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 Carnets volants.

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FRILAGEN
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MESSAGES : 37
DATE D'INSCRIPTION : 01/03/2014
GRADE/MÉTIER : Général

MessageSujet: Carnets volants.    Mer 4 Oct - 13:28


CARNETS VOLANTS
feat;Sieg.




-Je ne désire qu'une chose en réalité. Que le poids qui alourdit ton cœur et ton esprit s'allège, d'une quelconque manière.

Il la regardait, après avoir fixé l'horizon sans savoir réellement sur quoi ses yeux s'étaient posés. À présent ses pupilles fixaient son visage, ses expressions, ses cheveux. Elle tourna celui-ci vers lui, son sourire était éclatant. Il était sincère quoiqu'on en dise. Pourtant, il sentait cette lourdeur suffocante comme si lui-même la portait.
Ce portrait d'une des femmes les plus belles qu'il ait rencontré, assise dans l'herbe de la plaine, des livres épais sur les genoux et se forçant à continuer comme si de rien n'était, lui était de plus en plus insupportable. Si la peinture avait quelque chose de poétique et de dramatique, il laisserait bien tout cela aux artistes : lui, il était guerrier et réaliste.
Elle pouvait mettre à ses pieds des colonies d'hommes.
Elle méritait tellement mieux.
Il voulut la prendre dans ses bras, alors qu'elle rivait de nouveau son regard sur le paysage, mais il connaissait ses craintes. Il se sentit impuissant. Parfois, il espérait qu'elle tombe amoureuse d'un autre, même si c'était de lui-même, pour qu'elle ait une accroche réelle, un réel soutien. Mais il ne pouvait forcer le cœur des gens. Celui-ci était bien cruel.

-Dis, Lekný... s'il y avait des choses en plus, tu me le dirais ?

-Comment pourrais-je te mentir ? Lança-t-elle, spontanément, sans prendre le temps de réfléchir.

Pourtant il savait, que lorsqu'elle souriait comme ça, de son sourire toujours aussi lumineux et chaleureux, il y avait un gouffre qui trouait tout son être, la faisant baigner dans un sang d'amertume et de douleur. Il savait ce qu'elle ressentait, comme si elle avait laissé transpiré toute sa vie au travers de ses pores. Comme si cette porte à loquets, cadenassée, explosait doucement au travers de fentes moisies par le temps.
Il soupira, passa sa main sur la nuque.

-Bon, passe me voir ce soir dans mes appartements.

Il s'était retourné, à contre-coeur, et était parti en direction du camp, laissant derrière lui celle qu'il ne voulait laisser seule pour rien au monde.

-J'aurais peut-être dû le garder... se demanda-t-il à haute voix, concerné et inquiet, alors qu'il passait le groupe des hauts gradés postés à l'entrée du camp.



Une nouvelle brise fit s'envoler quelques papiers, tes cheveux, les pans de ta robe.
Tu ne les retins pas, tes yeux vides posés sur ce paysage aux allures idylliques. Tu avais l'impression que ce monde n'existait plus que dans tes souvenirs, que ce monde n'était qu'une partie de l'illusion dans laquelle tu avais grandi. Étais-tu encore apte à vivre ainsi ? Ou devais-tu partir loin, loin de tout cela pour remettre un certain ordre là-dedans ?
Tu posas ta main sur ton cœur.
Il faisait mal, très mal. La douleur était atroce. Une sorte de brûlure, une contraction, des vagues de nausées qui remontaient dans ton gosier. Cette chaleur diffuse, désagréable, qui se répandait dans tes épaules, dans ta gorge. Cette boule énorme qui ne voulait pas sortir, mais qui ne pouvait s'empêcher de le faire lorsque tu fermais les yeux et essayais de dormir.
Niddhögg sortit d'entre tes vêtements, vint se poser sous ta main et resta là, immobile. Ses yeux luisaient, de cette lueur rare qu'ont les reptiles. Une lueur de compassion et d'intelligence que seul lui avait su exprimer. Oui, lui était encore là. Tu n'étais pas seule.
Lui et Pehr. Et Anneli. Et Sieg. Et tous en fait.
Tu soupiras. Inspiras, repris de ta grandeur en redressant le dos. Tu ne pouvais te laisser aller. Pas lorsque tu avais de telles responsabilités. Mais si tu avais pu, tu te serais arrachée le cœur avec beaucoup de conviction. Il ne restait en celui-ci que les dégâts que toute cette histoire avait causé.

