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 Told you that I didn't want to go. / Lekný

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FRILAGEN
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MessageSujet: Told you that I didn't want to go. / Lekný   Dim 28 Jan - 15:20



Told you that I
didn't want to go.



« Accompagne-la, Pasi... Je préfère pas la laisser toute seule, Pasi... Je te fais confiance, Pasi... Bla bla bla, et puis quoi encore... »

Tu marmonnes, les mâchoires serrées pour essayer de ne pas claquer des dents comme un abruti.
C’est ta principale activité depuis que vous êtes là, aux abords de la baie Lemminkäinen, et que Lekný s’occupe de son stock de plantes. C’est une grande fille, tu la laisses se débrouiller, et pendant ce temps, tu as l’impression de te congeler lentement mais sûrement. La neige, tu veux bien supporter. Tu aimes bien, la neige, et tu considères qu’on n’est jamais trop vieux pour cesser de jouer avec de la neige.
Sauf qu’à mesure que vous vous êtes rapprochés de la mer, la neige s’est transformée en boue brunâtre de neige fondue et de terre à moitié dégelée, et les embruns salés, et surtout glacés, ramenés du large se sont chargés d’en rajouter une couche et de rendre l’atmosphère encore plus inaccueillante qu’elle ne pouvait déjà l’être.

Un frisson force le passage le long de ton échine et vient s’étaler sur sa nuque alors que tu fais quelques pas au milieu de l’herbe humide secouée par le vent. Tu as froid aux mains, froid aux pieds, froid aux oreilles, bref, tu es frigorifié, et tu n’as qu’une envie, c’est faire demi-tour.
Mais tu ne peux pas. Hansson t’a assigné une mission, que tu préfères quand même à celle de regarder les recrues se vautrer sur le verglas, même si c’est drôle, et tu ne tiens pas vraiment à te faire écharper en place publique pour avoir failli à la tâche.
Alors tu restes là.
En râlant.

« Il en a de bonnes, tiens... Elle aussi, elle en a de bonnes... tu lâches avec un soupir et un vague regard pour ta supérieure hiérarchique qui se trouve à quelques vingt bons mètres de là. On a pas idée de venir se perdre ici par ce temps, non mais sérieusement... Même les marins sortent pas, y a pas un piaf dehors, mais non ! allons-y quand même, et allez... »

De ton côté, Pasi, tu considères que quand les oiseaux ne sortent pas, ce n’est même pas la peine de vouloir mettre un pied dehors, et c’est d’autant plus vrai avec les oiseaux marins. Pas de goéland dans le ciel équivaut plus ou moins à vouloir s’envoler en ouvrant la porte de chez soi.
Certes. La force du vent n’en est pas à ce point-là, mais il fait suffisamment froid pour que n’importe qui préfère rester au coin du feu. Tu en rêves, bon sang, tu en rêves... ! Tu sais déjà que tu as les lèvres bleues et tu croises les bras un peu plus serré contre ta cage thoracique pour essayer de te réchauffer un minimum. Même avec ta cape et tes gants, tu te gèles.
Tu n’as même pas envie de profiter du bruit du ressac sur la plage, tu as juste envie que la douleur aiguë qui enserre tes orteils et tes doigts se transforme en ce doux picotement qui t’annoncerait que tu es en train de faire le phoque échoué près d’une cheminée.
Tu. Rêves.

« Il va bien se foutre de moi, l’autre crétin... Ça va le faire rire pendant deux bonnes semaines, au moins. »

Une petite pensée pour Sieg, quand même, qui doit être bien au chaud. Le salaud.
Tu lui en voudrais presque pour ça, tiens.

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FRILAGEN
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MessageSujet: Re: Told you that I didn't want to go. / Lekný   Mar 30 Jan - 18:40



told you that
I didn't want to go
feat;Pasi.




L
e vent fait claquer les vêtements dans l'air, cette robe large portée ainsi qu'un vêtement de deuil sur les épaules, et que ce chapeau, attaché à ton dos, tentait de surmonter cette envie de voler au loin.

