup.

A ce moment-là, elle esquissa un pas en direction des plantes et du jardinier, toujours avec ce sourire à la fois timide et sincère. Lentement, elle s’approcha des plantes, curieuse d’apprendre. Mais il fallait d’abord commencer par le début. Alors, de sa petite voix, la princesse posa une question à l’homme :

-Comment fait-on ?

Cette question, pourtant si simple, pouvait soulever tant de problématiques, qui échapperaient sûrement à l’enfant.

[HRP : Désolée, réponse courte >_<]
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MessageSujet: Re: Pour une poignée de cerises. / Libre   Mar 30 Jan - 18:50



Tu te rends compte que ta proposition n’a absolument aucune raison d’être, parce que tu n’as pas tes outils sur toi. Tu ne travailles plus depuis un moment, Egíl, tu ne peux strictement rien montrer à Gala, tu n’as pas le matériel qu’il faut. Tu te mordilles nerveusement la lèvre, en te demandant ce que tu vas bien pouvoir faire. Oh, tu vas trouver, tu trouves toujours.
Tu sauras te débrouiller. Mais c’est toujours mieux avec les bons outils. Et tu ne penses pas que demander à la fillette de t’attendre là le temps que tu ailles récupérer tes affaires soit une bonne idée, vraiment pas. Tu n’es pas vraiment pour la laisser seule, tu n’as aucune idée du temps que tu mettras à revenir. Oh, pas longtemps, en principe, mais quand même. Tu préfères ne pas prendre de risques, aussi calmes soient ces jardins.

« Hmm... »

Ça t’échappe. C’est plus pour toi-même qu’autre chose, tu tapotes machinalement le fourneau de ta pipe, te rends compte qu’il y a belle lurette qu’elle s’est éteinte et que tu ne l’as pas rangée – tant pis. Tu en reviens à ton principal problème, à savoir que tu ne peux rien montrer à Gala sans tes outils.
Finalement, c’est un petit soupir qui s’enfuit de ta cage thoracique, tes épaules s’affaissent légèrement avec ta respiration, et tu regardes brièvement l’enfant. Tes doigts viennent triturer la large bordure de ton chapeau.

« Excuse-moi... tu dis doucement avec un petit sourire désolé. J’ai complètement oublié, mais je n’ai pas mes outils. Je ne peux pas te montrer grand-chose pour le moment, malheureusement... »

En tout cas, pas sur comment s’occuper des plantes. Tu sais qu’elle sera déçue – qui ne le serait pas ? Tu te souviens de toi, de tes grands yeux émerveillés quand tu apprenais quelque chose de nouveau. Ce n’est pas parce que ce sont juste des plantes que ce n’est rien du tout. Ça peut être tout un monde, ça peut égayer la journée de quelqu’un, juste une petite fleur ramassée sur le bord d’un chemin.
Par contre, ce que tu peux faire, c’est continuer de lui faire faire le tour des jardins et de lui apprendre le nom de chaque plante. Tu mordilles un peu l’embout de ta pipe, finis par ranger cette dernière comme à son habitude, dans la bande de ton chapeau, et puis tu observes l’enfant, en inclinant vaguement la tête de côté.

« Par contre, si tu veux, je peux t’apprendre deux-trois choses sur les plantes, comme leurs noms, ou ce qu’elles peuvent faire... Et puis, la prochaine fois, j’amènerai mes outils ! »

Tu dis ça avec une pointe d’optimisme, puisque de toute façon tu passes ta vie dans ces jardins, tu ne vois pas pourquoi tu ne recroiserais jamais Gala.



[HRP : désolée, ma réponse est pas extra non plus D: j'ai eu un peu de mal à me relancer, j'espère que ça te va quand même !]


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MessageSujet: Re: Pour une poignée de cerises. / Libre   Mar 6 Fév - 23:51

La petite fille était toute excitée à l’idée de faire une chose qui certainement la passionnerait. Elle aimait contempler les fleurs, la nature et les plantes, c’était bien plus intéressant que d’écouter les longues discussions des adultes, qui ne parlaient que de sujets dont elle ne comprenait que peu de choses. Regarder les fleurs, c’était plus intéressant que les cours de bonne tenue qu’elle était obligée de passer, durant une partie de sa journée. A la fin, elle en avait mal à la tête, et aux membres de son corps, tant elle devait rester droite et veiller à ce que chacun de ses mouvements soit « gracieux ». Contempler la nature, c’était bien plus intéressant que ces soirées mondaines, où non seulement elle devait écouter les longues et interminables discussions des plus âgés, mais en plus veiller à bien se tenir et à faire de jolies courbettes, devant de parfaits inconnus.

