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 Through the woods we ran. / Elain

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FRILAGEN
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MessageSujet: Through the woods we ran. / Elain   Sam 3 Fév - 21:31



Through the woods we ran.



Il y a un certain nombre d’avantages ç avoir rejoint les rangs des gradés.
Le premier, c’est qu’on te fout un peu plus la paix. Soyons honnêtes, Pasi, tu ne t’attendais absolument pas à écoper d’un grade quelconque, encore moins après avoir dit ce que tu as dit à Hansson. Non, tu t’attendais plutôt... oui, à être jeté par-dessus bord sans autre forme de procès, à être mis aux fers dès votre retour au camp, à écoper de trois ans de corvées à effectuer en moins d’une semaine. Tu t’attendais à tout, sauf à devenir sergent.
Mais ça ne te déplaît pas.
Absolument pas, même.
Tu peux enfin avoir une marge de manœuvre, tu as ta propre chambre et même si tu as aussi un peu de paperasse, il n’y a plus personne pour regarder par-dessus ton épaule. Tu as un peu plus de liberté. Ça fait déjà un bon mois que c’est comme ça, mais tu as encore du mal à t’y faire. Les premiers jours tu te réveillais en même temps que les soldats, par habitude.

Et tu les regardais depuis ta fenêtre.
Maintenant, tu prends le plaisir de pouvoir dormir plus longtemps, ou de rester allongé à ne rien faire dans ton lit pendant un moment. Tu as le droit.
La plupart de tes responsabilités en tant qu’instructeur commencent le matin, certes, mais moins tôt que les soldats. Tu n’as que des petits groupes, après l’entraînement commun, et tu leur apprends les bases du maniement de l’épée. Sachant que, toi, ton truc, c’est l’épée à une main et demie, tu as donc, au final, un nombre assez restreint d’élèves sur l’ensemble du camp. L’après-midi, tu t’occupes de la paperasse, ou tu vagabondes.

Aujourd’hui, tu vagabondes. Tu n’as pas d’échéances qui arrivent trop vite, et tu as envie de profiter d’une balade pendant qu’il fait encore assez beau. Tu ne vois absolument pas pourquoi tu ne pourrais pas profiter du bout de campagne qui appartient au camp. Bon, ça ne vaut pas une vraie forêt, mais il y a quand même quelques arbres sous lesquels tu serais très bien pour faire une sieste quand l’été reviendra.
Tu notes ça dans un coin de ta tête, flemmard que tu es à tes heures. Tu souris tranquillement depuis ce matin, Pasi. L’entraînement s’est bien passé, tu as même eu le temps de te moquer de Sieg pendant le déjeuner, et tu peux encore snober tes papiers pendant un jour ou deux. Cette journée s’annonce parfaitement bien.

Tu soupires doucement en observant les alentours, continuant de déambuler entre les arbres. Personne dans les parages, et ça te convient très bien. La seule compagnie dont tu voudrais est occupée à faire de la paperasse et tu as été suffisamment aimable pour ne pas te moquer plus que ça et déranger inutilement – tu sais d’avance que Sieg fera celui qui a été lâchement abandonné, et toi, tu riras encore plus.

Tu te mets à siffloter, les mains dans les poches, en continuant ta promenade dans le plus grand des calmes.

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FRILAGEN
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MessageSujet: Re: Through the woods we ran. / Elain   Mar 6 Fév - 23:48



Through the woods we ran








La journée s’annonçait être agréable. Elain s’était levée du bon pied, et avait eu tôt fait d’être prête pour son entraînement. Lors de ce dernier, la recrue n’avait pas été insatisfaite de ses performances – elle qui habituellement ne voyait que ses erreurs, c’était quelque chose d’assez positif – et avait même eu l’impression de s’être un peu amélioré. C’était ainsi que la rouquine en avait conclu que cette journée en était une bonne. D’ailleurs, le temps lui aussi s’annonçait être clément, le soleil osait même un peu se montrer. A la fin de la matinée, la jeune fille avait pu ranger sa hallebarde avec le sourire, contente de sentir qu’elle apprenait à mieux la maîtriser. Après le déjeuner, elle s’était rendue dans sa chambre, désirant voir comment aller Ricco.