Tu te mets à regarder l'océan un peu comme si tu ne l'avais jamais fait. Cette immensité d'eau, dont la salinité pénétrait à tes narines avec une vague de regrets et de peine, commençait à assécher ta gorge, ton esprit, ton cœur assombris à présent.

Étrangement, ces sentiments mêlés tendent à disparaître à mesure que tu cueilles les quelques algues échouées par l'écume blanche, heurtant tes pieds avec la sensibilité d'un drap de velours. Tu as enlevé tes chausses, plus haut sur la colline, et c'est pieds nus que tu savoures ce moment un peu exceptionnel avec les marées.
La plante de tes pieds s'enfonçant sur le sable mouillé, tu plies les genoux pour toucher l'eau et sourire, d'un sourire que tu te forces à penser comme si le visage d'un certain souvenir disparaissait à chaque retrait de l'eau, s'évanouissant dans les profondeurs marines.

Et puis, il y a ce crabe d'un vert si translucide, que tu voyais presque son intérieur. Et qui fixe de ses yeux noirs, d'un noir brillant, l'algue que tu tires doucement de sa pince. Il semble mécontent, mais tu souris simplement.
Après tout, tes longs cheveux blonds n'étaient plus teintés, tu avais besoin de cet algue étrange qui donnait une couleur si particulière à ta chevelure. Beaucoup de tes hommes avaient eu du mal à te reconnaître sans, et ce retour à l'état naturel t'avais paru nécessaire pour enfin laver tes soucis, tes souvenirs. Tes pensées, comme si cette couleur turquoise s'en allait avec la personne sur laquelle tu les avais amassées.

Tu ouvres un pot avec délicatesse, y fourre une nouvelle plante et le referme.

-Pasí...


Tu te retournes légèrement, te redressant sur tes genoux, prenant appui sur la plante de tes pieds. Le vent se soulève une nouvelle fois. Toi, ce froid, tu en as l'habitude. Tu plonges parfois nue dans l'eau glacée sans t'en soucier. Mais c'est peut-être aussi ton immunité aqueuse qui te le permets. Ta robe claque de nouveau, tes cheveux blonds emportés une nouvelle fois.

Cette silhouette se déchire sur le paysage gris autour de vous. C'était un tableau peint un jour morose, mais où les couleurs des figurants relevait le petit sourire que tu avais sur les lèvres.

-Tu n'étais pas obligé de venir, si tu ne voulais pas.
Dis-tu, sans reproche, sans jugement. Tu mets inconsciemment une mèche derrière ton oreille, elle t'empêche de voir le grand dadet qui râlait depuis quelques minutes.
Je ne veux pas te forcer. Et puis, tu connais Pehr. Il a tendance à exagérer les choses.


Dans un réflexe tu fais de nouveau face à l'océan. Tu marches tranquillement jusqu'à avoir les chevilles dans l'eau.
Elle est glacée.








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Lekný Jarvinen


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MessageSujet: Re: Told you that I didn't want to go. / Lekný   Mar 30 Jan - 21:37



Un frisson glacial remonte le long de ta colonne vertébrale quand tu regardes Lekný avancer dans l’eau. Tu resserres encore un peu tes bras contre de toi et tu remontes les épaules, en crispant machinalement les poings alors que tes dents n’en finissent pas de s’entrechoquer.
L’hiver. Tu détestes l’hiver. Surtout que, dernièrement, tu ne sais trop pourquoi, les températures sont beaucoup plus basses que ce  à quoi le bord de mer t’a habitué – ce qui veut dire que c’est encore pire ailleurs, mais ça tombe bien, tu ne vas pas ailleurs. Tu détournes les yeux en laissant un bref éclat de rire nerveux t’échapper. Et c’est tout.

Tu n’as aucune idée de si Hansson exagère ou non les choses, de ce que tu as retenu, il y voit beaucoup plus clair que ce qu’on peut penser, et bizarrement, tu lui fais confiance. Alors tout ce que Lekný t’a dit, une fois la surprise et le froid passés, c’est une moue dubitative et une profonde réflexion sur ce qui déconne vraiment. Et la seule réponse qui te vient, c’est que quelque chose ne va pas avec ta supérieure hiérarchique.
Elle n’a plus les cheveux turquoise, elle a arrêté de se les teindre, et elle porte sans cesse ce vêtement de deuil, alors que personne n’est mort. Et toi, tu ne comprends pas. Tu as essayé, pourtant. Tu as essayé, de lui changer les idées. Tu es allé, tout sourire, lui annoncer ta montée en grade. Tu en as fait, des conneries, tu t’es même involontairement vautré devant elle à cause du verglas.
Pas une seule fois tu ne l’as vue ciller.