La curiosité la dévorait, elle voulait savoir comment mieux se lier à ces plantes, comment mieux les comprendre, comment s’occuper d’elles, comment les épanouir. Sans le savoir, Gala était devenue un peu plus expressive, et penchait légèrement la tête, attendant la réponse d’Egil. L’homme semblait ne pas être à l’aise, mais la princesse ne fit pas de commentaire, gardant patience. Etait-ce parce qu’elle insistait trop ? A ce moment-là, elle ne sut comment réagir, réadoptant comme elle le put une posture normale, droite mais pas trop, gardant toujours la tête basse quand il s’agissait d’une personne qui n’était pas de la famille Tyvalar. Finalement, il formula une réponse, qui attrista Gala, elle qui aurait tant voulu faire quelque chose d’amusant, aujourd’hui. Mais ce serait un manque de respect de montrer sa tristesse ou sa déception – du moins, on lui disait qu’une demoiselle devait garder une certaine posture – et tâchait de ne pas trop montrer sa peine, même si cela s’avérait être difficile.

Et, même si elle était triste, elle gardait la même allure, tournant la tête vers les plantes, à côté d’eux. Gala pouvait aussi passer le reste de la journée à les regarder, comme elle le faisait lorsqu’elle se rendait aux jardins, c’était amplement suffisant pour égayer sa journée. Cependant, le jardinier reprit, lui proposant de reporter la leçon de jardinage à un autre jour, et de lui apprendre les noms des plantes, et ce à quoi elles servaient. A cet instant, le regard de la fillette s’illumina, trop heureuse d’en apprendre plus sur ce qui la fascinait tant. Emportée par ses émotions, elle ne trouva d’abord pas les mots, hochant simplement la tête pour montrer que cette idée lui plaisait beaucoup. Elle prit quelques secondes pour retrouver le sens de la parole, puis répondit d’une petite voix :

-Cela me ferait plaisir. Merci.

Puis elle sentit la gêne monter, alors que sa journée était à nouveau égayée. Avec ses oncles, cela ne la gênait pas, même si elle savait qu’elle devait parfois les ennuyer, mais avec cet homme, elle se demandait si elle ne pousserait pas sa patience vers ses retranchements. Elle baissa la tête, s’intéressant au sol et ses chaussures, tout en énonçant d’une petite voix, qu’elle espérait audible :

-J’ai beaucoup de difficultés à mémoriser les noms des plantes…



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MessageSujet: Re: Pour une poignée de cerises. / Libre   Ven 9 Fév - 20:06



« Ce n’est pas grave ! tu lui assures doucement, toujours avec le même sourire placardé sur le visage.

C’est vrai, ce n’est pas grave si elle a du mal à retenir les noms des plantes. Vous aurez largement le temps de faire une bonne centaine de fois le tour de ces jardins. Et tu pourras aussi l’aider à se faire un herbier, quelque chose te dit que ça lui fera toujours plaisir. Et comme c’est égoïstement que tu t’avoues ne pas vouloir prêter le tien à qui que ce soit, accompagner la fillette dans la création de son propre recueil de plantes te semble être la meilleure solution.
Tu te lèves prestement, époussettes vaguement ta tunique et rajustes ton chapeau dans un réflexe des plus machinaux avant de faire signe à Gala de venir avec toi. Tu t’approches d’un massif d’églantier et tu le désignes d’un bref mouvement de la main.

« C’est un églantier, tu dis tranquillement. A l’automne on ramasse les fruits pour en faire des sirops, ou la soupe d’églantine. »

Ça, tu es certain qu’elle connaît. C’est assez populaire au château, et tu peux parfaitement comprendre pourquoi. Tu n’imagines pas vivre sans cette boisson sucrée appelée soupe pour tu ne sais trop quelle raison. Tu sais juste que l’hiver, quand la neige tombe, que tu contemples les flocons et que tu as un bol bien chaud dans les mains, le monde s’apparente à un parfait petit coin de bonheur insouciant.
C’est ainsi que tu entames ton tour des jardins en compagnie de Gala. Sur l’églantier, tu n’as pas grand-chose à dire, à part qu’autour de ses fruits se trouvent d’espèces de petites feuilles qui ont le don de démanger dès qu’elles entrent en contact avec la peau.
Et c’est ainsi que tu continues de guider la fillette dans les jardins et de lui faire part de tes connaissances sur les plantes. Avec la plupart, tu restes assez succinct, tu te contentes des détails qui, selon toi, sont susceptibles d’intéresser la gamine.