Le lemming ne se souciait pas vraiment de ce qui l’entourait, en vérité, il s’était même endormi sur l’oreiller de son lit. La jeune fille ria, – sans ce que cela ne soit trop bruyant, sinon cela risquerait de le réveiller – amusée et attendrie par cette scène. Elle sera donc tranquille pour l’après-midi, puisqu’il n’essaiera pas de tenter l’impossible. Elle le contempla encore un instant, ainsi roulé en boule, avant de se décider à quitter la chambre, pour marcher le long du camp, se dirigeant vers le petit bois qui l’avoisinait. Elain s’y rendait souvent, parce qu’il était assez simple de trouver un endroit paisible où se reposer. Elle en profitait aussi pour s’exercer à ses compétences en magie, essayant de se rapprocher et de se connecter à la nature. Même si elle appréciait l’ambiance du camp, il lui était important de pouvoir se ressourcer.

En avançant vers le bois, la jeune fille ne put s’empêcher de songer à ses souvenirs avec son père, lorsqu’elle partait avec lui en promenade en forêt. Elle se souvenait qu’elle le suivait, de jour comme de nuit, quand il disait qu’il partait chasser, ou tout simplement partait en balade. Elle se rappelait aussi ô combien elle l’avait admirée, quand elle voyait comme il se débrouillait si bien, comme il avançait d’un pas assuré, comme il maniait la hallebarde tel un prolongement de son corps. Maintenant que la maladie l’avait emporté, il n’était plus là pour le lui apprendre, pour lui donner des conseils de vie, ou même ne serait-ce que pour une dernière balade dans la forêt près de son village natal. A cette pensée, elle soupira, cependant, elle avait toujours ce sourire aux lèvres, car malgré le vide, il ne subsistait que les bons souvenirs passés avec son père.

Là, elle décela un coin paisible, un petit espace vert entouré d’arbres, comme elle les appréciait. Les doux souvenirs remontaient alors qu’elle approchait un arbre pour en toucher l’écorce de la paume de sa main. S’intéressant à la vie qui l’habitait, et aux autres vies qui l’entouraient, elle ferma les yeux et se concentra sur le tronc, tentant de sentir l’énergie qui en émanait. Alors qu’elle plongeait petit à petit dans son exploration spirituelle, un son l’émergea de ce début de transe. Quelqu’un s’approchait en sifflant, et cela dérangeait un peu Elain. Peut-être était-ce une autre recrue qui recherchait un semblant de grand air ? Le temps de saluer brièvement la personne, et elle pourra retourner dans sa méditation.

Le temps de s’apercevoir que la personne était Pasi, et elle sentait sa bonne humeur prendre son envol. Elain hésitait entre partir vers un autre coin tranquille, ou attendre de voir si c’était lui qui allait s’en aller le premier. A vrai dire, elle tenait à continuer ses méditations avec cet arbre. D’un autre côté, elle n’avait pas envie de gâcher le reste de sa journée…




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FRILAGEN
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MessageSujet: Re: Through the woods we ran. / Elain   Ven 9 Fév - 21:16



Et parmi tous les trucs qui pouvaient arriver.
Il fallait que tu la croises, elle. Elain. Elle a capté ton attention, éclat fugace dans un coin de ton champ de vision, détail vers lequel tu as tourné la tête, arrêtant aussitôt de siffloter, ton expression se transformant en illustration même de l’agacement désabusé qui s’incruste dans ta poitrine. Tu ne retiens même pas le soupir qui t’échappe, tu ne caches absolument pas ton enchantement de la croiser ici.
Et qu’est-ce qu’elle fout ici, d’ailleurs ? Tu n’en as aucune idée, et pas envie de savoir. La seule chose dont tu peux être sûr, c’est qu’elle ne te suivait pas. Mais quand même ! Elle est vraiment obligée de sortir quand toi tu sors ? Les gradés pouvaient pas garder les recrues occupées aujourd’hui ou quoi ? D’habitude, tu ne croises absolument personne dans ces bois.
D’habitude tu es absolument seul.