Alors tu fais confiance à Hansson, point final.

« Mais arrêtez avec ça, bon sang... tu soupires, exaspéré, en haussant un peu la voix pour couvrir le bruit du vent. Celui qui a dit qu’on avait toujours le choix était un crétin ! On a pas toujours le choix, on a quasiment jamais le choix. Et moi j’ai pas le choix d’être ici ! »

Ça te déplaît.
Ça ne te déplaît pas tant que ça.
Tu n’es pas complètement sûr, tu as encore du mal à savoir. Tu aimes bien Lekný, tu t’en fais pour elle, et tu dois bien admettre que passer un peu de temps juste avec elle, tu ne diras pas non. Mais c’est du temps que tu aurais préféré passer à discuter, pas à t’inquiéter de la retrouver avec des engelures parce qu’elle se balade dans une eau glacée. Magicienne ayant des affinités avec l’eau ou pas, elle n’est pas immunisée contre les températures, tout de même...
C’est plus faire le planton dans le froid et la neige qui te dérange, dans tout ce bazar.

« Hansson m’a dit de venir, tu crois vraiment que j’ai le choix de négocier avec lui ? tu demandes en essayant d’oublier que ce n’est pas à elle que tu en veux, mais à l’environnement, J’ai pas envie de me faire écharper à mon retour, merci bien... »

Tu décroises brièvement les bras, le temps de lancer ta main par-dessus ton épaule en signe d’agacement, puis tu récupères ta position initiale et observes les alentours. C’est vrai, quoi. Tu n’as jamais demandé à atterrir chez les Frilägen, on l’a décidé pour toi. Ça n’aurait tenu qu’à toi, tu serais resté en mer sur ton bateau, sauf que tu n’as pas pu.
Alors tu ne vas pas t’aventurer à discuter les ordres d’un grand supérieur hiérarchique, et encore moins s’il s’agit de Hansson. Non, quand même, si on est honnête trois secondes, il est quand même flippant, ce mec. Jouer les resquilleurs, oui.
Mais faut pas déconner non plus.

« Par contre, oui, j’aimerais bien rentrer vite si ça te gêne pas... tu finis par admettre, d’un ton un peu plus bas, presque penaud.



Dernière édition par Pasi Kjell le Mer 31 Jan - 15:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Told you that I didn't want to go. / Lekný   Mer 31 Jan - 2:51



told you that
I didn't want to go
feat;Pasi.




P
asi avait toujours été comme ça. De loin ou de près, il reste cet homme qui s'inquiète toujours pour tout, grade ou pas grade. Alors ça ne te surprend pas qu'il râle de cette manière. C'est un peu toi qui les force à prendre ce genre de dispositions. Et en vérité, tu aurais préféré te défouler à faire des vagues sans craindre de noyer quelqu'un... seule.

Là, la seule chose qui te traverse l'esprit c'est de pouvoir rentrer et te refaire cette coloration. Tu as assez donné de ta personne, tu es une coquille qu'il faut remplir après s'être longtemps vidé.
Alors tu ris par réflexe.

Parce que Pasi, c'est Pasi. Il a un peu ce "trop" que tu n'as jamais eu ; et ce quelque chose de "pas assez" que tu étais, avait fini par te déchirer. Tu en avais assez de toi-même et tu ne pouvais leur en vouloir d'en avoir assez de toi.

-D'accord, d'accord. Rentrons.


Alors tu remontes doucement la petite colline, et tu ramasses tes chaussures. Il fait froid mais tu ne le sens pas ce froid. Ou tu ne veux pas le sentir. Celui qui t'as envahi pendant plusieurs mois, qui a dévoré cet organe et qui t'a rendue distante, est plus glacial que celui du vent qui passe entre tes cheveux.