Mais tu prends ton temps. De toute façon, tu es tout sauf pressé. Tu as littéralement la journée entière devant toi, alors tu continues de jouer les professeurs au milieu de l’air frais qui siffle entre les feuilles des arbres environnants. Tranquillement.
Tu aimes bien Gala, tu la trouves vive d’esprit, elle a cette curiosité qui manque cruellement à la plupart des adultes. Et, autant être honnête, elle est beaucoup moins impressionnante que ces adultes que tu fuis tant parce que tu ne sais tout simplement pas t’y prendre avec les gens.

« Là c’est de la menthe sauvage, tu dis en désignant le tout petit plan, un peu isolé du reste du parterre. Elle pousse un peu partout. Elle a un goût très doux, on l’utilise surtout pour décorer. »

Tu tends la main pour détacher, très délicatement, deux petites feuilles du plan de menthe sauvage et en donner une à Gala, posée sur la paume de ta main. De ta main libre, tu déposes l’autre sur ta langue et tu savoures le parfum rond et velouté de la petite plante, à l’image de ses feuilles vert sucré et délicates. Elles sont incroyablement douces sous les doigts, presque duveteuses.
Tu souris toujours, et tu reprends ton exploration parce qu’il te reste encore quelques plantes à lui montrer, tu n’as pas vu le temps passer.



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MessageSujet: Re: Pour une poignée de cerises. / Libre   Mer 14 Fév - 23:44

Elle se sentait embarrassée à cet instant, et détournait le regard en fixant l’achillée qui faisait face au vent. Pourtant, il n’en faisait pas tout un plat, à côté. Plus même, il lui disait que ça n’était pas grave. Cela rassurait un peu la petite fille, même si elle n’était pas entièrement convaincue de ses dires. Il lui fit signe de la suivre, et elle s’exécuta avec joie, trop contente de pouvoir en apprendre plus sur les plantes. Cela lui rappelait un peu son oncle Aaren, sa façon de lui montrer et de lui expliquer calmement les noms et l’utilité des plantes, ils avaient quelque chose en commun. Elle leva la tête vers le grand arbre, et à l’évocation de son nom, elle n’eut pas de mal à reconnaître l’églantier. Elle aimait beaucoup cette soupe, en hiver, et au-delà de son goût, cela lui rappelait les réunions en famille, parce qu’en hiver, le temps était propice à l’union, et il y avait bien moins de visites au château que lors des chaudes journées d’été.

Qu’il était agréable de se balader dans un paysage aussi tranquille, en bonne compagnie. Le vent soulevait un peu sa robe, et ses cheveux étaient souvent balayés par le vent, et si quelqu’un la voyait ainsi, on lui dirait tout de suite de se recoiffer et de s’arranger. Mais elle ne s’en souciait guère. Ce qui importait, c’était de suivre Egil et de l’écouter attentivement, pour en apprendre le plus possible. Il était patient, et prenait le temps de s’arrêter pour expliquer l’essentiel de chaque arbre et plante qu’ils rencontraient. Elle en était ravie, et tâchait d’essayer d’en mémoriser le plus possible, d’au moins se souvenir de leurs noms, pour pouvoir impressionner sa mère et ses oncles ensuite, mais surtout pour elle-même. Elle aimait cette promenade, et cette conversation lui était agréable. Elle n’était pas obligée de toujours parler ou de répondre par des formalités, comme elle le faisait avec les adultes en général, lors de grandes réceptions. Elle n’avait pas à seulement attendre que la rencontre se termine, au contraire, elle voulait que cette journée se prolonge pour qu’elle puisse s’amuser plus. Gala savait qu’ensuite elle s’ennuierait, lorsqu’elle sera congédiée dans sa chambre lorsque le jour prendra fin. En attendant, elle profitait du moment, pendant qu’il en était encore temps.