Tu vas vraiment finir par croire qu’il y a une quelconque instance supérieure qui régit ce monde et qui a décidé de se foutre de ta gueule. Tu fronces un peu les sourcils et tu décides finalement de continuer ta route. C’est vrai, quoi. Si Elain veut encore jouer les espions, elle n’a qu’à se faire plaisir. Ce n’est pas comme si elle s’était déjà gênée pour ça.
Dans tes souvenirs, elle aimait bien chercher les problèmes. Et toi, tu répondais toujours. Aujourd’hui, tu décides que tu n’en as rien à foutre, que tu vas simplement passer ton chemin et la laisser se mêler de ses affaires. A moins qu’elle ne se mette, encore une fois, à se mêler de tes affaires.
Tu détournes simplement la tête, affichant ostensiblement ton envie de l’ignorer. De toute façon, connaissant la bestiole, tu doutes qu’elle affiche ouvertement son initiative de continuer de trouver le meilleur moyen de te détester. Ou quelque chose dans le genre. Tu t’en fous. Tu passes une racine en enfonçant tes mains dans tes poches.

Depuis que vous vous êtes croisés dans les cuisines au tout petit matin, tu n’as eu de cesse de te demander quand est-ce que tu allais en prendre plein la tête de la part de la hiérarchie. Il y avait toujours quelques secondes où tu finissais par te souvenir que te vendre revenait à s’exposer et que Elain veut à tout prix conserver sa petite façade de gamine irréprochable qui se donne à fond pour s’en sortir – la bonne blague !
Tu marmonnes pour toi-même en t’éloignant de plus en plus de la jeune fille, sans faire attention à elle une seule seconde de plus. Peut-être que maintenant que tu es gradé, elle te foutra la paix, qui sait ? Ce n’est pas comme si elle avait pu louper l’information, Hansson avait fait une annonce devant tout le monde pour dire que tu venais de devenir sergent.

Allez, va savoir.
Peut-être que tu pourras rentrer tranquillement au château sans avoir une rouquine aux basques.

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FRILAGEN
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MessageSujet: Re: Through the woods we ran. / Elain   Mer 14 Fév - 23:52

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Through the woods we ran








Il y avait de biens meilleures choses à faire de sa journée, que de croiser une personne que l’on n’arrivait pas à supporter. Pasi ne cachait pas son agacement, il en faisait même des tonnes. Tant mieux, puisqu’il en était de même pour elle. Elle se demandait comment il avait fait pour être gradé, avec cette attitude qui ne reflétait pas l’image qu’elle se faisait d’une personne adulte, qui endossait des responsabilités. Est-ce que ce camp marchait sur la tête ? C’était la question qui tournait dans sa tête depuis qu’elle avait appris la nouvelle. Elle était persuadée qu’il y avait un soldat plus méritant dans le lot, une personne qui améliorerait l’image du camp Frilägen, qui avait cette réputation de camp désordonné qui lui collait à la peau. Avec lui, c’était fichu. A ce rythme, le camp allait vraiment finir sens dessus dessous.


Il continuait son chemin, et c’était tant mieux. Là tout de suite, elle voulait avoir la paix, et entretenir une conversation désagréable ne l’aiderait pas à avoir un esprit calme et apaisé. Ce qui, en somme, l’empêcherait de se concentrer et de faire corps avec le souffle de vie qui sommeillait dans chaque coin de la nature environnante. Et si elle ne parvenait pas à ressentir le souffle au sein de cet arbre, alors elle n’allait réussir à rien de la journée. Si elle pouvait prolonger ce moment de paix avant la fin du jour, c’était très bien ainsi. Elain soupira, puis reporta à nouveau son attention sur le tronc de cet arbre, motivée à reprendre ses méditations.