Tu poses alors les bocaux un instant, comme pour profiter. Puis tu te retournes vers l'immensité de l'eau. Cela fait combien de temps à présent ? Tu ne sais. Les jours se perdent. Ta conception est faussée.

Mais tu en as assez.
Alors tu sèches rapidement tes pieds. L'herbe est fraîche, elle casse parfois sous le poids de tes pas. Tu te chausses et reprend ton sac, où tu mets en hâte les bocaux remplis. Il y en a assez pour refaire ta masse chevelue.

-Et les soldats dont tu t'occupes ?


Tu as posé cette question sans grande conviction. Mais tu savais que l'ancien soldat y tenait. Tu avais vu ses yeux briller avec détermination, même si ton âme s'était envolée bien avant.

C'est que tu ne pouvais plus être heureuse pour personne, comme tu l'étais inconsciemment, avant. Tu avais envie mais tu n'y arrivais pas. Et la seule consolation que tu trouvais, c'était de rester tes soirées à t'endormir dans les bras de Pehr.

-On m'a dit qu'ils posaient moins de soucis. Te fais pas avoir.


Toi, tu ne peux t'en occuper en ce moment, c'est que tu n'as pas l'étoffe que tu avais avant. Tu es censée prendre sur toi et redémarrer, à ton rythme. Revoir un peu les bases de ton tempérament de chef. Revisiter ton passé pour te repérer, comprendre qui tu étais avant cette césure.

Alors en marchant, tu te fiches bien du vent. Tu te fiches bien du froid.
Tu lui donnes un faux coup sur le bras.
Un coup qui ne fait même pas mal, tu le touches juste.

Tu essaies de t'accrocher à quelque chose, à ta façon.







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Lekný Jarvinen




Dernière édition par Lekný Jarvinen le Ven 9 Fév - 0:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Told you that I didn't want to go. / Lekný   Mer 31 Jan - 17:42



L’herbe givrée crisse sous vos pas alors que vous repartez. Tu n’es pas mécontent de faire demi-tour, même si le chemin jusqu’au camp va s’avérer encore assez long, surtout par ce temps. Le seul avantage, c’est que bientôt, vous n’aurez plus ce vent venu du large à vous fouetter le visage, ou en tout cas, il sera moins fort.
C’est tout machinalement que tu observes les alentours, que tu surveilles plus ou moins. Tu ne prêtes absolument aucune attention à ce qui vous entoure, tu as bien trop froid pour ça, et tant que Lekný est dans les parages, ta capacité de concentration frôle le zéro absolu – tu t’inquiètes bien trop à son sujet pour en avoir quelque chose à faire de si quelqu’un s’approche de vous ou pas.
Ton point de vue est biaisé.

Tu ne décroises pas les bras, tu laisses d’imperceptibles frissons parcourir ton dos, tu as l’air tout sauf enchanté d’être où tu es, mais ça ne change pas beaucoup par rapport à d’habitude. Tu écoutes distraitement la question de la générale, ne réponds pas immédiatement. Tu laisses un petit silence flotter.
Finalement, tu soupires.

« J’ai été à leur place pendant un certain temps... T’en fais pas. Je me débrouillerai. Je me débrouille toujours, de toute façon. »

Ce n’est pas comme si tu avais tellement le choix, de toute façon. Certes. Tu as obtenu un grade, mais tu n’es que sergent, on te confie un minimum de responsabilités et tu seras peut-être très vite dépassé par un des clampins que tu entraînes. Ton seul avantage, c’est que oui, tu as été à leur place un bon moment. A la place de celui qui n’a pas demandé à être là, la place de celui qui ne veut pas se lever le matin, la place de celui qui en a marre de l’entraînement aux aurores, la place de celui qui enfreint soigneusement chaque règle juste pour tromper un peu l’ennui et la monotonie d’une institution militaire.
Tu as été à la place de celui qui veut juste s’amuser, et la tendance commence tout juste à s’inverser. Toi ? Oublier d’être le fêtard, le lève-tard du groupe ? Oh ! que non ! Mais tu ne peux plus te permettre autant de conneries, comme tu pourrais te laisser plus de marge.
Mais Hansson t’a à l’œil, ça, tu en es convaincu.
Depuis l’engueulade sur le bateau, tu sais qu’il porte un intérêt tout particulier à ton cas. Et tu refuses de donner à qui que ce soit un prétexte pour te jeter dehors.