Tu te figeas.
Tes yeux fixaient droit devant toi.
Pourquoi tu n'y avais jamais pensé ?...
Tu bondis sur tes pieds, ramassas en hâte tes affaires et courus comme tu le pus jusqu'au château, montant les marches comme si ta vie en dépendait. Tes cheveux, tes vêtements, claquaient dans le vent au rythme de ta course. Tu ne saluas pas les soldats que tu croisais, d'ailleurs eux-mêmes surpris de ton état, et tu fermas la porte de tes appartements avec un certain empressement. Balançant tes affaires sur le lit gigantesque que tu avais décoré de nombreuses bricoles plutôt glauques, tu te dirigeas vers ton bureau dont tu ne distinguais ni le début ni la fin.
Tes doigts poussèrent les papiers, cherchèrent d'autres.
Pourquoi tu n'y avais pas pensé ? Toi à qui toutes les formules pouvaient réussir. Il suffisait d'endiguer le problème à la source.  

Anesthésier ce qui brûlait. Comme une blessure. Comme un pansement.

Tu cherchas du regard et tu trouvas quelques papiers.
Oui, c'était ça. Il fallait qu'elle crée une potion pour tuer ces souvenirs.

Tu fronças légèrement les sourcils, plissas les yeux. La manœuvre était dangereuse, mais tu ne pouvais pas passer à côté d'une avancée aussi importante. Et quitte à le tester, autant le faire sur toi-même. De plus, si les Frilägens voulaient effacer la mémoire de quelqu'un de gênant, ce serait l'occasion-même de progresser dans ses recherches.
Tu fis quelques recherches plus poussées, pris la liste des ingrédients par-ci par-là, demandas à certains soldats de lancer la recherche. Cela leur ferait faire de l'exercice, dans la forêt du coin. Mais tu ne pouvais te permettre de faire ses tests ici : au retour des soldats, tu t'isolerais dans ta cabane, au fond de ces bois.

-Général Jarvinen ? Vous êtes sûre pour ces ingrédients ?...

-Vas-y vite avant que je ne te transforme en crapaud. Avais-tu répliqué, plus irritée et irritable que jamais.

Et on t'avait laissé tranquille. Du moins, c'est ce que tu croyais.




Les quelques soldats réquisitionnés se concertèrent en descendant les escaliers, lisant et relisant les ingrédients dont elle demandait la cueillette. Si de coutume cela se limitait à des champignons et des plantes plus extravagantes les unes que les autres, il était rare que dans la liste les mots "patte", "peau", "cœur" ou "sang" ne soient écrits. Extrêmement rare.
Même pour quelques lézards et quelques oiseaux.
C'est que le Général Jarvinen n'aimait pas toucher aux animaux. Alors une liste qui comprenait des parties animales, de suite cela mettait la puce à l'oreille.
-Tu crois vraiment qu'il faut y aller ? Et si on en parlait à quelqu'un de plus haut gradé ?
-Nan mais ça va pas la tête ? Et si elle capte qu'on est allé le raconter ?!
-Oui mais je sais pas ce qui est pire... cette liste, sa colère, ou celle du chef si on ne lui dit rien...
-Hm...
-C'est quand même la première fois qu'elle nous menace de nous transformer...
-Urh... pitié destin, si tu existes, aide-nous...

Ils soupirèrent de désespoir en sortant du château.









In this beautiful world that is smeared with lies, i'm looking at the moon.
Lekný Jarvinen


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