Mais un détail l’empêchait de se concentrer pleinement. Il était certain qu’elle ne l’appréciait pas et que cela l’arrangeait vraiment qu’il ne lui adressa pas la parole, puisque cela lui évitait de se prendre la tête. Cependant, depuis qu’elle l’avait croisé dans les réserves, elle avait pu se renseigner concernant le traitement des animaux de compagnie dans le camp… Force était de constater que Ricco ne représentait pas une gêne dans l’organisation, et même, on prenait soin d’ajouter une portion pour le lemming dans ses rations quotidiennes. Ces quelques changements lui avaient permis de se faire moins de soucis pour son ami, mais aussi d’économiser le temps et l’énergie qu’elle utilisait précédemment pour le mettre à l’abri et lui trouver de quoi se nourrir.


Ce qui revenait donc à dire – et cela était à prendre en compte, même si elle préférait perdre une main que de l’admettre – qu’il l’avait aidé. Même si elle n’avait aucune envie de lui parler, elle devait se forcer à le faire, parce que la petite voix de la conscience dans sa tête lui disait que si Ricco était doué du langage humain, certainement l’aurait-il remercié. L’objectif était aussi de faire taire cette voix, en grande partie parce que cette voix l’agaçait vraiment. Elle détacha sa main du tronc d’arbre en soupirant, tout en se préparant mentalement à vivre un mauvais moment. Enfin, elle s’adressa à Pasi, en se tournant vers lui :


-Attends. Tu as une minute ?


Elle le regrettait déjà.




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MessageSujet: Re: Through the woods we ran. / Elain   Ven 16 Fév - 17:24



Et il fallait que ça arrive.
Tu manques de t’arrêter quand tu l’entends t’appeler. Tu fais quoi, allez. Cinq pas de plus, avant de finalement t’arrêter d’un coup sec, les poings serrés et les épaules légèrement relevées, comme si ça t’écorchait les oreilles d’entendre le son de sa voix. Ce ne serait pas si loin de la vérité. Tu as un autre soupir, et tes épaules retombent, tes bras finissent le long de ton corps, et tu hésites à te retourner.
Tu pourrais tout aussi bien repartir, aussi sec, sans un mot. Ou lui dire que, non, vraiment, t’as pas une minute, encore moins pour elle. Elle devrait être au courant depuis le temps, non ? Non, apparemment, non. Et puis, admets-le, tu as parfaitement une minute, voire plus, autrement tu ne serais pas ici à flemmasser dans les bois, mais plutôt penché sur de la paperasse qui en veut à l’intégrité de tes capacités mentales et réflexives.

Dans ce cas, peux-tu assimiler Elain à de la paperasse ? Sans doute. Et maintenant que tu y réfléchis, tu es tenté de lui dire que tu as bien une minute à lui accorder. Une minute. Et pas une seconde de plus, quitte à ne pas l’écouter déblatérer pour faire le compte à rebours dans ta tête et finir par la planter là un grand sourire aux lèvres.
C’est vrai que c’est tentant. Très tentant. De toute façon, maintenant qu’elle est là, tu ne vas clairement pas t’attarder dans les parages. Elain a retiré tout intérêt à ces bois en y venant, tu les découvres à peine décemment qu’elle gâche tout ton plaisir.
En tout cas, tu peux dire qu’elle remplit son rôle. Finalement, tu fais un demi-tour sur toi-même pour la considérer, de l’air le plus blasé qu’il te soit donné de faire. Vaguement agacé sur les bords.

« Quoi ? tu demandes d’un ton un peu brusque, obligé de te mordre l’intérieur de la lèvres pour ne pas rajouter de encore ou lui poser la question de si elle compte te balancer aux chefs, ou de si elle veut quelque chose comme te pourrir l’existence.

Tu ne bouges pas, tu ne réduis même pas la distance entre vous deux, pourquoi est-ce que tu ferais ça, sérieusement. Tu te contentes de croiser les bras et de rester là, bien campé sur tes pieds, le regard rivé dans celui de la petite rouquine. Tiens, maintenant que tu y penses, tes trente bougies ne sont pas loin. Tu vas pouvoir lui rappeler que tu es le plus vieux, encore. Elle a quoi, la moitié de ton âge ? A peine.
Bref.
Tu ne l’aimes toujours pas.

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