Les Frilägen ne sont pas encore au rang de maison pour toi, mais c’est grâce à leur existence que tu es encore en vie.
Tu leur dois bien ça.
Quand la main de Lekný rencontre ton bras, tu piles net, au milieu de l’herbe givrée secouée par le vent. Tu la considères, décontenancé, si ce n’est surpris. Qu’est-ce qu’elle fait ? C’est la question que tu te poses. Elle n’a jamais fait ça, avant, engager un contact quelconque.
Tu avais plutôt eu l’impression qu’elle voulait rester la plus distante possible, comme si elle avait voulu monter dans une barque et se laisser porter par le courant – loin des autres, loin de tout.

« Lekný... tu amorces avant d’avoir un temps d’hésitation, une vague seconde où tu ne sais pas trop comment tu pourrais tourner ta phrase. Arrête.
Arrête de réfléchir.
Tu n’as jamais été doué pour ça, de toute façon. Alors tu inspires à fond, le froid te brûle l’intérieur du nez, les poumons, c’est désagréable. Mais tu ne cilles pas.

« Qu’est-ce qu’il y a ? tu demandes doucement, parce que c’est évident qu’il y a quelque chose.
Ou qu’il y avait quelque chose.

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MessageSujet: Re: Told you that I didn't want to go. / Lekný   Ven 9 Fév - 0:53



told you that
I didn't want to go
feat;Pasi.




Q
u'est-ce qu'il y a ?
Tu ne sais pas vraiment. À dire vrai, tu ne sais même pas si tu peux arriver à répondre à cette question.

Tu as réussi à faire l'impasse sur beaucoup de choses, là, tu ne te souviens pas vraiment du problème. La seule chose qui revient en bribes, c'est une douleur étrange dont tu veux te débarrasser, comme si la torture qu'elle engendrait était insoutenable.

Une bourrasque soulève une nouvelle fois tes cheveux, claque ta robe contre tes jambes. Tu te couvres l'arrière de la tête pour éviter que ton chapeau ne s'envole, malgré l'attache sommaire que tu lui as faite sur tes épaules.
Tu crois sentir le crachin de l'eau salée, mais tu ne t'en préoccupes plus vraiment.

Ce sont tes paupières qui se ferment un instant, faisant mine d'attendre à cause du vent. Non, tu ne sais pas ce qu'il y a, tu as oublié. Et là, tu vas mieux, alors tu n'as rien à expliquer. Tout est derrière toi à présent. La seule chose que tu as envie de faire, c'est de te blottir une nouvelle fois contre Pehr et lui pourrir la nuit avec tes histoires débiles.

Alors tu ris simplement, tu sais que Pasi est du genre à se préoccuper pour des trucs, que toi-même tu n'as jamais eu en visu.

-Tu t'inquiètes pour mes cheveux ? Ne t'en fais pas, j'ai cueilli toutes ces plantes pour me refaire la coloration.
Dis-tu spontanément.
Mais c'est aussi bien, de temps en temps, de les laisser respirer. Ils étaient tellement abîmés, que tous les soins ne servaient à rien !


Tu penses alors à ta petite cabane que tu avais délaissé cette semaine, alors tu traînes un peu plus mais tu avances avec le vent. Tu as du mal à résister à ce dernier. Niddhogg, lui, est resté au château. Avec ce temps il ne serait même pas capable de se réchauffer assez pour survivre.

-Par contre, toi, tu as une tête de déterré. Tu es sûr que tu dors assez ?


Les bocaux tintent dans ton sac. Tu fais attention à ne pas t'enfoncer dans certaines zones d'herbes molles. Parfois, ces trous peuvent te causer des entorses.

-Tu sais, tu peux refuser des soirées avec Sieg, il ne t'en tiendra pas rigueur.


Mais le château lui, se rapprochait déjà beaucoup trop de vous.