Il s’approcha ensuite d’une plante pour en recueillir deux feuilles. Gala suivit ses mains du regard, la tête penchée vers la plante, curieuse d’en connaître le nom. Lorsqu’il énonça son nom, elle se le répéta intérieurement : menthe sauvage. Elle fut surprise lorsqu’il lui tendit la première feuille, ne sachant pas quoi faire. Elle observa le jardinier poser la seconde feuille sur sa langue, hésita un instant, par timidité. Mais la curiosité prit rapidement le pas sur sa nature timide, et elle saisit la feuille entre ses doigts, pour la poser à son tour sur sa langue. Elle fut agréablement surprise par son goût sucré, qu’elle n’avait jamais ressenti auparavant, puis reprit la petite balade quand l’homme continua sa marche. Egil était passionné par son métier, et Gala en était admirative. Elle aussi aimerait pouvoir consacrer tout son temps aux plantes, cependant, les adultes pensaient que ce genre d’activités n’était pas digne d’une fille de son rang. Ainsi, elle lui demanda, curieuse d’en apprendre plus sur lui :

-Depuis combien de temps êtes-vous jardinier ?



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CIVIL
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MessageSujet: Re: Pour une poignée de cerises. / Libre   Ven 16 Fév - 18:22



Tu sais, ça fait un moment que vous êtes là, que tu guides Gala dans les jardins.
Tu lui en as presque montré tous les recoins, tu ne te rends même pas compte que le soir commence à tomber. Tu as tranquillement répondu à sa question tout en continuant de lui désigner des plantes et d’autres, çà et là de chaque côté de vos silhouettes respectives, dans l’ombre qui s’installe précautionneusement. Celles des murs d’enceinte s’étirent, bientôt elles toucheront vos pieds.
Et, fait étonnant, tu n’as pas fumé depuis. C’est assez rare, en soi, quand on y pense, d’habitude, tout ton temps libre tu le passes avec ta pipe dans les mains ou entre les dents, parfois les deux. Ça fait six ans que tu es jardinier – horticulteur sur le papier – au domaine royal, et treize ans que tu es un fumeur plus ou moins assidu. Si ça se trouve, c’est juste pour tromper l’ennui.
Puisque tu n’y penses même pas alors que tu continues d’être suivi par la fillette. Vous vous êtes considérablement éloignés de l’entrée principale des jardins. Et tu n’as toujours pas entendu qui que ce soit l’appeler. Tu te demandes bien pourquoi.

Elle a l’air d’être de bonne famille. Ses parents doivent bien la chercher, non ? Ils doivent bien s’inquiéter de ne plus la voir ? C’est bizarre. Mais tu ne t’attardes pas dessus plus que ça. Tu as beaucoup d’autres choses qui te passent en tête, des noms de plantes, des propriétés de plantes, alors tu continues ton petit cours improvisé.
Jusqu’à ce que les ombres des murs d’enceinte touchent vos pieds. Là tu relèves la tête, un courant d’air agite les rebords de ton chapeau et tu réalises le temps qui vient de passer. Beaucoup. Tu t’es perdu, Egíl, perdu dans ta tête, perdu dans ce que tu connais, tu t’es laissé porter par ton enthousiasme, et voici le résultat.
Tu te mordilles un peu la lèvre, regardes Gala. Tu te demandes si elle réussira à rentrer seule. Le contraire serait étonnant, le château est certes grand, mais tout de même. Et elle t’a trouvé elle-même.

Toi, tu voudrais bien rester encore un peu, contempler la nuit tomber dans les jardins du domaine royal, maintenant qu’ils ne sont plus totalement recouverts d’un manteau blanc de petites étoiles glacées.

« Tu devrais peut-être rentrer, tu dis finalement en te tournant vers la fillette.

Tu lèves une main, lui désigne un point à l’opposé de votre position. D’un coup d’œil, tu vérifies que tu ne vas pas lui raconter de bêtises, puis tu reportes ton attention vers elle.

« La grande porte est par là, tu la reconnaîtras facilement, de toute façon. Je te fais confiance pour ça. »

Elle est du château, elle connaît la porte.
Ce n’est pas dans ces jardins qu’elle risque quoi que ce soit. Croiser une mésange, peut-être, guère plus.



__________________
Fait pleuvoir en #216651

Tuopa taita tammen latvat, rutaise rutiset raijat, nouse tuuli tuulemahan, vihkurit vetelemään, nouse tuuli tuulemahan, ilmarinte riehkimään


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