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Lekný Jarvinen


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MessageSujet: Re: Told you that I didn't want to go. / Lekný   Ven 9 Fév - 21:38



Un long soupir à demi agacé franchit la barrière de tes lèvres alors que tu regardes Lekný, une expression indéchiffrable sur le visage. Tes yeux naviguent entre l’énervement, la consternation, l’inquiétude et une profonde tristesse. Pour la jeune femme en face de toi. Parce que, c’est con à dire, mais c’est toi le plus vieux des deux, si tes souvenirs sont bons – et là-dessus, va savoir, mais ils risquent fort de l’être.
Tu apprécies Lekný. Pire que ça, tu l’aimes. Enormément. Comme on peut aimer une amie, une sœur, ou même beaucoup plus que ça, tu n’as jamais vraiment réussi à démêler ce sentiment pour t’en faire une idée qui ne soit pas faussée. Mais le fait est que, oui, tu aimes profondément Lekný, et en conséquence, tu t’inquiètes pour elle. C’est normal.
C’est ce qu’il se passe entre amis, entre membres d’une famille. Entre autres choses. Mais par-dessus cette inquiétude commence à se rajouter l’arrière-goût amer de l’énervement.

Justement parce que tu l’aimes, elle t’agace. Parce que toi tu vois qu’il y a quelque chose qui cloche, et qu’elle semble ne pas s’en rendre compte, à moins qu’elle ne veuille pas.
Tu t’arrêtes. Au beau milieu du vent glacé, de l’herbe givrée qui ondule sous les bourrasques, tu t’arrêtes, et tu fixes ta supérieure hiérarchique sans ciller.

« Arrête, Lekný, tu assènes doucement, haussant machinalement la voix, tu ne sais pas pourquoi. Arrête, c’est pas moi qui ai une sale tête, c’est toi. Arrête de reporter tes problèmes sur les autres, arrête de les ignorer et de les donner à qui bon te semble parce que c’est plus simple. Arrête ! Arrête de te faire du mal, bon sang ! »

Ça t’échappe, presque sans que tu ne puisses y penser. Tu réfléchis depuis tellement longtemps à ce problème, tu es obligé d’en penser une partie, mais tu ne cherches pas tes mots comme tu pourrais le faire, ils se forment tous seuls sur le bout de ta langue, et toi, tu les laisses s’évader dans l’air froid des jours d’hiver. Si tu t’étais contenté de répondre à sa question, ça aurait peut-être été plus simple.
Tu aurais juste répondu que, oui, ça va, tu es sûr de dormir assez, et que Sieg n’a pas à te tenir rigueur de ne pas accepter ses soirées, puisque tu es toujours celui à les lancer. Tu serres machinalement les poings sous ta cape, à cause du froid, ou du fait que ton cœur s’est emballé, tu n’en as aucune idée, tu sens juste tes phalanges se crisper et tes tendons tirer jusque dans tes omoplates.

« Je vais bien, d’accord ? tu reprends avec un ton qui est peut-être trop posé, malgré la fêlure qui commence à s’y glisser. Moi, je vais bien. Toi, non. Et je dis pas ça qu’à cause de tes cheveux. Bon sang, Lekný ! mais ça se voit comme le nez au milieu de la figure que ça va pas, ça fait des mois que... »

Des mois que quoi ?
Avoue-le, Pasi, tu n’en as aucune idée. Tu sais juste que du jour au lendemain, Lekný s’est mise à agir comme une veuve éplorée, et que ça dure depuis beaucoup trop longtemps. Tu ne la reconnais plus, ce n’est plus la jeune femme qui venait te tirer du lit le matin et te houspillait pour que tu t’actives un peu, que tu y mettes un peu plus du tien pendant l’entraînement.
Tu hausses les épaules.
Tu abandonnes, aussi vite que tu as commencé.

« Oh et puis, tu sais quoi ? J’arrête. »

Ça aussi, ça t’échappe.

« Ça fait des mois que je suis là, à poireauter, à essayer de t’aider, et je passe simplement pour une latte de parquet qu’on remarque juste quand il faut la cirer ! J’arrête. J’ai compris, tu veux gérer ça tranquille dans ton coin, alors d’accord. De toute façon, je suis pas loin, tu sais où me trouver. »

Là-dessus tu te remets à avancer. Tu regardes un minimum où tu mets les pieds, parce que l’endroit se retrouve vite piégé quand le temps est au givre. Parfois, l’herbe glisse, on a tôt fait de se vautrer sur ce terrain. Tu ressasses, machinalement, ce que tu viens de dire. Tu as peut-être été plus méchant que tu l’aurais voulu, peut-être même trop. Mais tu en as marre. Ça fait des mois que tu t’escrimes pour aider une personne qui t’es chère, et la susdite personne ne t’a jamais rien témoigné.
Tu es bien obligé d’admettre que ça a un côté rageant. Tu as l’impression d’avoir donné ta confiance à Lekný, et de t’être mangé une gifle en retour.
Comme sentiment, on a fait plus agréable. D’ailleurs, tu as comme l’impression qu’il se met à pleuvoir.

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MessageSujet: Re: Told you that I didn't want to go. / Lekný   Ven 16 Fév - 18:14



told you that
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T
es sourcils se froncent vers le haut, un fin sourire s'étend sur tes lèvres.
Pasi n'a pas changé, et tu le sais. Mais il vient après la tempête. Il vient après la rage et la douleur. Il vient après l'attente interminable qui a suivi le départ.

Tu avais de trop souffert pendant autant de mois. Tu avais essayé d'expulser cette douleur loin, loin de tout, loin d'elle. Et comme tu n'y étais pas arrivée, tu avais hurlé et t'étais isolée avec cette peur de tout rater.

On ne peut écraser un passé avec un simple coup de bâton. Ni une vague d'eau. D'autant moins quand la personne a passé la moitié de son existence en ta présence. Alors, si Sér avait eu moins de soucis pour te rayer derrière, il avait été plus difficile pour toi de tourner une page aussi importante. Celle qui permettait à ton existence de tenir un minimum.
Tu as envie de lui expliquer. Mais tu n'en as plus la force.
Tu n'en as plus l'envie.

Parce que depuis quelques semaines, ton cœur est enfin passé à autre chose. Tu n'as plus envie de ressasser. Tu n'as plus envie d'en parler comme si cela s'était produit hier encore. Tu avais toi-même réussi à faire ce deuil qui t'avais écrouée derrière tes livres.
Et dans tout ça, il y avait eu Pehr.

Alors tu soupires en le voyant se fâcher et partir. Pasi est trop sensible pour un pirate. Il a oublié ce que c'était que de subir les affres d'une mer déchaînée. Il a oublié beaucoup de choses, mais tu ne lui en veux pas. C'est Pasi, après tout.

Tes doigts se sont figés un instant, en l'air, alors que tends le bras.
Puis ils attrapent le tissu qui le protège, sur son dos. Au début tu n'as pas de mots pour le consoler. Tu ne sais pas vraiment si tu as envie de le consoler. Tu avais juste envie qu'il accepte que le trait était tiré. Mais que tu n'étais pas prête. Pas prête à déballer ce que le flot de souvenir risquait de déverser sur toi, par crainte de chuter une nouvelle fois.

-Ne te fâche pas, Pasi.


Et un nouveau sourire vient étendre tes lèvres.

-Ca va mieux, vraiment. Mais... je te raconterai plus tard. D'accord ?


Tu penches la tête. Ton visage est neutre, tu ne lui en veux pas. Tu ne te fâches pas, tu es juste comme tu es.
Dénuée de remords, à présent.
Tu passes délicatement ta main sur son dos puis le tapote avec douceur.

-C'est l'heure de passer à autre chose.
Conclues-tu en souriant une nouvelle fois.

Tu n'avais plus envie de plonger là-dedans. Tu n'avais plus envie de ressasser. Et le froid commençait à teinter vos lèvres.

-Allez, rentrons.


C'est ainsi que l'herbe gelée crisse sous tes pas quand tu te diriges vers le château.
Tu as une teinture à faire.










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MessageSujet: Re: Told you that I didn't want to go. / Lekný   Sam 17 Fév - 0:02



Tu t’arrêtes net quand tu sens l’attache de ta cape appuyer sur ta gorge. Tu ne te retournes pas, tu arrêtes juste de marcher d’un coup sec, ton pied martèle le sol avec lourdeur quand tu le reposes, un peu surpris. Tu inspires à fond, tu laisses ta poitrine se soulever et l’air froid brûler tes poumons, tu retiens le soupir qui vient noyer ta trachée, tu refuses de le laisser s’évaporer dans la nature.
Tu expires doucement, en silence, mais tu relèves machinalement la tête, tes yeux se rivent vers le ciel et tu détournes le regard quand Lekný commence à te parler. Tu ne sais pas pourquoi, sur le moment, tu lui en veux. Brièvement.
L’espace de quelques secondes, tout juste, ton cœur est plus lourd et les battements plus sourds, tu peux sentir ta mâchoire se crisper. Quelques phrases. Il ne lui a fallu que quelques phrases pour te dire ce que tu voulais entendre, et il ne lui aura fallu que quelques mois pour daigner te les donner.

C’est vrai, tu n’en demandais pas plus. Juste de savoir que, non, ça n’allait pas. Jamais tu n’as demandé de justification. Juste une petite confirmation, savoir que ce n’était pas juste toi, savoir que tu ne faisais pas tout dans le vide. Ou juste savoir que tu pouvais laisser couler. Tu ne savais rien de tout ça, tu l’apprends trop tard, comme d’habitude.
Tu en as marre de tout apprendre trop tard.

« Je suis pas fâché, tu lâches d’une voix un peu traînante avec un haussement d’épaules en te remettant à marcher.
Tu rajustes un peu le col de ta cape, laisses l’étoffe claquer dans ton dos alors qu’une bourrasque passe et glisse le long de tes flancs en t’arrachant un frisson. Après toutes ces années de vie douillette au camp, tu as oublié comment tu faisais pour tenir en mer. Même votre escapade vers Utgard n’a pas suffi à tout te rappeler. Trop courte. Et la belle saison n’arrangeait rien, tu n’as plus navigué en hiver depuis longtemps. Elle remonte à quand, la dernière fois que tu es tombé à l’eau, Pasi ?
Elle remonte à loin.

« J’en ai juste marre d’être toujours le dernier au courant, tu reprends en croisant les bras dans le même réflexe de conservation de chaleur que tout à l’heure, tu renifles brièvement. J’en ai marre d’avoir l’impression de faire des trucs dans le vide, c’est tout. J’en ai marre. J’en ai juste marre. »

Arrête, Pasi, tu radotes.
Mais tu continues de marcher, les yeux rivés sur le sol. Le camp n’est plus très loin, il se profile de mieux en mieux devant vous. Tu ne sais pas vraiment si c’est une bonne nouvelle, tu dois bien l’avouer ; autant tu as très envie d’aller t’étaler devant un bon feu de bois, autant tu n’as pas tellement envie de rentrer aussi vite. Lekný a dit qu’elle te le raconterait plus tard.
Plus tard, ça peut être dans des années, tu t’attends machinalement à ce que ça finisse comme ça, et l’idée enserre ton cœur et s’amuse à l’étrangler. Pourquoi est-ce que tu dois t’inquiéter autant pour les autres ? Juste l’espace d’un instant, tu voudrais n’en avoir rien à foutre.
Laisser le vent tout emporter.
Plonger dans une eau glacée et te laisser couler jusqu’à toucher le fond, laisser le sable et les algues agripper tes sentiments et les garder alors que tu remonterais pour avoir de l’air.

Tu restes silencieux le temps qu’il vous reste jusqu’à arriver au camp. Et une fois que vous y êtes, tu t’apprêtes simplement à partir de ton côté, vers tes quartiers.
Oh, en soi, ils ne sont pas loin de ceux de Lekný. Mais tu tiens à la devancer et à monter les escaliers seuls, va savoir pourquoi. Tu n’as plus rien à dire, tu n’as plus de plaisanterie à raconter pour faire sourire les autres. Tu veux juste te réchauffer.
Tu n’es pas fâché, tu en as juste marre de t’inquiéter quand ça n’en vaut apparemment pas la peine.

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